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Émission du lundi 23 novembre 1998

L'automobile et les femmes


" Coup de théâtre dans le secteur automobile : les valeurs féminines ont supplanté les valeurs masculines. "

C’est ainsi que commençait un article paru dans le magazine Psychologies, intitulé " La voiture change pour plaire aux femmes ".

D’après :

LEMOINE, Laurence. " La voiture change pour plaire aux femmes ", Psychologies, octobre 1998.


Les femmes et les hommes, je ne vous apprendrai rien, sont très différents. On dit que les femmes ne conduisent pas comme les hommes. C’est bien normal, souvenez-vous du père de la voiture de location à Montréal qui disait souvent à la radio lorsqu’on l’interviewait : " On conduit comme on se conduit. " Ce n’est donc pas étonnant que les femmes ne conduisent pas comme les hommes!

On généralise, c’est évident mais certains observateurs prétendent qu’au volant, les femmes sont " moins individualistes, plus respectueuses des règles et sont moins agressives. " Elles ne convoitent donc pas les mêmes voitures : " Plus soucieuses de l’espace intérieur que de la puissance du moteur, elles privilégient les formes arrondies, l’esthétique et le confort. " Quant à leurs attentes, dit-on, elles sont " de plus en plus partagées par les hommes ", si bien que les femmes " ont poussé les constructeurs à mettre la barre plus haut. Désormais dynamisme rime avec praticité. "

Finie également l’association que l’on faisait entre l’image de la femme et l’automobile, toutes ces publicités qui nous montraient une femme séduisante allongée sur le capot d’une automobile. Il y a même une marque de voiture (Audi) qui, en Europe, utilisait le slogan suivant : " Il a la voiture. Il aura la femme. " Ça flattait le macho de l’époque. Qu’est-ce qu’une voiture pour un homme? C’est une cuirasse à moteur, une sorte de machine à s’affronter finalement.

Interrogé par Laurence Lemoine, l’auteure de l’article, un psychologue de la Sécurité routière en France, Claude Blanchard, dit des hommes que " leur conscience des risques s’efface derrière un enjeu de pouvoir. " Il faut comprendre que si les hommes n’avaient pas été ainsi qu’on les décrit parfois d’une façon très péjorative – autre temps, autres mœurs –, on ne serait pas rendu à l’étape où nous sommes maintenant arrivés. Ça prenait des mâles extrêmement agressifs - je le suppose en tous les cas - pour nous tirer des défis que nous devions surmonter au cours de l’évolution de l’humanité [Note de la correctrice : Vraiment, ces hommes, ils ont toujours besoin de se trouver des excuses!]. Mais les temps ont changé. " Cet orgueil mal placé, continue le psychologue, met les femmes en colère : elles n’ont pas cet attachement narcissique à leur véhicule parce qu’elles placent leur fierté ailleurs, en particulier dans leur capacité de donner la vie. " Il me semblait que ça avait à voir avec le beau sexe. [rires]

L’auteure explique plus loin : " Les femmes ne courent pas après les mêmes voitures que les hommes. À elles les véhicules de type bulle, à eux les lignes allongées. " Pour un psychanalyste interrogé, Serge Tisseron : " Il est clair que l’anatomie de chacun joue un rôle : on investit les objets selon son image corporelle. Les femmes sont sans doute davantage préoccupées par l’espace intérieur - sa capacité à contenir, à protéger - que par la puissance du moteur et le design plus ou moins phallique de la carrosserie. "

Quand une dame occupe la place du conducteur, j’aime bien observer comment ça se passe. Et comme j’aime beaucoup plus observer que conduire…Chez toutes les dames, j’ai remarqué un phénomène curieux : ça leur prend un espace plus large pour passer. L’homme lui, prend le risque. Alors je me dis que ça doit être génétique, d’origine biologique. Peut-être que les femmes passent là où leur ventre, lorsqu’elles sont enceintes, peut passer.

" Quand on les interroge sur leur voiture idéale, on s’aperçoit non seulement que leurs attentes sont tout à fait opposées mais surtout que leur choix ne correspond pas toujours à leur besoin réel, continue l’auteure.Même pères de famille, les hommes rêvent d’un coupé cabriolet, d’une voiture sportive, conquérante, souligne un responsable de la stratégie publicitaire Renault. Ils veulent pouvoir rouler vite et seuls. Les femmes, dès avant 25 ans, rêvent d’une voiture familiale, spacieuse, conviviale. Elles évoluent dans le partage avant même d’être mères. " "

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Les manipulations génétiques

D’après :

" Pourquoi créer des plantes transgéniques? ", Science Illustrée, Nº 5, mai 1998.


On rapporte dans Science Illustrée le résultat d’une expérience transgénique tentée sur la tomate. " Supposons, écrit-on dans l’édition de mai dernier, qu’on désire obtenir une tomate capable de pousser dans un sol à forte concentration en sel. Il suffit de trouver un gène qui possède cette qualité et de l’introduire dans l’ADN de la tomate. On aura ainsi créé une tomate capable de pousser sur les sols secs. La première plante transgénique, la tomate Flavr Savr, a été commercialisée aux États-Unis en 1996. Elle reste ferme plus longtemps que les tomates non modifiées, car les chercheurs y ont bloqué le gène du mûrissement. Mais le verdict des consommateurs a été sans appel : Flavr Savr, totalement insipide, a fait un flop retentissant. Aujourd’hui, d’autres tomates au mûrissement ralenti ont fait leur apparition dans les assiettes des Américains et Canadiens, et dans les concentrés de tomate des Anglais. Depuis, d’autres variétés ont été créées. Elles résistent aux parasites, aux moisissures ou aux virus. "

En 1996 donc, c’était la première fois, du moins pour nous le grand public, qu’on procédait à une manipulation génétique : fabriquer un organisme génétiquement modifié, un " OGM ", je le précise, parce que les scientifiques nous obligent de plus en plus à parler un langage technique et nous, pauvres citoyens, sommes obligés de les suivre dans des avenues parfois mal carrossables…

D’après :

PELT, Jean-Marie. Plantes et aliments transgéniques, Paris, Fayard, 1998, 170 p.

PELT, Jean-Marie. Plantes et aliments transgéniques, Paris, Fayard, 1998, 170 p.


Plantes et aliments transgéniques

Après celle de la tomate, l’expérimentation s’est poursuivie. Le colza, par exemple, qu’on a marqué d’un gène de sangsue. Vous prenez un gène chez la sangsue et vous l’introduisez dans l’ADN du colza, qui est une céréale et cela fait produire " un anticoagulant du plus haut intérêt thérapeutique qui s’appelle l’hirudine, explique Jean-Marie Pelt dans Plantes et aliments transgéniques, son dernier ouvrage paru cette année aux éditions Fayard. Une autre manipulation sur le même végétal a conduit à le faire sécréter un enzyme efficace dans la lutte contre une grave maladie héréditaire : la mucoviscidose. Et, toujours greffé sur le colza – décidément, c’est vraiment une plante à tout faire! –, un gène bactérien lui confère une tolérance à la glufosinate, l’herbicide " Liberty ". "

Dans son ouvrage, Jean-Marie Pelt - ce scientifique français qui occupe un poste important dans le monde de la recherche - écrit : " Les organismes retransformés naturellement ou issus de cette instabilité auront alors des caractéristiques différentes non prévisibles, qu’ils en viennent à perdre leur caractère nouveau, ou à le modifier, ou à en modifier d’autres, selon un remaniement génétique qui est donc imprévisible à l’aide de nos connaissances actuelles. Par conséquent, répandre les fruits de nos transformations génétiques dans le commerce et la nature présente en général, et à n’en pas douter, des risques nouveaux. "

Il y a du pour, il y a du contre. L’argumentaire développé en faveur des biotechnologies du génie génétique est résumé par le propos qui suit : " Il serait irresponsable et ce serait faire preuve d’un manque total de perspicacité de ne pas exploiter au maximum les possibilités offertes par ces technologies. Elles soulageront - du moins en partie - les besoins d’une population croissante et permettront d’augmenter la valeur économique de l’agriculture, tant dans les pays développés que dans les pays en voie de développement.

 - Mais où est donc à ce moment-là le risque? - […] Il faut toutefois souligner que les scientifiques ne sont pas tous d’accord, tant s’en faut, avec cette vision prométhéenne du progrès. Maintes fois s’expriment sous leur plume interrogations et réserves, quoique plus souvent suggérées qu’amplement développées. Il faut parfois savoir lire entre les lignes, car il est plus difficile, pour un chercheur, de s’interroger à voix haute sur les objectifs, les méthodes, voire les dérives de sa propre discipline."

Si je vous parle de tout ça c’est que, d’abord, du point de vue scientifique, c’est très important : la génétique est l’une des grandes révolutions dans le domaine de la biologie. On dit même qu’après la grande révolution qu’a connue la physique, on est en train de connaître une révolution dans la biologie moléculaire. Maintenant, c’est le génie génétique qui fait parler de lui.

D’après :

DUBÉ, Catherine. " Modifier les animaux? De quel droit? ", Québec Sciences, novembre 1998.


Chez les animaux

Dans Québec Sciences de novembre 1998, une photo illustre parfaitement ce qu’on peut faire avec les manipulations génétiques. Et comme démonstration, c’est assez étonnant : on nous montre des souris phosphorescentes. En effet, on a greffé aux souris un gène qui rend possible la phosphorescence. Quatre petites souris qui sont devenues tout à coup très fluo. Une chance qu’on ne les met pas sur le marché parce que tous les enfants en voudraient, c’est certain.

Dans ce même article, on explique que des scientifiques prennent position. Les uns pour, les autres contre, certains ont des réserves, etc. L’un d’eux, François Pothier, chercheur au Centre de recherche en biologie de la reproduction de l’Université Laval, affirme que : " La limite à considérer dans les modifications génétiques animales, c’est le bien-être de l’animal. Par exemple, on peut faire souffrir un porc en le faisant devenir plus gros, plus rapidement. " Il n’y a pas que les porcs qui arrivent à devenir plus gros, plus rapidement… [rires]

Transgénèse: "Chaque application doit faire l’objet d’une réflexion".On parle de la transplantation également, de la possibilité des greffes avec des corps qui viennent d’autres espèces : la xénogreffe. Par exemple, à propos de la transplantation d’organes de porc, François Pothier affirme : " C’est, selon moi, la plus belle application de la transgénèse. Chaque application doit faire l’objet d’une réflexion. Mais, pour cela, les gens doivent être informés. Déjà, on utilise l’insuline de porc depuis des décennies. Il n’y a jamais eu de problèmes. Pourquoi y en a-t-il avec les xénogreffes? "

Je ne suis pas qualifié pour prendre position sur cette question mais je pense que c’est important de vous communiquer ces informations parce qu’elles sont d’excellentes pistes de réflexion. Toutes ces expériences sont peut-être fabuleuses du point de vue de la science, mais il faut se demander si le fait d’intervenir de la sorte sur la nature, au point de devenir des co-créateurs du monde vivant, est souhaitable, utile, et surtout dangereux? Est-ce que ça comporte des risques? Je vous dirai franchement que tout comporte des risques dans la vie, alors ça ou autre chose…

Ça peut changer le rapport de l’humanité avec la nature, souligne un autre scientifique interrogé, Bernard Keating, professeur de théologie à l’Université Laval. " Une autre question importante à se poser, dit-il, c’est de savoir si les manipulations génétiques sont vraiment au service de l’humanité ou si elles sont au service des multinationales. " Parce qu’il ne faut pas se le cacher : c’est extrêmement intéressant du point de vue commercial.

Dollie" Pour parvenir à cet étonnant bricolage, explique l’auteure de l’article, Catherine Dubé, on insère dans le génome de l’animal un gène humain qui commande la production d’une substance utile en pharmacie, l’hormone de croissance, par exemple. Avant de greffer le gène, on organise sa partie régulatrice pour que la production de la substance se fasse dans le lait et pas ailleurs. " Et ça va être le lait de cet animal qui va nous transmettre un anticorps ou une vertu thérapeutique quelconque. L’auteure nous fournit ici une liste incroyable d’entreprises participant à la création d’animaux transgéniques : " PPL Therapeutics, associée au Roslin Institute qui a créé la brebis Dolly, Genzyme au Massachusetts, Pharming aux Pays-Bas et Nexia Biotechnologies à Montréal, seraient les seules entreprises à s’être lancées dans l’aventure. "

D’après :

THURIAUX, Pierre. " Plantes transgéniques et procrastination ", La Recherche, Nº 313, octobre 1998.


Au quotidien

Dans un article publié dans La Recherche, Pierre Thuriaux, un généticien de grande réputation, estime que : " Avec les plantes transgéniques, le génie génétique passe dans notre vie quotidienne. Le public veut à juste titre être convaincu de leur innocuité. Le problème, c’est qu’aucune analyse scientifique ne le rassurera jamais complètement sur ce point. "

Il y a tout un débat qui découle de cette question. On étudie, par exemple, la question de la résistance aux antibiotiques qui s’est développée chez les humains. On explique notamment que les résistances aux antibiotiques " ont gagné les espèces pathogènes sous l’effet d’échanges génétiques amplifiés par la surprescription des antibiotiques et par l’ajout systématique de ces antibiotiques dans les aliments pour bétail.  "

" Ce travail d’hybridation génétique, note Jean-Marie Pelt, s’effectuait jusqu’ici à l’intérieur des barrières sexuelles séparant les espèces; ces barrières, selon les cas, délimitaient strictement une espèce donnée, sans aucune possibilité d’hybridation avec quelque autre espèce que ce soit, ou, au contraire, englobaient des espèces très voisines (dites affines), par exemple l’âne et le cheval, dont l’hybride, le mulet, est d’ailleurs stérile. "

Un peu plus loin, il dit qu’il existe parfois des accidents dans la nature qui sont très intéressants à observer : les " chimères ", par exemple, c’est-à-dire des " organismes composés de deux (ou plus rarement de plusieurs) variétés de cellules ayant des origines génétiques différentes ". Très souvent, ces chimères ne peuvent pas se reproduire, comme le mulet. D’une certaine façon, la nature cherche à se protéger. Cela dit, il y a des accidents qui se produisent dans la transformation, dans l’évolution des gènes qui font que ça ne se passe plus comme dans la génération précédente, et que l’espèce est en train de prendre un virage au plan évolutif. Quand on parle de chimères, on parle aussi de roses aux pétales bleus, on parle de noyers qui porteraient des cerises, de concombres qui pourraient fructifier sur un plan de poireau. Qu’est-ce que ça donne? me direz-vous… Eh bien, pour l’instant, ça donne des exemples, sans plus, mais peut-être qu’il y aura un jour des avantages à cela, qui sait?

Il existe bien de ces chimères que sont les greffes; mais point de reproduction sexuée en l’occurrence : le greffon est une bouture portée par le porte-greffe, mode de reproduction végétative propre au monde végétal et aux micro-organismes. Pourtant il n’est d’ordre qui n’appelle une transgression, explique Jean-Marie Pelt. Les plantes transgéniques - à cet égard fort bien nommées - expriment précisément cette transgression des lois ordinaires de la nature. Par là, désormais, les gènes ne sont plus enfermés dans les barrières de l’espèce – c’est vraiment une partie importante de la définition – au sein de laquelle ils se propagent de génération en génération, mais ils acquièrent une singulière mobilité - et toute la question est là. Ils deviennent en quelque sorte des " voltigeurs " que l’on voit sillonner en tous sens le ciel de la biologie. - C’est-à-dire que si vous prenez un gène de tel animal qui a telle vertu et que vous le placiez à l’intérieur de l’ADN d’un autre animal, il va se retrouver, par exemple, avec la peau phosphorescente - pour revenir à nos souris…

C’est qu’en effet n’importe quel gène - du moins en théorie - peut désormais être décroché de l’animal, de la plante, du micro-organisme, voire de l’homme qui le porte, pour être introduit dans une autre espèce, souvent très éloignée de celle du donneur. Ainsi voit-on déjà des gènes de bactéries greffés sur du maïs pour le rendre notamment plus résistant à l’un des prédateurs naturels, la pyrale; ou du tabac qui synthétise de l’hémoglobine, faisant ainsi virer l’univers des plantes - le " monde vert " - au rouge vif, voire au rouge sang! L’on pourra voir des cochons engraisser plus vite du fait qu’on leur aura implanté un gène humain. " Je le savais qu’on avait un problème de gènes nous, de ce point de vue-là! [rires]

L’idée, c’est d’arriver à se familiariser peu à peu avec tout ça. On ne peut pas ignorer des phénomènes et des processus qui font partie de notre monde et entrent de plus en plus dans notre vie quotidienne. Vous en mâchez déjà du transgénique, et vous ne le savez même pas…

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Le principe de précaution

Le risque sociotechnologique


Pour compléter mon propos d’aujourd’hui, je me suis documenté un peu sur l’ensemble des risques que tout cela comporte. Je lis ici, dans le chapeau d’un article de Ça m’intéresse : " Plantes transgéniques, déchets nucléaires, produits chimiques… Comment faire face aux risques incontrôlés? " En tout cas, pour ce qui est des déchets nucléaires, on n’a pas le droit d’avoir de doute, parce qu’on en connaît maintenant les risques très graves. Mais à propos des plantes transgéniques, on est en train de se poser des questions.
D’après :

PIANTADINA, Thierry et SAMUEL, Laurent. " La terre, cobaye des hommes ", Ça m’intéresse, automne 1998.


Paul Virilio, architecte, urbaniste, professeur à l’Institut Pasteur et auteur de La bombe informatique, réfléchit à cette question – et c’est amusant parce que ça va dans le sens de mes opinions. J’en ai si peu mais il y en a une à laquelle je tiens beaucoup : celle que toute solution crée un problème. -Le principe de précaution est lié aux grands crimes et aux grandes catastrophes du 20e siècle. Il est aussi lié aux inventions : chaque fois que nous avons " innové " un objet, nous avons " innové " un accident spécifique. Le naufrage pour la navigation, le crash pour l’aviation, l’électrocution pour l’électricité, Tchernobyl pour le nucléaire, etc. Avec les engins techniques anciens, nous ne produisions que des accidents locaux, mais avec les nouvelles techniques, ils risquent de s’étendre au monde entier. Le principe de précaution est lié à ce constat qu’il n’est pas d’acquis sans perte. "

Mais alors qu’est-ce que c’est que ce principe de précaution? " Une formule qui, au-delà de l’idée, évidente mais vague, de prudence, reste obscure aux yeux de la plupart d’entre nous. […] Le principe de précaution consiste à faire comme si le pire était certain, afin d’adopter le spectre d’action le plus large pour s’en prémunir. "

Des juristes, des tas de chercheurs se penchent sur cette question. Et ça a été arrêté de façon plus officielle dans la Convention de Vienne qui s’est intéressée à la couche d’ozone, en 1985, avant de devenir un principe fondateur du droit international de l’environnement avec le Rapport Bruntland sur le développement durable. Puis, le Sommet de la Terre de Rio, en 1992, le consacrait en ces termes : " En cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l’absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l’environnement. "

C’est intéressant de savoir que ce principe de précaution existe et qu’on commence à l’appliquer. La mise en œuvre est peut-être compliquée mais c’est la seule solution, dit-on, pour éviter que des populations entières servent à leur insu d’animaux de laboratoire.

Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

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