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Émission du lundi 19 octobre 1998

Le frisson du hasard

Je suis relativement hostile aux jeux de hasard. À ce propos, je lisais dernièrement dans un article que ce qui attire les gens à tenter leur chance dans les loteries, c’est " le frisson du hasard ".

 
D'après:

CARRIGUES, Benoît. Jeux de hasard : comment multiplier ses chances ", Eurêka, juillet 1998.


Il existe deux genres de jeux de hasard
, si l'on peut dire : il y a les jeux de pronostics, où l’on peut définir une stratégie, et les jeux de hasard proprement dits. Les jeux de pronostics ce sont ceux où, par exemple, on décide de miser sur tel ou tel cheval parce qu’on l’a vu courir et qu’il paraissait plus doué que ses concurrents qui eux doivent tout au hasard. Les organisateurs des jeux de loterie entretiennent l’ambiguïté à ce sujet en vous laissant dans l’illusion que vous pouvez intervenir sur le hasard, alors qu’il n’en est rien. Comme si vous pouviez deviner les combinaisons de numéros ayant la plus grande probabilité de sortir au tirage! Et je ne parle pas seulement des gens de Loto-Québec, car la loterie est un phénomène mondial.

" Certains joueurs choisissent de jouer les numéros les moins souvent gagnants, croyant à un rattrapage - illusoire - des sorties dans tous les prochains tirages ", lit-on dans cet article de Benoît Carrigues. On cherche vraiment à déjouer le hasard, c’est étonnant! À titre d’exemple : " Si pile est sorti 10 fois de suite, l’indépendance des tirages fait que pour le 11e lancer, pile et face ont encore la même probabilité. C’est la différence entre la probabilité théorique d’un événement et sa fréquence, qui exprime ce qui se passe vraiment. " Mais tu te dis : Il est sorti tellement de fois que ce coup-ci, il y a des bonnes chances que ce soit l’autre qui sorte.


Des chercheurs se sont penchés sur ce phénomène, des mathématiciens en particulier, et ils nous disent jusqu’à quel point cette illusion est absurde. Tiens, prenez " La stratégie de la bouchère ", par exemple, dont plusieurs ont sûrement entendu parler : " Valable pour tous les jeux de casino et de loterie. Son principe est simple : on commence par miser un franc. Si l'on gagne, on peut arrêter ou recommencer la partie; si l'on perd, on recommence en doublant la mise  - comme ça, la prochaine fois qu’on va gagner, on va récupérer sa mise, au complet - . […] Les lois de la probabilité assurent alors que, si le jeu dure assez longtemps, on finit par gagner, et ce gain  - à cause du fait qu’on met toujours le double - rembourse toutes les mises précédentes. " Il y a beaucoup de gens qui le font : six coups, huit coups, dix coups... Mais : " Il est impossible de prévoir quand le gain se produit. C’est la difficulté - de taille - de cette méthode : au dixième coup - si vous avez perdu - , il vous faut miser deux à la puissance 10 - du montant de départ - , soit 1 024 F. Or, dans les casinos, la mise minimale est plutôt de l'ordre de 100 F. "

En dollars, c’est 5 $, 10 $... Et parfois, il y a un plafond, également. Ici, je pars d’une mise de 1 $, mais si par hasard la mise était de 100 $, réalisez-vous qu’au dixième coup il faudrait miser 102 400 $! Il faut sortir avec un peu d’argent de poche pour arriver à faire ça.

" En fait, avec une fortune initiée à l’infini, on est sûr de gagner au moins une fois prédit la théorie ", conclut-on à propos de la stratégie de la bouchère. En somme, le grand gagnant de toutes ces histoires de casino, c’est toujours le casino lui-même. Mais si vous voulez perdre votre chemise, tentez l’expérience… [rires]

La roulette. " On peut démontrer assez rigoureusement, disent les mathématiciens, qu’il n’existe aucune stratégie honnête (sans tricherie!), qui soit favorable aux joueurs dans un jeu de hasard. Autrement dit, il n’existe aucun moyen de forcer la chance dans un jeu de hasard. Mais cela, les mathématiciens sont les seuls à le croire! " Il y a des futés qui essaient de trouver toutes sortes d’astuces pour contourner la difficulté. Par exemple, " beaucoup de gens, jouent leur date de naissance ou celle de leurs proches ". Logiquement, on peut dire que les numéros sont compris entre 1 et 31 – parce que ce n’est pas tout le monde qui a le privilège d’être né un 32 août, hein? –, si bien que les nombres au-dessus de 31 sont moins fréquemment joués. C'est ainsi qu'on augmente son potentiel de chance. " Il en va de même en jouant des suites consécutives comme 1, 2, 3, 4, 5, 6, qui, dans l’esprit de la plupart des gens, sont impossibles. Pourtant, elle ont autant de chances de sortir que n’importe quelle autre! " Et si ces numéros sortent, vous gagnerez probablement beaucoup, car vous serez probablement le seul a avoir osé faire ça…

Mais les joueurs s’intéressent surtout au fameux " frisson du hasard " dont je parlais plus haut. " C’est un comportement raisonnable, écrit-on, mais le plus raisonnable serait encore de ne pas jouer, connaissant l’espérance forcément défavorable au joueur. C’est plus certainement le rêve qui motive le jeu… "


Le piège de l'espoir

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L’art de ne pas travailler

 
D'après :

ZELINSKI, Ernie J. L'art de ne pas travailler - Petit traité d'oisiveté à l'usage des surmenés, des retraités et des sans emplois, Éd. Stanké, 1998.


" 15 % des Américains passent au moins la journée à s’inquiéter. 
"

Plus précisément :

40 % de nos inquiétudes concernent des événements qui n’arriveront jamais;
30% de nos inquiétudes concernent des événements qui sont déjà arrivés;
22 % de nos inquiétudes concernent des événements anodins;
4 % de nos inquiétudes concernent des événements sur lesquels nous ne pouvons rien;
4% de nos inquiétudes concernent des événements réels sur lesquels nous pouvons agir. "

Finalement, 4 % c’est tout ce qui reste… Ce qui me rappelle l’une des répliques les plus étonnantes de Mark Twain : Je suis un vieil homme, et j’ai connu beaucoup de problèmes dont la plupart ne sont jamais arrivés. "

Évidemment, vous pouvez vous tourmenter. Il y a toutes sortes de sujets d’inquiétudes possibles. Dans son ouvrage, que je qualifie de savoureux, l’auteur Ernie J. Zelinski nous propose quelques sujets d’inquiétudes supplémentaires comme, par exemple:

- Qu’arrivera-t-il si je deviens trop motivé?
- Qui me vole mes chaussettes?
- Qu’est-ce que je vais bien pouvoir mettre si on m’invite à l’opéra?
- Qui a inventé les chaussettes?
- Est-ce que quelqu’un d'autre se réincarnera un jour en moi?
- Comment se fait-il que tous les gens bizarres semblent me connaître? [rires]
- Le chat de mon voisin ne serait-il pas un peu névrosé?
- Pourquoi Céline Dion a-t-elle épousé un autre que moi?
- Quel genre de voiture devrais-je acheter si je gagne au loto?
- Est-ce que je suis vraiment le seul client de ce bar?
- Combien de rébus a-t-on inventés?
- Suis-je si intelligent que je me gaspille?
- Est-ce que le but de ma vie est d’alerter l’humanité?
- Qui est cette belle blonde là-bas? - et...
- Est-ce que je préfère vraiment les blondes?
- Si j’épouse une blonde, est-ce que je finirai par préférer les brunes?
- Est-ce qu’un perfectionniste comme moi peut changer de paradigme?
- Suis-je le seul à n’avoir jamais changé de paradigme?
- Est-ce que quelqu’un va me piquer cette liste et essayer de la revendre à un éditeur pour faire de l’argent? " [rires]

Joyeux hein? Et cela s’intitule : L’Art de ne pas travailler.


Il faut savoir que Monsieur Zelinski est un expert en matière de loisirs, consultant dans le domaine de la créativité au travail et dans les loisirs. Il donne des conférences sur ces sujets, qui doivent être assez humoristiques, j’ai l’impression. Il a écrit d’autres ouvrages tels que La Joie de ne pas tout connaître (The Joy of Not Knowing It All) et La Joie de ne pas être marié (The Joy of Not Being Married). Remarquez… c’est un ouvrage que je n’ai aucunement l’intention de lire, au cas où je m’apercevrais que ce n’était pas la chose à faire! [rires]

L'auteur souligne qu’on apprend surtout de nos erreurs : " Il existe bien d'autres sortes de modes de raisonnement inadaptés, explique-t-il, qui traduisent une motivation défaillante - car il est convaincu de l’importance d’avoir une bonne motivation - . Si, par exemple, vous partagez l’une des idées suivantes, vous vous soumettez à des incitations négatives qui ne peuvent que contrarier votre réussite. "

Et là, il nous sert la nomenclature des tortures mentales quotidiennes que peut s’infliger une personne souffrant de ce que j’appelle la " victimite " :

- Je suis seul à avoir des problèmes pareils. Il n’est pas possible que quelqu’un d’autre soit aussi malheureux que moi.
- Vous ne pouvez rien m’apprendre que je ne sache déjà.
- Il faut que tout le monde m’aime. Si quelqu’un ne m’aime pas, je me sens terriblement mal.
- J’ai le droit d’avoir ce que je veux dans la vie et il n’est pas normal que je sois déçu.
- Le monde devrait être juste, particulièrement envers moi.
[rires]
- Les gens sont tellement différents de ce qu’il devrait être.
- Je ne peux pas changer, je suis fait comme ça.

-  C’est joli, les deux formules l’une à la suite de l’autre comme ça -

- Je suis toujours influencé par mon enfance. C’est la faute de mes parents si je suis comme ça.
- Les pouvoirs publics ne font pas assez pour des gens comme moi.
- Je suis désavantagé parce que je n’ai pas l’argent, ni le physique ni les relations qu’il faut.
- Je suis quelqu’un de brave, bien intentionné avec tout le monde alors pourquoi les autres ne sont-ils pas gentils avec moi? "

Et ça continue encore comme ça, un peu plus loin :

" Reprocher au monde de vous être hostile, nous dit cet auteur, est le meilleur moyen pour qu’il continue de vous être hostile. Même si vous croyez apercevoir la lumière au bout du tunnel, ce ne sera qu’un train qui vient en sens inverse. Vous finirez par donner raison à ce vieil adage norvégien : " Rien n’est si grave qui ne puisse empirer. " " [rires] C’est un petit ouvrage très encourageant comme vous pouvez voir...

J’avais retenu certains extraits que je vous communique : Comment se rendre ennuyeux. " La recette de Zelinski pour ne pas réussir dans la vie, si jamais vous considérez que vous réussissez trop :

- Abuser des gros mots.
- Être bavard.
- Se plaindre.
- Essayer d’être gentil avec tout le monde pour se faire aimer.
- Ne montrer aucun intérêt pour les autres.
- S’efforcer d’être drôle pour attirer l’attention.
- Se perdre en digressions.
- Parler de choses banales et superficielles.

" Tous ces comportement sont jugés ennuyeux par la plupart des gens. (Il suffit donc de les adopter tous si vous voulez être assommant.) Certains sont jugés pires - ou plus efficaces, si vous voulez - que d’autres. Ainsi les comportements les plus ennuyeux sont : " parler de choses banales et superficielles " et " ne montrer aucun intérêt pour les autres ", tandis que les moins ennuyeux sont : " essayer d’être gentil avec les autres " et " s’efforcer d’être drôle "…"

J’ai bien apprécié aussi cette petite formule amusante que je vous suggère de dire devant le miroir le matin pour changer votre vie : " Quelqu’un m’ennuie. Je pense que c’est moi. "


Quelle est la véritable cause de l’ennui?

" Il nous arrive tous de bâiller d’ennui de temps à autre. Paradoxalement, beaucoup de conquêtes pour lesquelles nous avons âprement lutté finissent par nous ennuyer. Un nouvel emploi devient un jour fastidieux - puisque tout passe… - Une relation d’abord excitante devient terne. Le temps libre qui nous avait paru si précieux se transforme en temps mort.  [rires]  - Samedi s’en vient, mon vieux, je ne vais rien faire. Une demi-heure après… t’es mort d’ennui. - Lorsque l’ennui nous tombe dessus, il y a mille coupables à incriminer : la société, les amis, la famille, les programmes insipides de la télévision, les villes anonymes, la crise économique, le chien débile du voisin, ou encore le ciel maussade. L’imputer à des causes extérieures est évidemment la solution la plus simple; ainsi, nous évitons de reconnaître notre propre responsabilité.

" D’après les psychologues, plusieurs facteurs contribuent à l’ennui. Parmi les plus courants qu’ils recensent, mentionnons :

- les aspirations déçues,
- les emplois subalternes,
- le manque d’activité physique,
- la tendance à rester spectateur,
- le manque de participation.

Donc, vous voyez, dans une certaine mesure, il s’agit d’intervenir davantage dans sa vie. C’est ça le secret. " Ce qui soulève évidemment une question, continue Zelinski : Qui est responsable de notre manque d’activité physique, de nos aspirations déçues, de notre emploi subalterne, de notre tendance à rester spectateur plutôt qu’acteur? Ce n’est que parce que nous acceptons ces situations que l’ennui s’installe dans notre vie.

" Car, bien sûr, en dernier ressort, c’est nous qui sommes responsables de notre ennui. Il ne tient qu’à nous de rendre notre vie intéressante si c’est ce que nous voulons.

" En rejeter la faute sur les autres et sur les circonstances ne risque pas de résoudre notre problème. Nous seuls en détenons la clé, explique-t-il. Pour vaincre l’ennui, nous devons en accepter la responsabilité et décider de faire quelque chose pour y remédier. Dès l’instant où nous sommes prêt à l’affronter, l’ennui cesse d’être un problème. "

À un moment, il se lance dans la proposition d’écrire un nouveau scénario de sa vie. " Toute personne qui quitte son emploi, suite à un licenciement ou un départ à la retraite, est affectée à un degré ou l’autre. Ceux qui prétendent le contraire sont fous ou menteurs. " Il parle de " virages dans la vie ", tels la retraite, le fait de quitter son emploi, de se retrouver en situation de chômage, etc. L’importance, selon lui, pour bien s’en sortir, c’est d’écrire dans sa tête un nouveau scénario de sa vie. Voir sa vie différemment, en somme. " Nous comptons généralement sur des éléments extérieurs tels que les médias, l’école ou l’entreprise, pour nous fournir le scénario socialement convenu d’une vie réussie. Mais aucune de ces institutions n’a pensé à imaginer une vie consacrée aux loisirs. " Si je comprends bien, on dirait que même le loisir devient un poids avec lequel on doit apprendre à vivre. Le nouveau paradigme de la réussite…

Plus loin, il cite un extrait d’un texte de Ralph Waldo Emerson : " Qu’est-ce que la réussite?

- Rire souvent et beaucoup aimer;
- Gagner le respect d’êtres intelligents et l’affection des enfants;
- Obtenir l’approbation de critiques honnêtes et supporter la trahison d’amis peu sincères;
- Apprécier la beauté;
- Voir ce qu’il y a de meilleur dans les autres;
- Donner de soi-même sans ne rien attendre en retour;
- Rendre le monde un peu meilleur que ce soit par la grâce d’un enfant en bonne santé, d’une âme sauvée, d’un carré de jardin ou d’une condition sociale meilleure;
- Avoir joué et ri avec enthousiasme et chanté de tout son cœur;
- Savoir qu’un seul être a mieux respiré parce que vous avez vécu. 

Dans cet ouvrage de près de 250 pages, l’auteur rapporte la citation d’un " sage anonyme " - mais je me doute bien qu’il s’agit de lui, comme le font souvent les humoristes lorsqu’ils nous parlent d’un certain sage qui a dit que : – " Mes complexes d’infériorité ne sont pas aussi bons que les tiens. " [rires]

Il revient souvent sur l’importance de la motivation : pour lui, c’est " le processus qui provoque en nous l’impulsion d’agir. Un manque de motivation se traduira par une absence d’action. Or, pour accomplir quoi que ce soit, il faut bien commencer par agir. On sait qu’une attitude négative et une motivation faible constituent des obstacles majeurs à l’épanouissement. Même si le talent et la connaissance constituent des atouts importants, ils ne garantissent pas la réussite. Ils y contribuent disons pour 15 %, les 85 % restants dépendent de la qualité de notre motivation et de notre attitude. "

Il mentionne, entre autres chercheurs sur le sujet, David McClelland qui s’est beaucoup intéressé au lien entre la réussite et la motivation. Il révèle que " seulement 10 % de la population […] se sentent fortement motivés et déterminés à réaliser quelque chose dans leur vie. Ceux qui réussissent en ce monde sont motivés par un désir d’accomplissement. La plupart des gens se croient mus par ce désir, mais bien peu passent réellement à l’action. […] Ceux qui réussissent, c'est qu'ils réfléchissent de manière active et non passive - tiens c’est inspirant ce passage-là - Les études dont ils font l’objet montrent qu’ils passent même beaucoup de temps à réfléchir. Leur sentiment de s’accomplir ne se fonde pas seulement sur leur action physique, mais aussi sur leur aptitude à la méditation, à la réflexion et à la rêverie. Ceux qui réussissent réfléchissent au sens de leur accomplissement personnel. Et pour finir, ils réalisent ce qu’ils avaient prévu. C’est toute la différence ", conclut-il.

À propos de la différence, c’est tout de même étonnant de constater à quel point les gens ont l’habitude de souhaiter être différents tout en voulant à la fois être comme tout le monde. " Oser être différent. Être inventif dans ses loisirs c’est être capable de penser, de faire des choses inhabituelles. Ainsi, vous pouvez créer quelque chose de nouveau et d’intéressant dans votre vie. Cela demande du courage, car on vous critiquera pour avoir l’audace de sortir de la mêlée. Mais si vous gardez un état d’esprit positif, vous arriverez à ignorer les critiques et même à les trouver parfaitement injustifiées.

" Oser vivre différemment, tel est le moyen le plus sûr de vaincre l’ennui. Ce n’est pas en restant conformiste qu’on accomplit de grandes choses, explique Zelinski. " Pour réaliser quelque chose de différent dans ce monde, il faut commencer par être soi-même différent. Faites quelque chose qui sorte de l’ordinaire et oubliez le regard des autres. […] Ne soyez pas une copie mais plutôt un original. [rires]

[…] Si vous ressentez de l’ennui, c’est que vous l’avez laissé s’installer dans votre vie. La meilleure façon de le vaincre c’est de lutter contre lui. N’oubliez pas que si vous vous ennuyez, c’est probablement parce que vous êtes ennuyeux… " [rires]Hum, hum…

Les ouvrages comme celui que j’ai sous les yeux sont plutôt nombreux, mais celui-ci est d’une qualité assez exceptionnelle. Si vous avez envie de vous procurer un livre qui vous stimule, qui vous permette de faire le point et de réévaluer votre fonctionnement dans la vie, je n’hésite pas à vous recommander celui-là. L’Art de ne pas travailler, qui vient de paraître aux Éditions Stanké. C’est, dit-on, un Petit traité d’oisiveté active à l’usage des surmenés, des retraités et des sans-emploi. Et à l’usage de tout le monde, j’ajouterais.

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Les Pays-Bas : berceau de la liberté


Les Hollandais, je l’ai déjà dit et je le répète, auraient le plus grand besoin qu’on s’occupe de leur image : qu’on fasse savoir que c’est chez eux, d’abord, que la liberté est devenue la valeur fondatrice de la modernité.

L’autre jour, je parcourais un dossier dans un magazine spécialisé dans les sciences humaines dans lequel on parle de la conquête des libertés en Occident, autour, en fait, du 50e anniversaire qu’on célèbre cette année de la Charte des droits de l’homme. Cette conquête est l’aboutissement de tout un cheminement, commencé dans les Pays-Bas. Voici un extrait de ce dossier.

D'après :

DORTIER, Jean-François. " La conquête des libertés en Occident ", Sciences humaines, août-septembre 1998.


" On peut retracer l’histoire de l’Occident sous l’angle d’un " grand récit " : celui de la libération progressive de l’individu des contraintes qui pèsent sur sa destinée. […] Les premiers grands combats pour les libertés - religieuses, politiques, puis économiques - naissent en Europe du Nord, au 17e siècle. Les Provinces-Unies (aujourd’hui les Pays-Bas) furent l’un des berceaux de cette histoire. -
En fait, je respecte ici le texte de l’auteur qui est l’un des experts en la matière mais plus précisément, c’est le berceau de l’histoire de la liberté. -Connaissez-vous un autre pays où l’on puisse jouir d’une liberté si entière? ", écrivait Descartes. C’est en effet dans ce pays que trouvent alors refuge les philosophes qui, comme Descartes, Spinoza, Locke, sont en bute à la censure de l’absolutisme monarchique et à l’autorité de l’Église catholique.

" Les Provinces-Unies, pays protestant, est l’un des premiers pays au monde à s’être doté d’une république respectueuse des droits de l’individu où le pouvoir des gouvernants est contrebalancé par un parlement. C’est le pays où règne la tolérance religieuse et où les idées peuvent s’exprimer librement. Les Provinces-Unies sont aussi un des foyers du capitalisme naissant [au 16e siècle]. Le libre échange trouve ici un terrain privilégié : pas de taxes et d’entraves qui freinent le déploiement des marchés et du commerce " [rires] Le problème, c’est d’apprendre le néerlandais, selon moi, très difficile!

Libertés politiques, libertés de pensée, libertés économiques : tels sont les trois visages du libéralisme - qui s’est précisé d’abord dans les Provinces Unies, aujourd’hui les Pays-Bas - qui va bientôt se répandre à partir de ce foyer sur le continent européen et en Amérique. " Enfin : " Symbole de la République, le mot Liberté est gravé - avant même celui de l'Égalité et de la Fraternité […]. C’est la valeur fondatrice de l’Amérique, comme le rappelle aux nouveaux arrivants la statue de la Liberté qui trône à l’entrée du port de New York. "

J’aurai l’occasion d’y revenir, mais pour l’instant, j’étais simplement intéressé à vous communiquer cette information parce qu’elle me paraît tripative. Petit à petit, je suis en train de recueillir des informations sur le thème : Les Pays-Bas comme modèle. À suivre donc…

Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

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