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Émission du mardi 20 octobre 1998

La prison salutaire

 

ZELINSKI, Ernie J. L'art de ne pas travailler - Petit traité d'oisiveté à l'usage des surmenés, des retraités et des sans emplois, Éd. Stanké, 1998.


Il paraît qu’un des premiers symptômes de la dépression c’est de commencer à croire que son travail est terriblement important... d'après Bertrand Russell.

Je vous parlais hier de cet ouvrage d’Ernie Zelinski : L’Art de ne pas travailler. J’y retourne parce que je viens d’y trouver quelque chose qui me paraît extrêmement sympathique : " Si vous voulez vraiment vivre plus longtemps, allez donc en prison! " [rires]

En effet, on s’est rendu compte dans une étude que les prisonniers vivaient plus longtemps et présentaient moins de maladies (cancers et maladies cardio-vasculaires notamment) que le reste de la population. " Plus longtemps ils séjournent en prison, plus leur taux de mortalité diminue ", écrit l’auteur. Tiens, on va commencer par aller faire une banque… pour se désennuyer. [rires]

Le génie est-il héréditaire?


Tout le branle-bas autour de cette question a commencé avec Francis Galton, l’auteur d’un ouvrage intitulé Hereditary Genius, écrit en 1869. En s’inspirant des gens célèbres, il voulait faire la démonstration que le génie est héréditaire : dans tous les cas ou presque, il a constaté que l’environnement au moment de la jeunesse avait été très stimulant.

Un autre chercheur a ensuite pris la relève : Lewis Terman. À partir de l’inventaire des études de Galton, il a conçu une échelle de mesure de l’intelligence, etc. Il avait procédé à des recherches basées sur des tests effectués auprès de 250 000 enfants. Terman s’est intéressé particulièrement à 643 enfants du groupe principal pour arriver à nous proposer un portrait des enfants surdoués. Ce dont je vous parle maintenant date d’il y a plus de soixante-dix ans et c’est la raison pour laquelle je trouve que cette étude est si importante.

Le volume 1 de Genetics Studies of Genius, on fait état des données ainsi que des résultats du suivi deux ans plus tard. Le volume 2 porte sur les grands hommes du passé. Le volume 3 dresse le portrait intellectuel (réussite scolaire) de ces enfants devenus lycéens, six ans après les premiers tests. Le volume 4 étudie la réussite professionnelle des jeunes adultes. Enfin arrive-t-on au dernier volume. Monsieur Terman est mort en 1956, probablement d’épuisement, au bout de sa longue recherche… [rires] Fait intéressant : ce cinquième et dernier ouvrage est co-signé par Terman malgré qu’il soit décédé avant sa parution. Ce corpus met à jour les données biographiques en 1955, soit 30 ans après le début de l’étude.

D’après :

BERT, Claudie. Des enfants surdoués : 70 ans après ", Sciences Humaines, Nº 86, août/septembre 1998.

 

Le portrait des enfants doués

En 1994, des disciples de Terman publient les données recueillies depuis ce temps. Les enfants doués sont alors âgées de 70 ans.

" Milieu familial : Le niveau socio-culturel est nettement supérieur à la moyenne. 29,1 % des pères sont cadres ou [alors appartiennent à des] professions libérales contre 2,9 % dans la population de Los Angeles et de San Francisco. Le niveau d’instruction, plus encore : le père ou la mère ont un diplôme supérieur dans 26,4 % des cas contre 1 % environ de la population américaine. Les groupes ethniques sont inégalement représentés : les Italiens et Espagnols sont sous-représentés, les Noirs, quasi absents - pour comprendre, il faut se situer à l’époque cependant où l’étude a commencé - , alors que les Juifs sont deux fois plus nombreux que dans la population.

Portrait intellectuel : Les enfants doués sont précoces : ils ont prononcé leurs premiers mots trois mois et demi plus tôt que la moyenne; près de la moitié savaient lire avant d’entrer à l’école […]. Ils sont bons élèves, mais, comme les autres enfants, ils ont des résultats variables selon la matière. […]

Portrait physique - Très intéressant : L’étude Terman tord le cou au stéréotype du surdoué rachitique. Ses sujets sont, au contraire, plus grands et mieux portants que la moyenne; en gymnastique et sports, ils ne sont pas inférieurs aux autres. Ils ne sont conformes au cliché que sur un point : ils sont [statistiquement] plus souvent myopes - Un détail curieux…

" Caractère : - On parle ici des "Termites ", le nom donné aux sujets de la recherche Terman : Ici encore, les Termites s’écartent du cliché : ils sont aussi sociables, aussi populaires et aiment autant jouer que les autres. Seules différences : ils ont davantage de copains plus âgés; ils jouent plus souvent à des jeux de réflexion; et surtout, ils lisent beaucoup plus et leur choix de livres est plus varié. […] Le seul trait sur lequel les Termites sont inférieurs aux autres, c’est l’habileté manuelle. " Je n’aime pas ça mais je suis bien obligé de vous le dire. [rires]  Ensuite, on parle des filles et des garçons, mais on a un peu de difficulté à suivre correctement parce que les valeurs ont beaucoup évolué depuis : il y avait plus de gars que de filles dans le groupe. Moins de filles qui allaient à l’école à cette époque, etc. Bref, tout ça a bien changé…

" La réussite dans la vie :" Entre ceux qui avaient le mieux réussi professionnellement et ceux qui ont le moins bien réussi : " Au départ rien ne les distingue. " Ensuite, il y a un écart considérable que l’auteur trouve dans " l’environnement familial et dans le caractère (…) en particulier l’ambition, la confiance en soi et la persévérance " : former le caractère, c’est probablement la meilleure façon d’assurer la réussite de vos enfants; parce que le caractère ça se forme! " Les Termites ont une réussite professionnelle supérieure à la moyenne… mais on ne compte guère de génies parmi eux, et même fort peu de créateurs ", conclut-on.

D’autre part, on ne tient pas compte dans cette étude de l’existence d’une famille de génies bien particuliers auxquels on s’intéresse depuis quelques années : les cancres. Comme Einstein qui était un cancre doué; il avait même de la difficulté à parler lorsqu’il était jeune. On pensait même qu’il était autiste, c’est tout dire…

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La domination masculine, selon Bourdieu

D’après :

BOURDIEU, Pierre. La domination masculine, Éd. Du Seuil, Coll. Liber, 1998.

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Pierre Bourdieu, surtout sociologue, aussi anthropologue et d’une certaine façon philosophe, est également professeur au Collège de France. Il est considéré comme l’un des trois penseurs français les plus souvent cités
.

Alors, je me suis jeté sur son livre, celui qui était à ma disposition pour constater - honte à moi! quel trou dans ma culture… - que je n’avais jamais cité Pierre Bourdieu. Et que je ne l’avais jamais lu non plus… J’essaie donc de rattraper un peu mon retard, veuillez m’en excuser. Surtout que je constate que, en trente ans, il a publié une trentaine d’ouvrages, quelque chose comme 10 000 pages. On peut donc dire qu’il s’est beaucoup exprimé. En même temps, c’est l’un, sinon celui, des intellectuels parmi les plus critiqués. C’est vrai que si tu te sors la tête trente fois en 30 ans, il peut y avoir des gens qui ont des idées de guillotine...

Je me suis lancé dans cet ouvrage de Pierre Bourdieu intitulé La domination masculine;  un sujet qui me paraît intéressant à cause de la place que prend la femme dans notre société. Et c’est toujours utile de brasser un peu la cage, de temps à autre, pour tenter d’arriver à trouver une autre approche que le rapport dominant-dominé pour déterminer nos rapports entre les sexes.


" L
a domination masculine est tellement ancrée dans nos inconscients que nous ne l’apercevons plus, tellement accordée à nos attentes, que nous avons du mal à la remettre en question ", affirme l’auteur. À un moment, il présente une description ethnographique de la société kabyle " qui fournit un instrument extrêmement puissant pour dissoudre les évidences et explorer les structures symboliques de cet inconscient andocentrique - centré sur le mâle - qui survit - d’après lui, d’après d’autres et d’après moi - chez les hommes et les femmes d’aujourd’hui.

" Mais la découverte des permanences oblige à renverser la manière habituelle de poser le problème : comment s’opère le travail historique de déshistoricisation? Quels sont les mécanismes et les institutions - Famille, Église, École ou État - qui accomplissent le travail de reproduction? Est-il possible de les neutraliser pour libérer les forces de changement qu’ils parviennent à entraver? "

Bourdieu estime que ce sont les institutions finalement qui continuent de se définir de telle sorte qu’elles empêchent de se libérer les forces de changement qui pourraient seulement parvenir à créer un rapport plus harmonieux entre les hommes et les femmes. " Le changement majeur, affirme-t-il, est sans doute que la domination masculine ne s’impose plus avec l’évidence de ce qui va de soi. En raison, notamment, de l’immense travail critique du mouvement féministe qui, au moins dans certaines régions de l’espace social, a réussi à rompre le cercle du renfermement généralisé, elle apparaît désormais, en beaucoup d’occasions, comme quelque chose qu’il faut défendre ou justifier, quelque chose dont il faut se défendre ou se justifier. " Parce qu’on ne sait pas qu’on vit comme ça : bien souvent, on ne réalise pas à quel point on est le véhicule des " valeurs reçues ". Alors il faut, à un moment, s’arrêter et réfléchir à la question, et se dire : Qu’est-ce que je pense de ça? Quelle position dois-je prendre? Et à un moment de ma vie, je me suis dis (ou répété parce que j’avais dû trouver cette formule quelque part), que je ne voulais pas que ma mère soit une citoyenne de seconde zone, que ma fille soit une citoyenne de seconde zone, et que ma femme soit une citoyenne de seconde zone, pour parler simplement en termes de citoyens ou d’êtres politiques.

Mais ce que je suis en train de vous dire là vaut sur tous les plans, et c’est ce qui m’a amené à repenser mon rapport avec la femme et la féminité. J’ai eu à faire un grand ménage et je tiens à l’avouer simplement, ne serait-ce que pour dire aux hommes qui sont aux prises avec ce genre de questions, qu’ils ne sont pas les seuls à ressentir la nécessité de faire un grand ménage parmi les valeurs reçues concernant nos rapports avec les femmes.

" La mise en question des évidences, continue Bourdieu, va de pair avec les profondes transformations qu’a connues la condition féminine, surtout dans les catégories sociales les plus favorisées. -  Un fait très important : c’est surtout dans les milieux plus favorisés que cette évolution se fait. – L’accroissement de l’accès à l’enseignement secondaire et supérieur, le travail salarié […] De tous les facteurs de changement, les plus importants sont ceux qui sont liés à la transformation décisive de la fonction de l’institution scolaire dans la reproduction de la différence entre les genres, comme l’accroissement de l’accès des femmes à l’instruction, et corrélativement, à l’indépendance économique. " Cette idée que la femme puisse accéder à l’instruction, puis au monde du travail, pour trouver son indépendance économique, était l’une des grandes juments de bataille du féminisme. Se redéfinir en fonction de son rapport avec le mâle, en somme.

La femme dans l’espace social. " Quelle que soit leur position dans l’espace social, explique plus loin l’auteur, les femmes ont en commun d’être séparées des hommes par un coefficient symbolique négatif qui, comme la couleur de la peau pour les Noirs ou tout signe d’appartenance à un groupe stigmatisé, affecte négativement tout ce qu’elles sont et ce qu’elles font, et qui est au principe d’un ensemble systématique de différences homologues : il y a quelque chose de commun, malgré l’immensité de l’écart, entre la femme PDG qui, pour avoir la force d’affronter la tension liée à l’exercice du pouvoir sur des hommes - ou au milieu des hommes - , doit se faire masser chaque matin ou la femme OS [ouvrière spécialisée] de la métallurgie qui doit chercher dans la solidarité avec les " copines " un réconfort contre les efforts liés au travail en milieu masculin, comme le harcèlement sexuel, ou, tout simplement, les dégradations de l’image et de l’estime de soi infligées par la laideur et la saleté imposées par les conditions de travail. "

Il y avait incidemment un reportage télévisé étonnant, présenté il y a quinze jours à " Sixty minutes " et qui portait sur ce même sujet. On posait la question : " Où est l’intérêt pour les femmes d’aller vers des emplois masculins? " Simplement, parce qu’ils sont mieux payés. C’est aussi simple que ça, au départ, car les emplois traditionnellement féminins sont mal payés. Au cours de cette émission, une jeune femme témoignait : " Moi, je suis monoparentale. J’ai trois enfants. Je suis la responsabilité de ma famille. Si je travaille comme secrétaire, je n’ai pas les moyens de faire vivre ma famille. " Elle était devenue électricienne ou un autre métier comme ça et travaillait dans le milieu de la construction. Dans ce reportage, elle affirmait aussi qu’elle était payée 18 $ de l’heure. Dans un métier plus féminin, disait-elle, elle n’aurait été payée que 6 $ de l’heure, environ. Ce reportage se passe aux États-Unis, mais chez nous, ce n’est pas tellement différent.

" D’autre part, poursuit Pierre Bourdieu, malgré des expériences spécifiques qui les rapprochent, […] les femmes restent séparées les unes des autres par des différences économiques et culturelles… ". Il y a différentes façons de défendre la femme et de voir sa place dans la société et même parmi ses semblables, mais il n’y a pas nécessairement de consensus à ce propos, qui s’intéresse à une question pourtant importante.

" Pour le reste, les changements mêmes de la condition féminine obéissent toujours à la logique du modèle traditionnel de la division entre le masculin et le féminin. Les hommes continuent à dominer l’espace public et le champ du pouvoir (notamment économique, sur la production) tandis que les femmes restent vouées (de façon prédominante) à l’espace privé (domestique, milieu de la reproduction), où se perpétue la logique de l’économie des biens symboliques, ou à ces sortes d’extensions de cet espace que sont les services sociaux (hospitaliers notamment) et éducatifs ou encore aux univers de production symbolique (champs littéraire, artistique ou journalistique, etc. "

Remarquez que je ne connais pas le pourcentage de femmes par rapport aux hommes qui voudront travailler dans la construction ou dans le camionnage, au moment où les choses se seront un peu stabilisées dans notre société. Je veux dire par là que je suppose qu’une attitude d’ouverture devrait permettre aux femmes, un jour, d’aller n’importe où dans le marché du travail. Selon leur choix. C’est ça l’idée.

Bourdieu écrit : "Tout en se gardant d’attribuer aux hommes des stratégies organisées de résistance, on peut supposer que la logique spontanée des opérations de cooptation, qui tend toujours à conserver les propriétés les plus rares des corps sociaux, au premier rang desquelles leur sex ratio, s’enracine dans une appréhension confuse, et très chargée d’émotion, du péril que la féminisation fait courir à la rareté, donc à la valeur d’une position sociale, et aussi, en quelque sorte, à l’identité sexuelle de ses occupants. " La phrase est un peu longue, un peu lourde même mais je pense qu’on a saisi l’essentiel de ce qu’il voulait dire… [rires]

Plus loin dans son ouvrage, l’auteur précise : " Préposées à la gestion du capital symbolique des familles, elles sont très logiquement appelées à transporter ce rôle au sein de l’entreprise, qui leur demande presque toujours d’assurer des activités de présentation et de représentation, de réception et d’accueil […], et aussi la gestion des grands rituels bureaucratiques qui, comme les rituels domestiques, contribuent à l’entretien et à l’augmentation du capital social de relations et du capital symbolique de l’entreprise. […]

" Si le mouvement féministe a beaucoup contribué à un élargissement considérable de l’aire du politique ou du politisable, en faisant entrer dans la sphère du politiquement discutable ou contestable des objets et des préoccupations écartés ou ignorés par la tradition politique parce qu’ils paraissent ressortir à l’ordre du privé, il ne doit pas pour autant se laisser entraîner à exclure, sous prétexte qu’elles appartiennent à la logique la plus traditionnelle de la politique, les luttes à propos d’instances qui, par leur action négative, et pour une grande part invisible - parce qu’elles sont accordées aux structures des inconscients masculins et aussi féminins - , contribuent très fortement à la perpétuation des rapports sociaux de domination entre les sexes. Mais il ne doit pas davantage se laisser enfermer dans des formes de luttes politiques brevetées féministes comme la revendication de la parité entre les hommes et les femmes dans les instances politiques : si elles ont le mérite de rappeler que l’universalisme de principe qu’affiche le droit constitutionnel n’est pas aussi universel qu’il n’en a l’air […], ces luttes risquent de redoubler les effets d’une autre forme d’universalisme fictif, en favorisant par priorité des femmes issues des mêmes régions de l’espace social que les hommes qui occupent actuellement les positions dominantes.

"  Seule une action politique prenant en compte réellement tous les effets de domination qui s’exercent à travers la complicité objective entre les structures incorporées et les structures des grandes institutions où s’accomplit et se reproduit non seulement l’ordre masculin, mais aussi tout l’ordre social […] pourra, sans doute à long terme, et à la faveur des contradictions inhérentes aux différents mécanismes ou institutions concernés, contribuer au dépérissement progressif de la domination masculine. " Ainsi se termine mon propos sur Pierre Bourdieu, quoiqu’il ajoute quelques questions sur le mouvement gays et lesbiennes à la toute fin de son ouvrage.

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La soumission librement consentie

 
D’après :

JOULE, R.-V. et BEAUVOIS, J.-L. La soumission librement consentie; comment amener les gens à faire librement ce qu’ils doivent faire?, Presses Universitaires de France (PUF), 1998.

 

LECOMTE, Jacques; " Manipuler les gens pour leur bien ", Sciences Humaines, août-septembre 1998.


J’aimerais m’attarder un peu sur un petit ouvrage,
La soumission librement consentie, des auteurs Joule et Beauvois, paru aux Presses Universitaires de France (PUF).

On y fait état d’une agence pour l’emploi qui inscrit des chômeurs de longue durée dans un stage de formation. " Deux groupes, relate Jacques Lecomte dans Sciences Humaines, sont mis en place, qui suivent la même formation, à la simple différence que l’on insiste auprès des uns, sur la liberté dont chacun dispose pour décider de suivre la formation assidûment ou pas. Résultat : les stagiaires de ce groupe ont nettement plus souvent trouvé du travail. " Parce qu’ils avaient fait librement ce choix de stage... " Le taux de placement est de 56 % parmi eux contre 25 % dans l’autre groupe. La raison : ils se sont beaucoup plus impliqués dans leur formation. " Parce qu’au départ, ils étaient libres de leur choix...

" Quand une personne est déclarée libre, elle va se reconnaître dans cet acte et en assumer la signification ", expliquent Joule et Beauvois.

Dans l’article de Sciences Humaines, " Manipuler les gens pour leur bien ", on donne un exemple : Comment s’arrêter de fumer? Si on vous demande de participer à une recherche : on insiste sur le fait que vous êtes totalement libre d’accepter ou de refuser puis là, on vous dit que pour participer, il faut que vous cessiez de fumer pendant 24 heures. Vous êtes toujours libre de refuser ou d’accepter mais il y a des chances pour que vous acceptiez. On insiste même sur votre entière liberté d’accepter ou de refuser. Alors 95 % des gens qui ont été placés dans cette situation, si c’est fait habilement, vont accepter. " Un premier acte assez facile (accepter de participer à une expérience) vous a engagé dans un processus qui vous conduit à accepter un autre acte nettement plus difficile pour vous. " Soit, arrêter de fumer pendant 24 heures. Comprenez-vous l’idée? Si en toute liberté, vous avez accepté de vous soumettre, il y a de bonne chances pour que vous poussiez de plus en plus loin l’expérience...


Le problème, selon moi, c’est qu’il arrive qu’on voudrait pouvoir imposer à quelqu’un un choix particulier contre sa volonté et la meilleure façon de le faire, c’est précisément de contourner la difficulté en s’arrangeant pour placer cette personne devant le choix volontaire de faire ce que vous souhaitez qu’elle fasse. C’est de la haute psychologie mais aussi de la manipulation… J’ai tenté d’expliquer ça, dernièrement, à une jeune femme de ma connaissance, la mienne pour ne rien vous cacher, et tout à coup je l’ai vu sourire… pour me rendre compte finalement que c’est ainsi qu’elle procédait pour me manipuler. Voyez-vous… moi, j’étais dans la théorie et elle était dans la pratique.

Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

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