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Émission du lundi 26 octobre 1998 |
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La Semaine du désarmement mondial |
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SAUL, John. " La macabre vérité du commerce des armes ", LActualité, septembre 1987. |
Quelle crédibilité peut-on accorder aux décisions qui seraient prises par les Nations Unies qui prétendent définir le Droit international alors que cinq des grandes puissances membres permanents dotés du droit de vote réalisent 85 % de la totalité des ventes darmes dans le monde? Vous ne sauriez croire la quantité darticles que jai accumulée au cours des années sur les armes, les armements, le désarmement, la fin de la guerre, la bombe atomique... Cest absolument incroyable! Dont un article de John Saul, dans lequel il affirmait que: " Le secteur le plus important du commerce international est lindustrie de larmement. " Cétait à la fin des années 1980. " On peut évaluer à au moins 900 milliards de dollars américains par année le commerce international des armes. Le quart du produit national brut américain (PNB) est relié à lindustrie militaire. " Ces industries ont créé de lemploi, et puis " En assumant le rôle de marchands de canons, les gouvernements ont brouillé limage clairement immorale que la société a toujours eue de ce genre de commerce. " Au sujet des politiciens trafiquants darmes, Saul est davis " quils peuvent être plus ou moins populaires, mais il est certain que la majorité des gens ne verra jamais en eux lincarnation du mal. Ce sont nos élus. Quant aux bureaucrates qui sont chargés de ce trafic darmes, ils ne sont que les employés de lÉtat et à ce titre, ils sont déchargés de toute responsabilité publique et morale. " Dailleurs, le grand secret, finalement, pour pouvoir faire à peu près tout ce quon veut, cest de morceler la responsabilité au point où elle finit par disparaître. Le chauffeur de camion nest pas responsable de ce quil transporte, celui qui a mis ce quil y avait dans le camion nest pas responsable non plus. Au bout du compte, " nous sommes aujourdhui, à lEst et à lOuest, dit notre ami John Saul, dans un grand marasme économique et moral. Les grands fabricants darmes il doit ironiser, cest pas possible - envoient à leurs clients des cartes de Noël illustrées de leurs dernières innovations. Personne ne sen étonne, pas plus quon ne sétonne que les représentants du peuple ne sélèvent pas contre ce secteur dynamique de léconomie sans lequel, croit-on, tout seffondrerait. " |
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STÉHLI, Jean-Sébastien. " États-Unis : La guerre aveuglante ", Le Point, 27 mai 1995. |
Dans un autre article plus récent, on nous apprend quon a mis au point des trucs absolument étonnants comme, par exemple, une arme terrible : le laser aveuglant. Larmée américaine attendait le feu vert, il y a quelque temps, pour la production dune nouvelle arme terrifiante mise au point après 25 ans de recherche : le Laser Counter Mesure System, qui ne pèse que 20 kilos - ce qui nest pas considérable pour une arme - et qui " émet un rayon laser capable de brûler la rétine des soldats ennemis jusquà 4 500 mètres ", écrivait Jean-Sébastien Stéhli dans Le Point. Lun des représentants du groupe Human Rights Watch à Washington, William Arkin, sest insurgé en affirmant : " Cest une arme cruelle et inhumaine, même mesurée à laune de la guerre. " Dun autre côté, il y a la Suède qui a insisté pour que " les armes laser antipersonnelles soient bannies - tout comme les mines ou les armes incendiaires - parce que jugées trop cruelles et causant des " dommages excessifs " ", continue le journaliste. Ce qui na pas empêché lindustrie de larmement de se multiplier Justement, je suis tombé sur une information concernant lorganisation pour linterdiction des armes chimiques. |
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GILLOT, Sabine. " Nations Unies : LOrganisation pour linterdiction des armes chimiques entre en scène ", La Presse, 7 mai 1997.
BADER, Jean-Michel. " 1943 : Les armes bactériologiques étaient prêtes ", Science et Vie. |
Sabine Gillot nous dit elle que " Si la défense dun pays est déjà en soi un domaine sensible, celui de lindustrie chimique ne lest pas moins, dautant quon y trouve, selon eux, " des esprits particulièrement inventifs ". " Par exemple, au cours de la dernière Guerre mondiale, on avait envisagé justement dutiliser les armes chimiques. Le Chimical Service dans larmée américaine était en mesure de lancer des armes qui auraient pu répandre le botulisme sur toute une population. " Ses services spécialisés avaient bel et bien produit de la toxine botulinique, le plus puissant de tous les poisons gastro-intestinaux, et de loin, proclamait même triomphalement lune de ses études ", peut-on lire un article de Jean-Michel Bader paru dans Science et Vie. Ils avaient obtenu des millions de dollars pour faire des recherches sur cette question-là. Un dossier très poussé à lépoque par George Merck, le président de la compagnie de produits pharmaceutiques Merck. Et des exemples du genre, je pourrais vous en citer encore plusieurs comme ça. À un moment de lhistoire, larbalète a fait lobjet dune interdiction du fait que cest une arme précise qui peut tuer à distance. Elle devait, du reste, précipiter la fin de la chevalerie, car le premier imbécile venu pouvait désormais tuer, sans trop sen approcher, un chevalier parfaitement entraîné. Cette décision du deuxième Concile de Latran en 1139, dinterdire larbalète, fut la première tentative pour empêcher lusage dune arme. Évidemment, pour ne pas que les Chrétiens sentretuassent - mon subjonctif du mois Mais rien dans cette décision officielle ne les empêchait de recourir à larbalète pour abattre les Infidèles. Bien entendu |
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Léternelle quête du savoir |
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BAGIEU, Agnès. " Quest-ce quon ne sait pas? ", Ça mintéresse. |
Je suppose quà chacune des époques, on a considéré quon venait datteindre le sommet de la connaissance, du savoir. Pour réaliser peu après quil restait encore quelques découvertes à faire contrairement à ce que Charles Duell, chargé du Bureau des brevets à Washington, en 1899, avait déclaré : " Tout ce qui peut sinventer la déjà été. " Les explications que nous a fournies la science sur le fonctionnement de la société, sur la biologie, avec lavènement des technologies de pointe, etc., tout cela peut nous donner limpression, encore une fois, davoir atteint un sommet. Comme si on ne pouvait aller plus loin. Pourtant, quand on pense quAristote, le premier biologiste connu, se disait convaincu que les humains étaient le fruit dune génération spontanée Et que plus tard, la science médiévale sest accommodée de lhypothèse " dune semence tombée du ciel [certifiée] au 18e siècle par Buffon décrivant une atmosphère grouillant de particules vivantes, récupérées par lorganisme sous forme de sperme [rires] La femme nétait que le réceptacle dun être humain miniature contenu dans cette semence! ". Ensuite : " Linvention du microscope révéla la cellule et la reproduction sexuée. La biologie connut ensuite plus dun point final avec la redécouverte des lois mendéliennes - de Mendel - , de lhérédité, la description de lADN grâce à la diffraction aux rayons X, puis linformatisation du génome. " Cest là quon en est maintenant. " On sait manipuler les gènes, continue lauteure de cet article paru dans Ça mintéresse, Agnès Bagieu, mais rien ne permet daffirmer que nous tenons la clé du vivant. Les découvertes senchaînent à une grande vitesse comme autant de pièces dun puzzle dont on ignore létendue. " Le savoir nous permet de savoir quon ne sait pas ce qui se cache derrière le savoir quon vient de découvrir. |
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Les modèles de léconomie de marché, par exemple, on ne peut pas dire quils ont si bien fonctionné que ça, hein? On parle beaucoup des sectes, puis des gourous, mais on ne parle jamais déconomie et des économistes, qui ont prétendu, entre autres, que la croissance allaient améliorer la répartition des richesses et de lemploi. Comme on le sait maintenant, la mondialisation financière a rendu caduque la notion même de marché national... Au fond, chaque nouvelle découverte révèle une ignorance, puis au fur et à mesure quon avance, on jette un regard différent sur le passé. Parce que le savoir daujourdhui, quil soit au niveau des sciences " dures " ou au niveau des sciences " molles ", nous permet dévaluer le passé et de le considérer dune façon différente. Prenons Napoléon, par exemple : selon les époques, il a été considéré tantôt comme un héros romantique et tantôt comme un tyran. On sest dit à un moment que, par la connaissance du langage informatique, on détenait le contrôle de la logique formelle. Un contrôle bien élémentaire, devrions-nous préciser si nous étions prudents, mais nous ne le sommes pas toujours On note dailleurs un intérêt marqué pour les jeux de stratégie. Comme le jeu déchec, par exemple, qui sy prête et qui offre, apparemment, " une victoire facile de la programmation sur lintuition, lexpérience, la capacité dadaptation et lémotion humaine. Pourtant, il ne sagit pas dintelligence artificielle au sens où lentendait Alan Turing, lun des pères de lordinateur, cest-à-dire dune capacité à manipuler les symboles abstraits. Ce que nous savons faire, sans le savoir, sans suivre de règles. Les règles ne concernent que le savoir-faire et sur ce point, lordinateur peut rivaliser avec lhomme - cest évident. " Le savoir, lui, sappuie sur des expériences inconscientes, pertinentes, dont nous navons généralement pas souvenir, mais qui, par un mécanisme neurologique inconnu, reviennent spontanément à lesprit dans une situation donnée. " Au fond, ce quil y a de plus intelligent chez les êtres humains, cest ce que nous ne savons pas que nous savons! [rires] Un article que jai sous les yeux illustre cette pensée par la caricature suivante : On voit un garçon de table qui porte un plateau sur lequel il y a une salière, une poivrière, un verre, et tout ce que vous pouvez imaginer quon peut mettre sur un plateau pour aller servir à table. Il est clair que le corps sait ce quil doit faire pour garder léquilibre. " Sans aucun calcul mental, écrit-on, le bras sadapte au poids du plateau et des verres - par une forme de contrepoids musculaire, pour ainsi dire. Laccumulation dexpérience motrice dans une mémoire inconsciente, explique-t-on ici, lui permet de maintenir la stabilité de lensemble. " Si le garçon marche, il va retrouver léquilibre du plateau quand même; quand il ne le trouve pas cest excellent pour les films comiques, mais ça cest autre chose. Et si on retire un verre du plateau, le garçon sajuste, toujours inconsciemment, et retrouve un équilibre différent. Imaginez quelle étude il faudrait faire pour saisir exactement les calculs phénoménaux que le cerveau évite en utilisant des raccourcis. Il capte des informations de lenvironnement et simplifie sur la base de données fragmentaires de mémoire motrice pour simuler la trajectoire et anticiper le point dimpact. Et tout ça quasi instantanément! Sommes-nous assez intelligents? [rires] " Le savoir, lui, écrit encore Agnès Bagieu, sappuie sur des expériences inconscientes et pertinentes, [ ] sur des savoirs ignorés quon utilise en permanence sans le savoir. [ ] Contrairement au savoir-faire mémorisé consciemment à lécole, ce savoir inconscient saccumule tout au long de la vie et même de lévolution. La conscience de soi fait partie de ce savoir." Et voilà ce qui ma amené à aborder cette question : "Tout comme la conscience de lautre et les tâches extrêmement complexes de reconnaître un visage à partir de quelques traits, une voix à partir de quelques caractéristiques musicales; de savoir y déceler émotions et pensées, telles que lironie ou le " faire-semblant ". - Disons que je raconte quelque chose puis vous devinez par le ton que jemploie que je mens. Comme lorsque je mentionnais tout à lheure quon annonce une interdiction qui va bientôt frapper une arme redoutable : le tire-pois. Lordinateur, lui, laurait pris au sérieux. Vous, jespère que non, rassurez-moi " Des savoirs très savants - comme le faire-semblant - que lordinateur est loin dacquérir, accessibles en une fraction de seconde et que les seuls mots auraient bien du mal à décrire. Les scientifiques nont pas dexplication. Mais ces savoirs quils nomment théories de lesprit sont ce qui fait que chacun de nous est plus ou moins doué de finesse psychologique, dabstraction et dhumour. Bref, - si vous avez cette finesse psychologique, vous êtes - doué pour la survie. " Il restera toujours des portes à ouvrir derrière la porte quon vient douvrir. " Les vraies questions sont peut-être encore à poser. Pourtant, chaque révolution scientifique donne le sentiment que lon est enfin parvenu au terme du savoir. Lhomme, en matière de connaissance, a le culte du point final. " Comme les Occidentaux qui sont allés coloniser lAmérique, qui ont envahi une partie de lAsie à un moment, avec la conviction que leur culture était le seule qui pouvait mériter de simposer à lensemble de la planète. Maintenant, cest lAmérique qui a un peu cette conviction-là, qui entretient sa ferveur hégémonique, comme on dit, dexercer un contrôle sur lensemble du monde. Dans cette illusion du point final, on voit poindre un " acheminement vers la certitude ". Et la certitude, disait quelque part Edgar Morin, cest toujours quune " grossesse nerveuse ". [rires] " Comment une découverte devient-elle un savoir reconnu? [ ] Au moment où la société est prête à la recevoir comme tel. " Certaines informations scientifiques, certaines découvertes mêmes, sont encore impossibles à utiliser. Je pense aux recherches qui ont été faites à une époque par McLean sur le cerveau triunique : le paléocortex, le limbique, le néocortex. McLean expliquait dailleurs que " le risque est très grand pour lHumanité, qui possède maintenant les moyens de sautodétruire. " Il soulignait également que " le problème venait de ce quon ne pouvait pas arriver à intégrer nos trois cerveaux dans leur fonctionnement. " Cest-à-dire quil y a toujours, chez chacun dentre nous, une part de cerveau reptilien le crocodile qui fonctionne en nous; il y a ensuite le cerveau limbique - le mammalien, le mammifère avec les émotions; et le néocortex - le beau cerveau dont on est si fier avec ses capacités de mémoire et dimagination, de langage, etc. Sauf que ce beau cerveau-là nexerce pas vraiment de contrôle sur les émotions et le limbique nexerce pas de contrôle sur le reptilien. Pour ainsi dire, cette recherche na pas abouti plus loin que de nous placer en face dune énigme. Par conséquent, sommes-nous doués pour la survie ou non? Cest encore impossible de le savoir puisquil ny a personne qui ait poursuivi ces recherches. Au fond, je pense que cest parce que la société nest pas prête à recevoir ces informations-là. Pas encore prête à les traiter, à en faire un acquis, à les digérer, à les assimiler et, pour ainsi dire, à les assumer. Jajouterais que cest encore plus flagrant dans le domaine des sciences humaines : il y a cette espèce de confrontation à propos de linné et de lacquis ces années-ci, qui est intéressante à suivre dailleurs. " Même si toutes les matières se définissent comme des sciences, elles nen sont pas moins inexactes. Car subjectives, évolutives. Les chiffres du chômage, les records de la Bourse et la déliquescence de la cohésion sociale, dit lauteure, nous montrent à quel point les keynésiens et les monétaristes deux écoles de léconomie se sont trompés. Et à quel point il est dangereux de croire les certitudes " scientifiques ", qui ne sont que le reflet dune époque! " Si " on peut tracer les frontières du savoir ", il faut retenir que " la science naura jamais réponse à tout, lit-on dans cet article intitulé " Ce quon sait quon ne saura jamais ". Et ses progrès nous révèlent une ignorance quaucune révolution technologique ne pourra réduire ". En particulier, à propos de lobservation du cosmos. " Les progrès des technologies et des méthodes danalyse nous permettent daffirmer quil existe au-delà de linconnu un inconnaissable qui échappera toujours à lexploration humaine, en raison même des lois régissant lUnivers, et de la géométrie de celui-ci. La lumière voyage à une vitesse de 300 000 kilomètres par seconde - cest-à-dire que ce quon voit dans lespace, cest ce quon découvre quil sest produit avant le moment présent pour nous sur cette planète. Comme, par exemple, la vision quon a de la Lune nen est pas une en temps réel. Même la Lune! Elle est déjà vieille dune seconde quand on la voit. " Une échelle pourtant tout à fait raisonnable pour la patience humaine. Mais lorsquon observe des objets plus lointains - comme ceux que découvrent depuis un certain temps Hubble - , on les voit tels quils étaient il y a très longtemps. " On ne voit donc pas la réalité " daujourdhui ", bien que ce mot na probablement de sens que pour nous. Mais ce nest pas tout : " Le devenir de lUnivers qui est aussi énigmatique. " On sait aujourdhui que lavenir est imprévisible. Mais peut-être que ce nest pas vrai, aussi. Allez savoir Au bout du compte, toutes les grandes questions, et peut-être celles qui vous intéressent le plus, trouveront de réponses autrement quen vous. Parce que la science soccupe de répondre à des questions comme Comment? ou Quoi? Jamais elle ne devrait bien que parfois elle ose le faire et ce nest pas très heureux semployer à répondre à la question Pourquoi? Comme, par exemple, linterrogation existentielle : Pourquoi sommes-nous là? Une grande question de lUnivers |
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