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Émission du lundi 16 novembre 1998

La Journée mondiale de la tolérance

Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale de la tolérance. Je me suis plongé dans la lecture d’articles qui portaient sur le racisme pour essayer de comprendre de quoi il s’agit, au juste.

D’après :

BOLLON, Patrice, MARCHETTI, Philippe et TANASE, Virgil. " Races : Différentes, mais en quoi? ", Ça m’intéresse, été 1998.


D’abord, dans un dossier paru dans le magazine Ça m’intéresse, on apprend que le mot " racisme " est un néologisme qui n’est apparu dans le dictionnaire - Le Larousse à l’époque - , qu’en 1932, et il servait très exactement à désigner l’idéologie nazie de l’antisémitisme. Mais la volonté de reporter un défaut sur les autres n’explique pas tout.

Il faut savoir, par exemple, que la xénophobie et l’intolérance religieuse ne devraient pas être confondues. La xénophobie est la peur de ce qui est étranger ou de l’étranger; une attitude prudente face à l’étranger. Il y a un moment où la xénophobie devient du racisme, et un moment où ça n’en est pas. Après tout, on a le droit de se poser des questions sur les gens d’une culture autre que la sienne. Ici, on suggère la définition suivante à racisme : " L’assertion d’une supériorité d’une race sur les autres et les politiques qui en découlent. " Une définition qui nous intéresse particulièrement, occidentaux que nous sommes, parce qu’il n’y a pas si longtemps, fin du 19e siècle début du 20e siècle, certains de nos penseurs ont affirmé que la race blanche était supérieure aux autres races. Je pense, par exemple, à Gustave Le Bon qui est un personnage que j’apprécie beaucoup pour le travail qu’il a fait sur les foules – je vous en ai parlé à quelques reprises – mais j’aime un peu moins ce qu’il a raconté à propos de la race blanche, qu’il considère comme étant supérieure aux autres…

Dans cet article que j’ai sous les yeux, " Une doctrine nourrie de fausse science ", on dit que " si les collectivités humaines ont établi depuis l’aube des temps des critères d’exclusion, ceux-ci n’étaient pas toujours fondés sur l’aspect physique. Les Grecs appelaient " barbares " ceux qui se trouvaient en-dehors du cercle de l’Hellade - car la Grèce comme telle n’existait pas encore mais une partie de ce qui est la Grèce d’aujourd’hui formait l’Hellade. Il y eut aussi d’autres définitions. À d’autres époques, c’était ceux qui ne parlaient pas le grec qui étaient appelés " les barbares ", comme le mentionne Hérodote dans ses écrits. " La notion n’impliquait pas de dépréciation, mais la non-participation [de ces gens] à un projet politique et de civilisation ", continuent les auteurs. C’est-à-dire que les " barbares " ne participaient pas aux décisions politiques, puisqu’on parle de cette période en particulier où la Grèce découvrait la démocratie.

On retrace la première manifestation raciste dans l’Espagne du 15e siècle : le mythe de la pureté du sang. Qu’est-ce qui s’est passé d’important en 1492, d’après vous ? Christophe Colomb, me direz-vous : mais encore? Cette même année, on a procédé à l’expulsion des Juifs. Ils ont souvent eu le dos large dans l’histoire. Ça arrange beaucoup de gens d’expulser les Juifs d’un pays : on peut ainsi prendre leur argent, leurs biens et, n’étant pas en mesure de se défendre, ils ne peuvent rien dire. Ensuite, la conquête de l’Amérique a également renforcé cette idée qu’il y avait des " impurs ". C’est assez laid ce qu’on a fait vivre aux Indiens d’Amérique, parce qu’on les considérait comme des animaux sur lesquels on avait tous les droits. Il a fallu que la papauté intervienne en 1537 pour rappeler aux colons que les Indiens étaient véritablement des hommes, aptes à recevoir la foi. Dans l’histoire de la planète, c’est très récent cette prise de conscience, quand on y pense. Et elle prend de l’importance car on se dirige vers une société de plus en plus universelle ou multiculturelle.

Arrive le 18e siècle, le siècle dit des Lumières, avec ses philosophes et ses penseurs qui ont ouvert les yeux sur l’importance de la démocratie, de la liberté, de l’égalité, de la fraternité. C’est d’ailleurs ce qui a donné naissance à la Révolution française. Deux voies ont été dessinées au 18e siècle : la voie du " mythe du progrès " qui supposait nécessairement l’admission que les races sont égales – dans ses écrits, en 1794, Condorcet était clair là-dessus - et"  l’ébauche d’une vision évolutionniste du monde ", qui suppose que pour évoluer, il faut apprendre à vivre ensemble. C’est surtout vers la fin du 18e siècle que ces questions sont devenues importantes, ce qui correspond également au début de la révolution industrielle.

Cette remise en question a touché aussi les États-Unis. C’est curieux qu’il y a encore des gens là-bas qui s’en tiennent toujours à une interprétation littérale de la Bible, qui consiste à croire, par exemple, que le monde a été créé en six jours et que le septième jour Dieu s’est reposé... Certains vont même jusqu’à exiger que l’on n’enseigne pas autre chose dans les écoles! Pourtant, l’article mentionne qu’au 18e siècle déjà, on remettait en question la seule interprétation permise jusqu’alors de nos origines : la version biblique. Je pense qu’il y en a qui sont passés tout droit…

" Le 19e siècle, positiviste, donnera à ces attitudes une assise de plus en plus " scientifique ". Vers 1850 apparaît une doctrine raisonnée de la supériorité de certaines races " C’est ainsi qu’en 1855, entre autres, l’Essai sur l’inégalité des races humaines du comte Arthur de Gobineau est déterminant, pour la France en particulier. Mais la vision de Gobineau était plutôt " décadentiste ", c’est-à-dire que, selon lui, les sociétés humaines vont à leur perte du fait de leur mixité. On retrouve ça également dans plusieurs pays, dans plusieurs autres cultures. En Inde, par exemple, où l’on pense qu’il ne faut pas que les rangs, les classes sociales, les races se mélangent.

Ce qui me fait penser à Thomas Jefferson, l’un des pères de la Confédération américaine qui fut président des États-Unis : il prenait position contre la mixité et pourtant, on sait aujourd’hui qu’il vivait en concubinage avec son esclave noire, à laquelle il a fait des enfants. Des tests d’ADN effectués sur ceux qui prétendaient être de sa descendance ont prouvé qu’il y a effectivement des métis américains qui descendent de Jefferson. Vous vous rendez compte? C’est intéressant au point de vue historique. Quand on parle de race supérieure, pour étayer son propos, il faut toujours préciser par rapport à qui, par rapport à quelle autre race.

Ce qui m’amène à parler de l’eugénisme. Dans ce mot, il y a " gène ", donc qui a rapport avec la reproduction, puis " eu ", qui vient du grec et qui signifie bonheur, heureux, positif, satisfaisant. L’eugénisme c’est donc un choix génétique pour assurer " la future hygiène raciale ", ce que les nazis ont pratiqué au cours de la dernière Guerre, puisqu’ils se considéraient d’une race supérieure par rapport aux Juifs, entre autres… " Malgré l’apparence du triomphe des valeurs antiracistes, on peut se demander si nous sommes vraiment sortis de ces représentations ", écrit-on encore. On ne s’en rend pas toujours compte du fait qu’on vit dans un bain culturel qui nous amène à entretenir des préjugés.

L’autre jour, par exemple, je suis tombé sur un cas : un homme dont on dirait aujourd’hui qu’il était maniaco-dépressif, ou schizophrène. Quant à sa femme, elle était alcoolique et syphilitique. Dans l’esprit de certains personnes, un tel tableau serait suffisant pour recommander fortement un arrêt de grossesse si la dame se retrouvait enceinte. Or, le père de Beethoven était schizophrène et sa mère, alcoolique. L’arrêt de grossesse de cette mère aurait donc entraîné la non-naissance de Beethoven. À réfléchir…

" Le racisme a tendance à revenir - ces années-ci - sous la forme de l’hypothèse d’une détermination génétique de nos comportements, gènes " gay ", de la déviance, de l’alcoolisme, et même de la " nouveauté "! Toutes ces découvertes doivent être prises avec beaucoup de circonspection. " On nous invite ensuite à faire une distinction entre une corrélation et une relation causale : ce n’est pas parce que deux événements se produisent ensemble que nécessairement l’un est la cause de l’autre.

Un exemple m’a toujours beaucoup amusé et illustre parfaitement cette idée: depuis la guerre en Allemagne, on a noté, à un moment donné, une baisse des naissances humaines qui coïncidait curieusement avec la disparition des cigognes…Voici une corrélation. [rires]

" Le racisme s’alimente aujourd’hui de considérations culturelles, tel un certain discours " particulariste ". […] Le droit de chacun d’affirmer sa différence réhabilite de fait le déterminisme biologique racial. " On se dit qu’on est différent et on affiche sa différence, ou qu’on est pareil. C’est très délicat cette question. Quoi qu’il en soit, il y a une erreur fréquente qui consiste à considérer la situation présente comme définitive. Tout bouge et on se dirige vers la mixité. Si on s’en va quelque part…peut-être vers l’universalisme et le multiculturalisme.

Est-ce que c’est un faux débat? Il y a des gens qui estiment qu’on s’en va vers l’universalisme, c’est-à-dire qu’éventuellement, les gens vont tous appartenir à la même race. D’autres estiment qu’il faut au contraire souligner le particularisme, ce qui donnerait lieu à un multiculturalisme plutôt qu’à un universalisme où tout le monde finirait par se ressembler.

J’aime bien cette idée que peut-être j’aurai un jour des arrières, arrières, arrières petits-enfants très beaux qui auront la peau un peu plus basanée, les yeux un peu plus bridés, etc. C’est séduisant, mais ce n’est peut-être pas ce que la nature souhaite, parce que la diversité génétique est hautement importante. Respectez la diversité en termes d’égalité, de fraternité, en quelque sorte. Fin du sermon. [rires]

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Une vérité cachée au sujet du tabac

Mesdames et messieurs, je viens d’apprendre récemment que les compagnies de tabac nous ont caché la vérité.

- Franchement, Monsieur Languirand…Vous croyez qu’une compagnie de tabac pourrait nous cacher quelque chose? Allons donc! [rires]

Eh bien oui, on nous a caché que la consommation de tabac est un facteur d’impuissance.

À ma connaissance, c’est la première fois qu’une telle information provient des médias et non pas des milieux de la médecine - en cardiologie, par exemple, où la question du tabac comme facteur d’accident cardio-vasculaire est tout à fait connue et claire. En tous les cas, on commence à en parler avec beaucoup de sérieux.

C’est à se demander si, depuis les aventures de Monsieur Clinton, qui ont levé certaines des barrières qui existaient jusqu’ici, on en arrive maintenant à pouvoir sortir la vérité des tiroirs où elle était enfouie. Comme cette information que je vous communique et que plusieurs ont gardée secrète pendant un certain temps. Quant à moi, je pense qu’on aurait dû la sortir bien avant, cette vérité-là. C’est sûrement la meilleure façon d’inciter à l’abandon, ou du moins à la diminution, de la consommation de tabac.

Maintenant, qu’est-ce qu’on pourrait bien vous couper à part le tabac? Tiens, peut-être qu’on pourrait vous couper les sucreries.

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Quelques vérités sur le sucre

 
D’après :

SOUCCAR, Thierry. Tout savoir sur les confiseries ", Science et Avenir, octobre 1998.

 

" Les confiseries ne favorisent pas le cancer. " Qu’en pensez-vous? Vrai ou faux? C’est faux affirme Thierry Souccar dans un article paru dans Science et Avenir du mois d’octobre dernier. " Plusieurs études montrent au contraire que la consommation élevée de sucre et d’aliments riches en sucre, comme les confiseries, augmente de façon importante le risque de cancer du côlon. "

Le diabète n’est pas lié à la consommation de sucreries. " Vrai ou faux? " Faux. Une étude majeure publiée l’an dernier par une équipe de la Harvard School of Public Health a montré que les gros consommateurs de sucre et d’aliments sucrés présentent un risque de diabète de type 2 (non insulinodépendant) augmenté de 40 % par rapport à ceux qui consomment peu de sucre. "

Je prends connaissance de ces faits pour me convaincre de poursuivre ma diète avec beaucoup de rigueur et, en même temps, je me permets méchamment de vous les communiquer. [rires]

" Tous les chewing-gums augmentent le risque de carie dentaire. " Vrai ou faux? " Faux. À l’inverse du sucre, le xylitol - un édulcorant - , ne fermente pas sous l’action des bactéries de la cavité buccale : il diminue donc sensiblement le risque de carie. "

" Les enfants utilisent les confiseries comme calmants. " Vrai ou faux? " Vrai. Un enfant sur trois manifeste un attrait exagéré pour le sucre. Les travaux de Judith Wurtman (Massachusetts Institute of Technology) ont montré que ces enfants ont souvent un défaut de synthèse ou d’utilisation de la sérotonine, un messager chimique du cerveau qui joue un rôle crucial dans l’humeur. […] Les enfants gros consommateurs de sucreries en font un usage quasi médical pour gonfler leur sérotonine cérébrale. " Alors, ce serait difficile de les leur supprimer, mais il faudrait trouver une autre source de stimulation de la sérotonine.

De plus, figurez-vous que les confiseries, les bonbons, etc. sont un formidable accélérateur du vieillissement. Une question qui m’intéresse beaucoup ces temps-ci, on se demande pourquoi… Mais c’est aussi parce que je vois le baby-boom se diriger allègrement vers l’étape de la longévité… " Les mitochondries sont les centrales énergétiques de la cellule, chargées de brûler les aliments au contact de l’oxygène pour fournir de l’énergie, écrit Thierry Souccar. Cette combustion est imparfaite, dans la mesure où elle s’accompagne de la production de radicaux libres qui finissent par endommager les mitochondries elles-mêmes. De nombreuses maladies chroniques, mais aussi les manifestations classiques du vieillissement - fatigue, essoufflement - trouveraient leur origine dans l’altération des mitochondries. [Bref] les confiseries et les aliments " récréatifs " contribuent au vieillissement accéléré en faisant peser une charge alimentaire inutile sur les mitochondries. […]

" La consommation de sucreries s’accompagne d’une augmentation du taux de sucre dans le sang. " Ça me paraît évident. Aussi, le sucre et les protéines réagissent-ils ensemble " pour former des composés rigides et insolubles qui sont à l’origine des rides. " Oh oh! Retenez ça. On parle aussi de certaines altérations des organes, comme l’insuffisance rénale. " L’excès de sucreries peut aussi entraîner une augmentation des triglycérides dans le sang. […] Dans les aliments non raffinés, les sucres sont accompagnés des cofacteurs nécessaires à leur utilisation par les cellules, comme la vitamine B1 ou le magnésium. Les confiseries ne renferment aucun de ces " chaperons ". " Enfin, conclut le journaliste, cette consommation de sucre raffiné, et les déficits en vitamine B1 et en magnésium qu’elle entraîne se traduit par " des troubles de la mémoire " et " une sensibilité accrue au stress et à la fatigue ". En conclusion, je vous l’aurai dit : confiseries et longévité = incompatibilité.

Poursuivons sur le sujet des friandises, avec un article paru dans Science illustrée du mois de mai dernier.

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Friandises bizarres

 
D’après :

" De quoi vous dégoûter… ", Science illustrée, Nº 5, mai 1998.


C’est le goût étrange des enfants pour des sucettes transparentes qui contiennent des insectes qui m’a poussé à lire cet article où l’on en fait état, de même que de ces sucettes transparentes contenant des insectes ou des bonbons aux formes ou aux dénominations évocatrices, telles que crotte de mouette, pet de chien, vase des égouts. " Les fabricants de jouets, écrit-on dans l’article, ont lancé la pâte gluante en boîte, avec ou sans asticots, pour amuser les écoliers qui adorent aussi se passer sous le manteau, pendant les récréations, des images du genre des Crados " strictement interdites " aux adultes. Les jeunes, dit-on, fascinés par les reptiles et les arachnides - les araignées, ah je n’aime pas beaucoup ça! - ne se comptent plus et leur nombre ne fait qu’augmenter. Selon les psychologues, ceux qui affichent un intérêt prononcé pour ces animaux montrent ainsi leur désir de défier les normes. " Je pense qu’il y a du vrai là-dedans. Dans ces phénomènes, il y aurait une espèce d’ennui, un besoin d’opposition et de révolte que connaissent les générations. On dit plus loin que c’est peut-être " une façon de faire comprendre aux générations précédentes l’état dans lequel le monde se trouve. "

Une sucette à la fourmi avec ça? [rires]

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Un truc… planétaire


Certains d’entre vous savent-ils décoder ce message : " Mon Vieux, Tu M’as Jeté Sur Une Nouvelle Planète? "

Pour ceux qui ne connaissent pas la réponse, il suffit de retenir la première lettre de chacun des mots de cette phrase pour se souvenir dans l’ordre des neuf planètes du système solaire. C’est un truc du Planétarium de Montréal qui a été communiqué à des enfants, mais les adultes auraient également intérêt à s’en souvenir, n’est-ce pas?

Alors, M-V-T-M-J-S-U-N-P, cela fait Mercure, Vénus, Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et Pluton.

Je vous aurai tout dit.

Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

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