PAR...  

Émission du mercredi 4 novembre 1998

Les brèves

Mendier : un métier à étudier…

Au cas où vous ne seriez pas au courant, je vous informe que l’Association berlinoise des sans-abri propose depuis peu une formation professionnelle de mendiant, avec diplôme à la clé. Mais ce que je ne vous ai pas encore dit, c’est que les frais d’inscription sont de 250 $. On y apprend à exercer son regard pour ne pas avoir l’air de rentrer de vacances de Majorque, mais pour ne pas paraître hargneux non plus; à vendre le journal des sans-abri; à démarcher auprès des lieux de culte, catholiques de préférence - les curés, semble-t-il, étant plus généreux que les pasteurs. Aussi les futurs diplômés apprennent-ils à ficeler une histoire nouvelle et émouvante à l’intention des prêtres. Qu’elle soit véridique ou non, peu importe : " De toute façon, personne ne vous croit, constate un responsable de la formation, même quand c’est vrai. Alors… "

Finnoiserie sportive

Il faut de tout pour occuper ses loisirs. Saviez-vous qu’il existe en Finlande un sport qui s’appelle " le transport de femmes "? Et que cette année, à Sonkajarvi, a eu lieu le troisième championnat du monde de cette discipline? Un peu plus et l’on en fera une discipline aux prochaines olympiades! [rires] C’est un passe-temps finnois séculaire qui consiste à effectuer une course d’obstacles de 253 m en portant une charge féminine dans ses bras ou sur ses épaules. Les Estoniens ont raflé les meilleures places grâce à une méthode de portage révolutionnaire : en effet, ils ont innové en plaçant leur charmant fardeau comme on porte un sac de patates. De cette manière, l’Estonienne a les jambes autour du cou du coureur et le visage sur son fessier en plein effort. [rires]

Ça vaut la peine d’être vécu : ça s’appelle la Vie…

L’ordinateur à l’école : oui, mais pas trop

" Les lycéens qui passent beaucoup de temps devant leur écran d’ordinateur pour apprendre leurs leçons ont plus de chances d’obtenir de mauvais résultats. " On apprend cette nouvelle dans Education Week, qui fait suite à la publication d’une vaste enquête aux États-Unis consacrée à l’utilisation de l’ordinateur à l’école. En quoi peut-il nuire à leurs études? Tout simplement parce qu’au lieu de se servir de l’ordinateur à des fins éducatives, les étudiants préfèrent l’utiliser pour surfer, s’amuser.

Parlant d’éducation

Des années de féminisme ont poussé les chercheurs en science de l’éducation à s’intéresser surtout aux petites filles. Mais le directeur du Centre des hommes de l’Hôpital McLean et membre de la Harvard Medical School s’est penché, pour sa part, sur l’ensemble des garçons. Fort des statistiques qu’il a compilées, il en est venu à la conclusion que les petits garçons souffrent davantage que les fillettes : ils ont plus de mal à apprendre à lire et à écrire, se font plus facilement attaquer dans la rue et se suicident en plus grand nombre à la période de l’adolescence. Les conseils prodigués par l’auteur de cette étude : écouter les garçons et prendre leurs sentiments au sérieux. Mais c’est aussi valable pour les filles, bien sûr.


Pourquoi il pleut le samedi…

Je ne sais pas si vous allez vous souvenir de cet article dans lequel on mentionnait que les samedis sont davantage pluvieux que les lundis. On ne compte plus les croyances selon lesquelles le temps s’améliore ou se dégrade quand arrive le week-end. Or, il semblerait que certaines d’entre elles sont fondées. Randall Cerveny, de l’Arizona State University, et son collègue Robert Balling ont examiné les précipitations enregistrées sur l’océan Atlantique entre 1979 et 1995. " La pluie n’a pas montré, dans cette zone, de préférence pour un jour particulier de la semaine, mais il en va autrement sur la côte Est des États-Unis : le samedi, les précipitations sont plus importantes de 22 % que celles du lundi. L’étude de cinquante années de cyclones et d’orages tropicaux dans l’Atlantique a également montré une influence manifeste de la fin de semaine : les vents d’orage soufflent plus vite de 18 km/heure en moyenne au cours de cette période.

" Selon Randall Cerveny, le lien entre l’activité humaine, les précipitations et les cyclones pourrait bien être la pollution. D’après les stations de surveillance, les niveaux de monoxyde de carbone et d’ozone augmentent à l’approche du week-end. Cet effet du dimanche, déjà noté dans les grandes villes, serait provoqué par les fluctuations de la circulation automobile et de l’activité industrielle. Les particules polluantes pourraient favoriser la formation de nuages au large des côtes, expliquant ainsi l’augmentation des précipitations. Ce processus chasserait également une partie de la vapeur du cœur des orages les privant partiellement de leur énergie. "

C’est peut-être à dormir debout, mais c’est intéressant. Il faut bien commencer par quelque chose, par un constat qui se démarque. Comme le fait de noter que le samedi, en tout cas statistiquement, les précipitations sont plus importantes de 22 % que celles du lundi.

Retour au début-

Alimentation : mieux manger pour mieux vivre

Il y a déjà un certain temps, je vous communiquais des informations en rapport avec les bienfaits d’un régime alimentaire dit " méditerranéen ". Peut-être faut-il que je revienne sur certains points, non pas sur le régime méditerranéen comme tel, mais en tenant compte de recherches récentes sur le sujet. Car tout change tellement vite…

D’après :

SOUCCAR, Thierry. " La révolution dans les assiettes ", dossier, Le Nouvel Observateur, 6 au 12 août 1998.


De l’huile d’olive

Tenez, par exemple, l’huile d’olive : on en a dit beaucoup de bien, et c’est tout à fait justifié, mais il faut maintenant nuancer le propos. " L’huile d’olive est l’huile idéale? Faux. Elle a beaucoup de qualités : elle est savoureuse, bourrée d’antioxydants pour protéger le cholestérol sanguin contre l’oxydation, elle est stable également donc on peut l’utiliser pour la cuisson. Mais ce n’est pas pour autant l’huile parfaite, car elle contient très peu d’acide alpha-linolénique, un acide gras essentiel. Il faut donc lui associer de l’huile de colza et de noix. " Encore faut-il en trouver de l’huile de colza…

D’après ce que je comprends, il en arrive une bouteille ou deux dans la région par année, si bien qu’il faut se battre pour la trouver. " Contrairement à l’idée reçue, l’huile d’olive n’est pas l’élément clé du régime méditerranéen. Ce n’est pas elle qui explique la longévité exceptionnelle des Crétois, mais l’acide alpha-linolénique que l’on trouve dans les légumes, les noix et le pourpier " (plante portulacée à petites feuilles charnues, comestible dans une espèce à fleurs rouges). En tous les cas, du pourpier, on n’en trouve pas souvent chez mon épicier!

Du sucre blanc

Un autre préjugé : " On pourrait se passer de sucre blanc. Vrai ou faux ? Vrai. Pendant des millions d’années, hommes et saccharose ne se sont pas rencontrés. Puis ce fut l’explosion, car on est passé de 3 kg par an au 18e siècle à 12 kg au début du 20e. " Vous savez qu’à une époque, le sucre, c’était très rare? Tu sortais ça de temps en temps, pour la visite, pour sucrer le thé, par exemple. Donc 25 kg dans les années 1930, 33 kg aujourd’hui. " La cohabitation ne va pas sans heurts. Une étude conduite à Harvard a lié l'excès de sucre et le manque de fibres à l’apparition du diabète, ce dont on se doutait depuis longtemps, mais que les industriels ont toujours nié. " Ce sont probablement les mêmes industriels qui s’occupent du tabac…Ils ont la négation facile ces gens-là. Selon eux, tout va toujours très bien, madame la Marquise... " La bonne nouvelle c’est qu’on peut éliminer le sucre de son alimentation à condition de consommer au moins 60 % des calories sous la forme de glucides complexes : pain, pâtes, légumes secs, légumes verts. " À retenir.

De la vitamine C

" La vitamine C empêche de dormir? Faux. " Linus Pauling, l’un des rares, sinon le seul qui ait remporté deux fois le prix Nobel - une fois pour la chimie et une fois pour la paix - , prenait 18 g de vitamine C par jour, dont 3 à 5 g au coucher. C’est d’ailleurs lui qui a lancé cette mode de prendre de la vitamine C. Il disait: " Pour un monsieur de 92 ans, je dors très bien. " Il a fini par mourir, mais à 92 ans ce n’est pas mal, tout de même. " Aucune étude contrôlée n’a jamais mis en évidence que la vitamine C empêche de dormir qui que ce soit. D’où vient cette légende imprimée noir sur blanc dans les notices d’utilisation? Personne n’en sait rien, pas même les laboratoires qui la vendent. " [rires]

- Allô! C’est pourquoi la notice sur le flacon?

- On se sait pas, monsieur…

Ça rassure un consommateur, non?

Du besoin de viande

Poursuivons avec les idées reçues au banc d’essai. " Les enfants doivent manger de la viande tous les jours. Faux. L’American Dietetic Association qui fait autorité dans le domaine de la nutrition vient de reconnaître que les régimes végétariens procurent le plus souvent une meilleure santé parce qu’ils sont adaptés à tous les âges de la vie, y compris l’enfance et la grossesse, à condition de compenser certains déficits : fer, zinc et vitamine B12. Sans aller jusqu’à supprimer complètement la viande, on peut se contenter d’en consommer deux à trois fois par semaine. Les bénéfices sont à la clé, les études montrent que les gros mangeurs de viande présentent un risque accru de cancer du côlon. " On dit qu’il y a des composés toxiques qui apparaissent lors de la cuisson de la viande à la poêle, au four et au barbecue, etc.

De l’apport vitaminique et minéral

" L’alimentation moderne n’apporte plus suffisamment de vitamines et de minéraux. Vrai. " Malheureusement. Trois enquêtes alimentaires ont été conduites entre 1986 et 1990 et portaient exactement là-dessus. On s’est rendu compte qu’il y avait, chez les individus, une certaine déficience dans l’alimentation. Même chez ceux qui croyaient bien manger. Ces déficits pourraient nous rendre plus vulnérables aux infections et à certaines maladies chroniques qui se développent après 60 ans. " Les responsables sont connus : la baisse des apports caloriques, qui est de moins de 50 % depuis le début du siècle, et la part prépondérante d’une alimentation industrielle ", qui est moins valable au plan nutritif.

Du grignotage

On parle ici d’un sujet avec lequel j’ai à me battre sérieusement : " Grignoter est mauvais pour la ligne. Faux. À condition de consommer le même nombre de calories par jour. Mieux vaut faire quatre à cinq repas que trois copieux. C’est ce que montrent les études chez l’animal. Par exemple, les rats grignoteurs ont 22 % de muscles et seulement 8 % de graisses, alors que leurs cousins qui font un bon gueuleton par jour ont deux fois moins de musclse et trois fois plus de graisses. Même constat chez les humains, où une étude menée auprès de 2 000 femmes montre qu’il y a moins d’obèses parmi les grignoteuses. "

Du sel

Ah le sel… à son propos, les recherches se suivent et ne se ressemblent pas. " Quand on souffre d’hypertension, il faut absolument supprimer le sel? Faux. Une partie de la population, de 30 à 35 %, est sensible au sel, le chlorure de sodium. Cette partie de la population va se trouver mieux d’une disparition du sel de la table familiale. Pour les autres, les effets sont minimes. Une étude récente a même montré une mortalité accrue chez des hypertendus qui avaient arrêté le sel, par rapport à ceux qui ne l’avaient pas fait (les deux groupes recevaient des médicaments). Plus que le sel, c’est le rapport entre le potassium et le sodium qui semble primordial. Arrêter le sel, pourquoi pas? Ou le diminuer, pourquoi pas? Mais il faut augmenter les apports en potassium. En consommant des fruits secs, des légumes secs, des aromates et des épices. " C’est fou ce que ça monte et ça descend l’information à la Bourse des aliments!

De maigrir

" Pour maigrir, il faut diminuer les calories et augmenter les protéines. Faux. Toutes les études montrent que 95 % à 100 % des personnes qui suivent un régime à basses calories ont retrouvé leur poids d’origine, trois à cinq ans plus tard. Dans mon cas, la reprise fut beaucoup plus rapide : trois à cinq mois après, j’aime mieux vous dire la vérité. C’est tragique… Quant aux protéines en vogue, elles ont un effet à très court terme par diminution de la quantité d'eau dans le corps, mais pas de la quantité de graisse. Alors que faire? Plusieurs choses, nous apprend Thierry Souccar, l’auteur de ce dossier paru dans Le Nouvel Observateur dont je tire ces précieuses informations : " Pour être en bonne santé, il faut manger beaucoup de fruits, de légumes, de glucides complexes, peu d’aliments raffinés. Faire deux à trois sorties physiques par semaine (marche, natation ou vélo), ajouter deux à trois heures de musculation, et le poids suivra c’est garanti. " C’est du moins ce qu’il prétend.

Retour au début du texte-

Carl Jung

Parmi tous les mentors et autres maîtres à penser dont je vous entretiens régulièrement, il se trouve des poids lourds et d’autres moins lourds, bien sûr. Et parfois, j’hésite à vous parler des poids lourds parce qu’il y aurait trop à dire sur eux, et l’on ne peut s’en tenir qu’à un seul aspect de leur démarche, comme ça, en passant. Ainsi, on en arrive à ne plus parler de personnages aussi importants que Carl Jung, par exemple. Alors aujourd’hui, j’ai décidé, comme ça, de vous parler de Jung, qui est un bonhomme très important à qui on doit le concept de l’inconscient collectif.


L’inconscient collectif

Inconscient collectif est un terme générique de Jung, qui est employé, à tort ou à raison, pour décrire toutes sortes de phénomènes et d’images ramenés à la conscience par un individu, mais qui n’appartiennent pas à son expérience propre. Jung décrit la conscience comme "une sorte de couche superficielle, d’épiderme flottant sur l’inconscient qui s’étend dans les profondeurs, tel un vaste océan d’une parfaite continuité. " Par opposition à Freud, il est d’avis que " l’inconscient n’est pas un monstre démoniaque; c’est un organisme naturel, indifférent au point de vue moral, esthétique et intellectuel, qui ne devient réellement dangereux que lorsque notre attitude consciente à son égard est désespérément fausse. "

Pour Jung, l’inconscient personnel est l’ensemble des contenus de l’expérience acquise, oubliée ou refoulée, et ne trouve ses limites que lorsqu’il atteint l’inconnu . Au-delà de cet inconscient personnel, nous rencontrons aussi des propriétés qui n’ont pas été acquises individuellement, mais qui ont été héritées - comme les instincts. Ce sont les instincts et les archétypes qui constituent l’inconscient collectif, et non, comme on le croit, la somme des inconscients personnels. " Au contraire de l’inconscient personnel, dit Jung, il n’est pas le fait de contenus individuels plus ou moins uniques, mais de contenus universels qui apparaissent régulièrement. Les contenus de l’inconscient collectif constituent comme une condition ou une base de la psyché en soi, condition omniprésente, immuable, identique à elle-même en tous lieux. "


L’âme

Malgré la connotation religieuse du terme, Jung plaçait la notion d’âme au centre de sa conception de la psychologie des profondeurs. " La conscience, écrivait-il, est la condition sine qua non du psychique, c’est-à-dire qu’elle est l’âme elle-même. L’objet de la psychologie est l’âme, comme celui de la philosophie est le monde. " L’âme est donc ce qui anime l’individu. C’est la totalité de la psyché, conscience et inconscient réunis. " L’inconscient préexiste toujours, dit-il aussi. La conscience est un rejeton tardif de l’âme inconsciente. " Comme si de l’âme inconsciente était née la conscience, voilà l’idée.

L’âme ainsi définie possède un aspect physique et un aspect spirituel. C’est pourquoi il nous est si difficile de saisir son essence. L’âme demeure lointaine, inabordable et obscure comme tous les secrets profonds de la vie. C’est sans doute pourquoi elle est au centre de la recherche que tout individu peut entreprendre sur lui-même. Toute maladie liée au psychisme est une maladie de l’âme. Chez tous les individus, cette âme est double : masculine et féminine. L’archétype de l’âme est féminin chez l’homme (c’est l’anima) et masculin chez la femme (c’est l’animus). L’âme, dans son essence, est la réunion des deux. Et comme toute expérience humaine est essentiellement psychique, l’âme est au centre de toutes les expériences. " Si l’âme est en marge de l’espace, dit Jung, elle est incorporelle. La vie et l’âme préexistent au moi et lui survivent, comme en témoigne le rêve quand le moi, durant le sommeil ou la syncope, n’est pas. " Cette âme serait en quelque sorte nourrie par les expériences précédentes de l’humanité, cristallisées sous la forme de l’inconscient collectif.


La Grande Mère comme archétype

Il y avait chez lui comme un culte de la mère, ou de la Déesse Mère. Les archétypes font partie des notions essentielles de la pensée de Jung. Par définition, un archétype désigne une image originelle qui existe dans l’inconscient, mais qui n’est pas le fruit de l’expérience personnelle : elle est innée. De tous les archétypes, l’un des plus importants pour Jung est l’archétype de la mère, dont " la Grande Mère " représente la forme la plus archaïque. Jung a emprunté ce terme à l’histoire des religions. Dans les cultes de la Terre Mère, de la Déesse Mère ou de la Grande Déesse, une divinité de fécondation et de prospérité rassemble en elle toute la puissance magique et sacrée contenue dans la nature et dans le cosmos.

Jung nous emmène au-delà de l’histoire personnelle et des simples géniteurs que sont papa et maman. Avec lui, la base de l’évolution psychique de l’individu, le modèle premier de la base de toutes ses relations futures, c’est sa mère réelle, mais aussi l’archétype de la mère et la Grande Mère. Au cours de sa maturation psychobiologique, l’enfant doit différencier sa mère de chair, l’imago maternel qui est la représentation inconsciente issue de sa relation avec sa propre mère, et la Grande Mère, qui est la représentation issue de l’inconscient collectif et dans laquelle l’imago plonge ses racines. 


L’individuation

L’objet qui est poursuivi par Jung ou plus exactement par chacun d’entre nous, qu’on le sache ou pas finalement, c’est celui de l’individuation. Le concept d’individuation, important en psychologie analytique, est le processus de formation nécessaire et naturel de l’individu psychologique comme être distinct de la psychologie collective. Deviens ce que tu es au fond de toi, de l’essence de ton être. La première étape de l’individuation est donc un processus de différenciation qui a pour but de développer la personnalité individuelle et qui pourrait se traduire par " la réalisation de soi-même " ou " la réalisation de son soi ". Il ne faut pas confondre ce processus avec la prise de conscience du moi car, dit Jung, " l’individuation ne serait plus qu’égocentrisme ou auto-érotisme. Or, le soi comprend infiniment plus qu’un simple moi... L’individuation n’exclut pas l’univers, elle l’inclut. "

Dans son œuvre, Jung parle souvent du mandala  - symbole du centre, du but et du soi - comme l’autoreprésentation d’un processus psychique de centrage de la personnalité ou la production d’un centre nouveau de celle-ci. Le processus d’individuation, par la voie de centrages successifs, exprime la tendance créatrice de l’inconscient vers une conscience supérieure. C’est dans cet état de conscience que réside la liberté de parcourir la totalité du champ de l’inconscient.

Au fond, c’est la réalisation du soi profond en chacun de nous. Il s’agit d’arriver à harmoniser les aspects de la personnalité donc du moi, ou de développer la conscience qu’on définit au-dessus du moi. Ce sont deux niveaux de fonctionnement différents. Les deux se retrouvent chez Jung, déjà. L’un qui est davantage du domaine de l’actualisation, c’est-à-dire si je parviens à vivre de façon harmonieuse, personnellement, avec mon entourage, à m’adapter au monde dans lequel je vis, à fonctionner, comme on dit, à être relativement épanoui, je me réalise, je m’actualise, je vis, en quelque sorte, pleinement. Si quelque chose est déséquilibré, s’il y a toujours quelque chose qui manque, que le plancher se dérobe sous mes pas au fur et à mesure que j’avance, une impression de ne jamais être centré, donc je n’atteins pas ce niveau d’actualisation du moi. Le moi c’est la personnalité, alors que le soi ce n’est pas du niveau du moi, c’est du niveau de la conscience. Ce qui en moi dit : " Je suis. " La conscience d’être, finalement.

Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

Retour au début du texte