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Émission du mercredi 21 octobre 1998

Les brèves

Assassinat virtuel

J’apprends dans un entrefilet du Courrier International, qu’une jeune femme désireuse d’obtenir un prêt de sa banque s’est retrouvée fort marrie quand son banquier lui a annoncé qu’elle ne pouvait pas y prétendre car elle était… décédée!

Le fond de l’histoire révèle qu’il s’est avéré que les fichiers des services de sécurité sociale de Floride avaient été modifiés par un " meurtrier virtuel "…qui s’y était introduit pour mettre fin aux jours de cette jeune personne. Étonnant, non? Le cyberassassin en question a été confondu et a expliqué son geste en disant qu’il s’était disputé avec elle lors d’une rencontre en ligne dans un forum de discussion. Dans sa colère, il avait voulu la tuer virtuellement, tout simplement. Curieux vraiment. Quand même, cela relance la question de la sécurité informatique, la protection des informations sensibles, etc.

Le mâle contrôle aussi la télécommande…

Je vous faisais part, hier, de certains propos de Pierre Bourdieu contenus dans son ouvrage La domination masculine. Aujourd’hui, dans le même ordre d’idées, je découvre que de nombreuses études se sont penchées sur le sujet. À titre d’exemple, on soutient que l’activité de regarder la télévision dans un couple n’est pas une expérience égalitaire. Du moins chez les couples hétérosexuels.

Un professeur de l’université de l’Oregon a interrogé les membres de 31 couples de tous âges et situations sociales et a établi que, dans la moitié des cas, l’homme a le contrôle exclusif de la télécommande. Un homme interrogé affirme: " C’est moi qui l’utilise car c’est moi qui sait l’utiliser. " Un autre : " Si ce qu’il y a à la télévision ne m’intéresse pas, je lui laisse l’appareil. Parfois nous nous chicanons à ce sujet. " Je comprends! Plusieurs femmes interrogées à ce sujet se plaignent de la manière dont leur conjoint gère leurs soirées de télévision : " Quand on allume le téléviseur, il passe si rapidement d’une émission à l’autre que ça me rend folle ", témoignait l’une d’elles. C’est très masculin de passer d’une émission à l’autre, paraît-il. La domination mâle se traduit non seulement par la mainmise des hommes sur la télécommande, mais aussi par le fait que les femmes se soumettent à cette situation, dit-on. Ce qu’ont d’ailleurs confirmé d’autres recherches.

Il y a un père londonien qui raconte : " Nous discutons en famille de ce que nous voulons regarder et c’est toujours le plus gros qui gagne. Et le plus gros c’est moi." [rires]

Gibet innovateur…

Il y a de ces informations que j’hésite à vous communiquer parfois…

La prison de Huntsville qui a une méchante réputation au Texas puisque c’est là qu’on exécute un très grand nombre de criminels, s’apprête à moderniser la salle permettant d’assister aux exécutions capitales. Pour éviter des rencontres embarrassantes, on a divisé cette pièce en deux parties : une pour la famille du condamné et l’autre pour celle de la victime. On a obtenu 154 000 $ pour réaménager le lieu. Dans un souci d’économie, une partie du chantier sera confiée aux détenus - à l’exception des condamnés à mort, évidemment. Et les exécutions continueront pendant les travaux. Je vous dis tout ça pour vous rassurer…

 
Tiré de :

L’Événement du Jeudi, 15 au 21 octobre 1998.

Marx fait la couverture de Newsweek

Il y a des trucs qui se passent à l’émission Par Quatre Chemins et dont finalement je deviens fier. Vous souvenez-vous, à quelques reprises, j’ai parlé de Marx (Karl, pas Groucho…), le père du communisme? Eh bien, ce philosophe révolutionnaire qu’il était a prophétisé que " la bourgeoisie produit avant tout ses propres fossoyeurs " (c’est d’ailleurs textuellement ce qu’il a écrit). Puis, tout à coup, j’apprends que Newsweek a consacré, il y a quelques semaines, un dossier à cette vision de Karl Marx : Le capitalisme, dit-on en substance, porte en lui-même les germes de sa destruction, plus sûrement peut-être que tous les prolétaires du monde réunis. Ça faisait même la couverture!

Newsweek ne faisait d’ailleurs qu’exprimer un sentiment général dans les milieux financiers. On ne se contente plus de condamner les spéculateurs, sorte d’aventuriers imprudents aux marges d’un ensemble d’actions honorables, on se rend compte qu’en l’état actuel des choses, c’est l’ensemble du système financier qui est devenu spéculatif. On découvre par exemple que les fonds de pension alimentés par l’épargne, placements de pères de famille, apparemment loin des cavalcades du risque boursier, ont joué un rôle non négligeable parmi les mouvements brusques à l’échelle mondiale dans la crise asiatique. Qui nous entraîne tous, là maintenant, dans une espèce de maelström dont on ne voit pas facilement le fond. Dans le même esprit, Newsweek prévoit un krach mondial en 1999. Par un curieux retour de l’histoire, ce sont maintenant les libéraux eux-mêmes qui vont chercher dans les idées de Marx les moyens d’analyser la situation actuelle.

Dire que, à l’époque, j’avais hésité avant de vous communiquer certains extraits de la critique du système capitaliste de Marx. Je me disais : On parle de la fin du 19e siècle. Ça me paraît complètement farfelu, mais pourtant, je crois reconnaître à certains signes qu’elle correspond à une certaine situation que nous sommes en train de vivre : à un délabrement du système économique, en quelque sorte. Je me suis un peu forcé la main pour oser dire que Marx était le bonhomme qui avait peut-être la vision la plus juste sur les difficultés que nous traversons maintenant. Maintenant que la même idée est véhiculée par Newsweek, nul besoin de vous dire que je me sens en bonne compagnie… [rires]. Et toujours aussi modeste…

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Le Viagra : en France et aux États-Unis

 

D’après :

LELAND, John. " Not Quite Viagra Nation ", Newsweek, 26 octobre 1998.

 

HELD, Jean-Francis. " Au secour, le Viagra arrive! ", Marianne, 19 au 25 octobre 1998.


Je viens de prendre connaissance de deux articles qui portent sur le Viagra : l’un est paru dans la revue américaine Newsweek et l’autre dans le magazine français Marianne. Deux points de vue très différents.

Tout d’abord, il faut tenir compte du fait qu’aux États-Unis, il y a sûrement un bon six mois que dure cette histoire du Viagra, alors qu’en France, le produit vient tout juste d’arriver. Bien que certaines personnes s’en soient procurées autrement, par Internet par exemple, au coût de 50 $ pièce, nous dit-on. Ce qu’on voit arriver en France ne ressemble pas à ce qu’on croit qu’il s’est produit aux États-Unis. Et ce qui s’est véritablement produit aux États-Unis, et au Canada aussi par la bande, si j’ose dire – et par la contrebande… [rires] – est très particulier. Comme cela se produit généralement pour les drogues qui sont mises sur le marché avec beaucoup de tapage, soulignées lourdement par les médias - ce qui est le cas du Viagra - , il survient une baisse peu de temps après.

Par exemple, les statistiques révèlent que dans les trois premiers mois, le Viagra a atteint un total de vente de 411 millions de dollars. Toujours est-il que dans une seule semaine, au printemps, il s’est émis plus de 300 000 prescriptions de Viagra. Alors que dans les trois mois qui ont suivi, ce montant est descendu à 141 millions. Ce qui s’est passé? On donne l’une des raisons : il y a des hommes qui, paraît-il, n’aiment pas prendre la pilule une heure avant d’obtenir des résultats. Ils sont pressés.

Un point positif : récemment, trois pharmacologues américains ont remporté le Nobel pour la découverte qu’ils ont faite en 1986 du rôle que joue l’oxyde nitrique dans les vaisseaux sanguins. Et c’est l’élément qui est à la base de la conception du Viagra.

On constate que les dames n’aiment pas que leur homme prenne toujours du Viagra car elles sont inquiètes pour sa santé. Il y aurait un risque chez les hommes qui ne sont plus tout à fait jeunes : on compte quelques accidents, mais très peu cependant. Cela s’est produit notamment chez des hommes qui prenaient en même temps de la nitroglycérine pour des raisons qui ont à voir avec l’état de leur système cardio-vasculaire. La nitroglycérine aurait un peu les propriétés du Viagra.

On souligne dans le magazine français que " Depuis la mise sur le marché de la pilule bleue, l’Amérique se découvre impuissante. La frénésie s’empare des baby-boomers qui y voient la promesse d’une éternelle jeunesse. État des lieux à l’heure où le Viagra déferle sur la France. " Ils ont un sens absolument mélodramatique du journalisme ces Français! Je trouve ça très tripatif. Tout comme cette information amusante où l’on révèle que le nom Viagra viendrait des mots " Vigueur " et " Niagara ". Ça me semble un peu tiré par les cheveux, mais c’est du moins ce qu’on a écrit.

Une autre information tripative : " Le philanthrope Alan C. Greenberg vient de donner un million de dollars aux pauvres pour qu’ils aient démocratiquement accès à la pilule bleue- L’égalité étant ce qu’elle est... - . L’Amérique a l’optimisme vissé dans la braguette ", dit le journaliste français, Jean-Francis Held.

Un autre propos qui m’a paru particulièrement intéressant : celui du docteur Pierre Desvaux, andrologue à l’hôpital Cochin en France. Il affirme que " certains médecins signaient depuis longtemps des ordonnances en France en prévision du 15 octobre " - date du lancement du Viagra en France. " Tous les Français pourtant ne sont pas dévorés par le mythe de la toute-puissance - j’ajouterais que les Américains non plus, nécessairement. Trop de cow-boys dans l’imaginaire français en général... - La première vague, continue-t-il, sera plutôt constituée d’hommes souffrant de vraies difficultés érectiles. Des patients qui avaient recours à des injections intracaverneuses - ça doit pas être facile à vivre ça - et qui ont déjà réussi à se procurer du Viagra à l’étranger. Certains sont d’ailleurs un peu déçus et nous demandent s’ils peuvent utiliser le Viagra le mardi puis l’injection locale le samedi.[…]

" Comme le mâle américain, le Français rêve aussi d’érections plus solides et plus durables. - Au fond, tout le monde est un peu cowboy chez les mâles - La différence culturelle réside plutôt dans la relation entre hommes et femmes, ajoute-t-il. Les compagnes de nos patients se méfient souvent des traitements prolongés, elles n’aiment pas que la chimie interfère avec le désir naturel- Peut-être mais le problème c’est que, souvent après 20, 25 ans de vie commune, le désir naturel diminue tout à fait naturellement, si j’ose dire. Alors parfois, on fait appel à des artifices pour aider le naturel qui s’en va au galop. Faute d’être comme l’étalon sur la montagne... de Viagra [rires]

" L’effet Viagra n’a rien pour rassurer une femme qui doute de son pouvoir de séduction. L’homme, lui, cherche la performance : il est parfois, mais pas toujours, un gamin attardé qui veut entre ses jambes du toujours plus gros et du toujours plus dur- Que les hommes se retrouvent donc là… - La puissance sexuelle est devenue un fantasme darwinien dans notre espèce qui, affranchi des contraintes du rut, fait l’amour par plaisir. "

Une grande dame du 17e siècle se faisait un jour demander : " Quoi, Madame, encore l’amour et toujours des amants? Les bêtes, au moins, ont une saison! " Ce à quoi elle avait répondu : " Oui, mais ce sont des bêtes… " [rires]

Le versant féminin du couple, continue l’andrologue français, tempère bien des excès. Ce qui n’est pas le cas avec l’homosexualité masculine, qui risque de connaître bien des phénomènes d’amplification. " Un psychologue commente : " Les plus accros peuvent être tentés par l’expérience Poppers et ajouter en plus le Viagra pour s’envoyer au septième ciel… de façon définitive. "

L’impuissance du partenaire interdisait carrément toute intimité sexuelle, explique le docteur Desvaux. Mais voici ce qu’on découvre maintenant : quand l’impuissance se trouve guérie, on se demande ce qu’il a d’autre qui cloche dans le couple. On se dit que l’impuissance ce n’était finalement que le masque de ce qui empêchait une véritable intimité dans le couple. Donc, pour une part, ce Viagra deviendrait un révélateur.

En attendant, c’est le triomphe de la vision mécaniste. Mais la tendresse, là-dedans? Le médecin justement conclut ainsi : " J’ai envie de dire aux athlètes du sommier, friands de dopage : Échangez donc vos deux barils de Viagra contre un bon traité sur l’art de la caresse. " Joli ça non? Ça nous sort un peu de la vision mécanique de la chose.

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L’épiderme fragile de la Terre


Pour comprendre le défi qui est le nôtre lorsqu’il est question d’environnement, il faut savoir jusqu’à quel point ce qu’on appelle " la biosphère " est fragile. Quand, par exemple, on découvre, dans une publication comme The Guardian, que " L’homme a détruit plus de 30 % du monde naturel depuis 1970, réduisant gravement les ressources forestières, aquatiques et marines dont dépend la vie. "

Ce propos du quotidien londonien s’appuie sur un rapport établi par le World Wide Fund for Nature, la New Economics Foundation puis le World Conservation Monitoring Center. Selon ce document, " plus que la poussée démographique, c’est l’augmentation individuelle de consommation qui est en cause. Le Nord-Américain et le Japonais moyens utilisent ainsi dix fois plus de ressources naturelles que le Bangladais. " Mais il note aussi que : " Si les pays occidentaux arrivent en tête, certaines régions en développement exploitent leurs ressources naturelles à un rythme alarmant. Taïwan et Singapour sont désormais avec les États-Unis les pays les plus voraces du monde. " Croyez-moi, on consomme tellement qu’on est comme des vers qui seraient en train de manger tranquillement la pomme dans laquelle ils vivent. À un moment, il ne restera plus de pomme. Voilà le problème.

D’après :

TOYNBEE, Arnold. La grande aventure de l’humanité, Éd. Elsevier Sequoia, Bruxelles, 1977.


La lecture de cet articulet m’a fait me rappeler que j’avais été très éclairé à l’époque par les propos d’Arnold Toynbee extraits de son ouvrage La grande aventure de l’humanité, un livre remarquable paru chez Elsevier. Le deuxième chapitre commence ainsi :

" Le mot " biosphère " a été forgé par Teilhard de Chardin. Ce néologisme est rendu nécessaire à ce stade où nous sommes parvenus dans nos connaissances scientifiques et dans notre pouvoir sur la matière. La biosphère est une mince pellicule de terre ferme, d’eau et d’air, qui enveloppe le globe. […] C’est le seul habitat actuel et aussi, dans la mesure où nous pouvons le prévoir aujourd’hui, le seul habitat qui soit jamais accessible à toutes les espèces vivantes que nous connaissons, y compris l’homme.

" Le volume de la biosphère est strictement limité. Il ne contient donc qu’une quantité limitée des ressources auxquelles doivent puiser les diverses espèces d’êtres vivants pour subsister. Certaines de ces ressources se renouvellent, d’autres sont irremplaçables. Toute espèce qui abuse des ressources renouvelables ou qui épuise les ressources irremplaçables se condamne elle-même à disparaître. Le nombre des espèces éteintes qui ont laissé des traces dans les dépôts géologiques est étonnamment grand en comparaison du nombre de celles qui existent encore. "

Personnellement, cette explication été une révélation et c’est pourquoi j’y reviens encore, convaincu de l’importance – de l’urgence même – que nous devons tous en prendre conscience une fois pour toutes.

La biosphère n’est pas aussi ancienne que la planète qu’elle enveloppe actuellement, écrit plus loinToynbee. C’est une excroissance – on pourrait aussi l’appeler un halo ou une couche de rouille - parvenue à l’existence longtemps après que l’écorce terrestre se soit suffisamment refroidie pour que des portions de ses composantes originellement gazeuses se liquéfient ou se solidifient. C’est presque certainement la seule biosphère existant actuellement à l’intérieur de notre système solaire - c’est le cas - et il est possible que, à l’intérieur de ce système, aucune autre biosphère ne soit parvenue à l’existence ou n’y parviendra jamais. "

D’après :

" L’épiderme de la Terre ", Eurêka, juillet 1998


Je trouve qu’il va exactement dans le même sens qu’un dossier de la publication française Euréka de juillet 1998. Le même thème a été abordé sous le titre " L’épiderme de la Terre ". Je lis ici : " Partie superficielle de la croûte terrestre, le sol est formé d’une succession de couches qui en disent long sur son fonctionnement et son histoire. " Ce qu’on voit très bien, et ce dont on prend conscience en somme, c’est qu’il y a une toute petite couche très mince ici et là – et à certains endroits, il n’y en a pas. Quand vous tombez sur du roc. Si vous soustrayez les océans qui occupent une grande partie de la surface de la planète, vous enlevez les roches, les déserts et vous enlevez les endroits qui sont impropres à la culture, vous découvrez que cette biosphère est extrêmement rare. Et d’autant plus précieuse.

J’apprécie Eurêka. Un magazine de vulgarisation scientifique à notre niveau de compréhension, même si nous ne sommes pas déjà formés dans une discipline scientifique. Il se divise en sections : Observer, Chercher, Débattre, Savoir. Un guide. C’est dans la section Savoir que l’on trouve ce dossier sur " l’épiderme de la Terre ".

" Le sol n’est qu’une infime pellicule de la couche terrestre. Comparé au volume du globe terrestre, il n’excède pas la grosseur d’une tête d’épingle. Si les premiers sols se sont formés avec l’apparition de la vie il y a 3,5 milliards d’années, les sols actuels remontent à quelques millions d’années seulement : 22 % de la surface des continents est recouverte de sols cultivables, soit 5,5 % de la surface totale du globe. Et seulement 2,25 % est actuellement cultivée. "

 

 

 

TOYNBEE, Arnold. La grande aventure de l’humanité, Éd. Elsevier Sequoia, Bruxelles, 1977.


Cela donne une idée de la fragilité de l’épiderme de la Terre qui est la partie superficielle de la croûte terrestre, dont le sol est formé d’une succession de couches, comme vous le savez sans doute. Et c’est sur ce point que Teilhard de Chardin a attiré notre attention lorsqu’il parlait de la fragilité de la biosphère, propos repris par Arnold Toynbee, qui est certainement l’un des plus grands intellectuels de notre siècle : un très grand historien qui a écrit l’histoire de l’humanité en je ne sais plus combien de volumes. Une vingtaine je crois. Cet ouvrage dont je parlais plus haut, La grande aventure de l’humanité, c’est un peu son testament.

Dans le deuxième chapitre, il poursuit : "Notre biosphère, qui est le seul habitat que nous ayons eu jusqu’à présent, est aussi le seul habitat physique que nous soyons jamais susceptibles d’avoir, nous ferons bien de concentrer nos pensées et nos efforts sur cette biosphère-là. Il nous faut inventorier son histoire, prévoir son avenir et faire tout ce que l’activité humaine peut faire de manière à être sûr que cette biosphère - qui est pour nous la biosphère - demeurera habitable aussi longtemps que des forces cosmiques échappant au contrôle de l’homme ne la rendront pas inhabitable.

" La puissance matérielle de l’homme s’est aujourd’hui accrue à un degré tel qu’elle peut rendre la biosphère inhabitable. Et elle produira effectivement ce résultat suicidaire dans un avenir prévisible si la population humaine du globe n’entreprend pas dès maintenant une action concertée, prompte et vigoureuse, pour faire échec à la pollution et au pillage que l’avidité bornée de l’humanité inflige à la biosphère. D’autre part, la puissance matérielle de l’homme ne suffira à garantir l’habitabilité de la biosphère que dans la mesure où nous nous abstiendrons de la ruiner, car, bien que la biosphère soit finie, elle ne se suffit pas à elle-même. "

Il faut la prendre en main, finalement. Voilà l’idée.

Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

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