PAR...
|
Émission du jeudi 18 mars 1999
|
| |
Le savoir
" À 100 ans, je nai pas la prétention
de tout savoir, mais jen sais bien assez pour ce qui me reste
à vivre. "
Cest un centenaire qui a eu ce mot merveilleux.
La santé
" Jai décidé dêtre heureux parce que cest
bon pour la santé. "
Un bon mot de Voltaire
|
| |
La spiritualité laïque
|
| |
Il y a quelque temps de cela, je vous ai parlé de
spiritualité laïque,
et ça a frappé certaines personnes. Je vous avais communiqué quelques
paragraphes dun article de Patrice van Eersel, paru dans Nouvelles
Clés, qui sintitulait : Un
besoin de spiritualité, avec ou sans Dieu. Un titre qui
peut paraître curieux, contradictoire... Peut-être vous souvenez-vous
de lexplication de cette nouvelle et différente démarche spirituelle?
|
 |
D'après : |
VAN EERSEL,
Patrice.
" Un besoin de
spiritualité avec
ou sans dieu ",
Nouvelles Clés,
Nº 19, automne
1998.
|
" La première explication serait individuelle et mystique,
expliquait Patrick van Eersel. Dans un ordre de démarche très classique,
on a vu en effet certaines conversions spectaculaires chez les intellectuels
matérialistes. Depuis la fin du 19e siècle, certains dentre
eux avaient conclu un peu vite à la ' mort de Dieu '. "
Or, ce quexplique M. van Eersel, cest que les choses ont changé
si bien que Dieu est de nouveau vivant. " Une autre serait
plus culturelle, continue-t-il, et se signale de façon logique au
sein des organisations. La débâcle de lutopie marxiste-léniniste et
du socialiste réel (soviétique) a brusquement emporté
avec ses flots furieux tout un édifice idéologique. [
] Mais il se
passe aujourdhui un phénomène très différent, qui exige une troisième
explication. Comme si le champ social entier était peu à peu investi par
une problématique spirituelle. Entendons-nous : spirituel est aujourdhui
un mot qui rassemble à la fois toutes les recherches métaphysiques et toutes
les quêtes mystiques. " Très important de retenir cela.
Lauteur poursuit plus loin ainsi : " Dans louvrage
collectif, LOccident en quête de sens, préfacé par Jean Daniel,
reprise dun numéro spécial du Nouvel Observateur, le tandem Catherine
David et Jean-Philippe de Tonnac, conclut par un " Éloge du
simple " : ' Le culte rendu au progrès a fait oublier
la simple question du bonheur [
] . Les sages cyniques de lAntiquité
affirmaient quon ne devait emporter, quand on allait en mer, que
des bagages qui puissent surnager si le bateau sombrait. Conseil salutaire
pour un monde qui entre dans lère de la survie planétaire. " Que
de choses dont je nai pas besoin ", disait Socrate. -
Je pourrais en dire autant et sans être aussi philosophe que lui,
car le contenu de sa réflexion me rejoint terriblement. Que de choses
dont je me suis entouré et auxquelles je reste attaché. On nen sort
plus! Et cest un fait : nos vies, nos pensées,
nos désirs sont confus. Nous avons perdu le sentiment de lessentiel.
Au moment où précisément, il faut faire le tri des bagages avant de se
jeter à leau. ' " Réjouissante perspective. Ce
qui va dans le sens de cette interrogation : Pourquoi parle-t-on
de spiritualité laïque?
Il y a aussi cet entretien avec Mathieu Ricard, un personnage dont je
vous ai déjà parlé, qui est coauteur dun ouvrage tout à fait remarquable
avec son père, Jean-François Revel. Ce qui est étonnant, cest que
Ricard est un moine bouddhiste et son père est un humaniste, un intellectuel,
maintenant membre de lAcadémie française, et qui se dit athée. Alors
le dialogue entre les deux est tout à fait remarquable. Dans cette perspective
de laïcité, on a donc interrogé le fils en lui posant cette première question :
" On entend parler beaucoup de spiritualité laïque. Cette
notion a-t-elle un sens pour vous? "
|
 |
Daprès :
|
VAN EERSEL,
Patrice.
" Entretien avec
Mathieu Ricard ",
Nouvelles Clés,
N° 19, automne
1998.
|
Entretien avec Mathieu Ricard
" Bien sûr, répond ce moine bouddhiste,
et elle intéresse énormément le Dalaï-Lama, pour qui elle concerne
au moins la moitié de lhumanité. De plus en plus de gens nentretiennent
plus le moindre rapport avec la religion de leurs ancêtres ou pratiquent
encore, mais de façon tiède, sans croire à limportance cruciale
de ce quils font, alors quils continuent évidemment à avoir
grand besoin de tendresse, de rapport compassionnel, de tolérance, damour
car ce sont là des dimensions vitales de la vie humaine. Les religions,
elles, ne sont pas obligatoires. On peut vivre, et bien vivre, sans elles.
Lamour, en revanche, on ne peut pas sen passer. Il faut donc
apprendre à le pratiquer et à transmettre cette pratique dans la vie de
tous les jours. Être plus altruiste, plus en accord avec les membres de
sa famille ou du lieu où lon travaille. Voilà qui est essentiel.
Intéressant de voir comment cest ramené à notre
quotidien. Cest facile à comprendre mais pour ce qui est de le pratiquer,
cest autre chose
" Cela dit, poursuit
Mathieu Ricard, il est évident que les religions sont destinées à élever
lamour et la compassion à un niveau plus haut, et à approfondir
la connaissance de soi [
]. Mais il ne faut pas en conclure pour
autant quune spiritualité non religieuse, une ' spiritualité
laïque ' comme vous dites, naurait pas de valeur : une
bonne moitié de lhumanité en a même grand besoin et il faut laider
à lacquérir. [
] Ce serait une erreur, je pense,
de confondre laïcité et esprit anti-religieux une précision
importante parce que le mot " laïque " est parfois
interprété dans le sens danti-religieux En réalité,
les religions recherchent en partie le même but que lhumanisme laïc :
ce sont les mêmes qualités en plus vaste. Limportant est dapprendre
à vivre avec dautres, à tolérer les différences, à porter secours
à celui qui est dans le besoin. Bref, se mettre daccord sur une
éthique, une morale. "
" Cependant, lui rétorque-t-on dans cette entrevue,
de plus en plus gens se présentant comme athées ou agnostiques disent
éprouver le besoin daller au-delà de la morale, celle-ci leur apparaissant
comme un horizon limité. Comme sil y avait un besoin de transcendance
même sans religion ni Dieu. " " [
] La morale,
répond Mathieu Richard, est un aspect essentiel de la connaissance
de la nature humaine, de la souffrance et des moyens de latténuer,
voire de larrêter. Si, dans ma pratique de vie quotidienne, je parviens
à comprendre que tout ce que je fais à autrui, je me le fais à moi-même,
jopère déjà un grand progrès dans la voie de laction. Par
la seule morale, je peux apprendre à exercer mon sens du jugement, pour
distinguer ce qui me tourmente et ce qui mapporte la paix, et donc
mieux me connaître. "
Plus loin, il est question de gens qui adhèrent à lidée dune
transcendance et qui pourtant ne croient pas à un dieu créateur. " Comment
un bouddhiste ne comprendrait-il pas ça? dit le moine. Parce
que cest exactement la pensée bouddhiste, qui est athée dune
certaine façon. Le dharma la voie bouddhiste
est entièrement basé sur lexpérience intérieure, qui est une recherche
éminemment profonde et difficile, et ne fait jamais appel à un démiurge,
à un Dieu personnel. Sur ce plan, ce nest pas très étonnant que
beaucoup de nos contemporains éprouvent de la sympathie pour le bouddhisme. "
Sa définition, comme vous le voyez, est claire et nest pas non
plus anti-religieuse.
" On sent une certaine prise de conscience, remarque-t-il
aussi. Limmense soif de confort matériel qui habite les Occidentaux
a atteint une limite. On se rend compte que ce nest pas ça le bonheur
doù un certain désarroi, car lessentiel des vies
occidentales est bien tourné vers le confort, qui fait négliger aux gens
beaucoup dautres aspects de la vie. Les Occidentaux redécouvrent
aujourdhui que le bonheur, seule une recherche intérieure peut vous
lapporter. Cette quête intérieure peut sinscrire dans une
religion, mais pas nécessairement. "
|
 |
Daprès :
|
VAN EERSEL,
Patrice.
" Entretien avec
Jean-Paul Guetny ",
Nouvelles Clés,
N° 19, automne
1998.
|
Entretien avec Jean-Paul Guetny
Voici une entrevue maintenant avec le rédacteur en chef du mensuel catholique
LActualité religieuse dans le monde, Jean-Paul Guetny. On
lui demande : " Si je vous dis ' spiritualité laïque ',
quen pensez-vous? " Il dit : " Commençons
par analyser ces deux mots séparément. Si jentends ' spiritualité ',
je pense dabord à ce quon men apprenait lorsque je faisais
mes études. [
] Aujourdhui, le mot religion a tendance à effrayer
par son caractère apparatchik, rigide, contraignant et quasi matérialiste.
Alors que le mot spiritualité recouvre désormais tout ce qui est sensé
aider lindividu à se libérer, à se redécouvrir lui-même et à souvrir
à des dimensions supérieures. En même temps, religion renvoie au dogme,
à la théorie, alors que spiritualité suppose une pratique de
méditation ou de prière -, où la personne se trouve engagée corps
et âme. Du ' spi ' au ' psy ' sont ainsi apparues
toutes sortes de passerelles que beaucoup de gens nhésitent pas
à franchir allègrement. Jen reviens à votre question : un phénomène
moderne fait que la recherche spirituelle nest plus du tout le monopole
de la religion. Aujourdhui, même des individus anti-religieux annoncent
des quêtes quon est bien obligé de qualifier de spirituelles. Certaines
sont dordre ésotérique. Dautres cherchent à dégager un langage
commun à plusieurs courants : croyants agnostiques et même athées.
Du coup, je dois dire que le mot laïcité se trouve lui aussi soumis à
une rapide évolution... "
" Au fond, quest-ce qui a changé? "
lui demande-t-on plus loin. " Les ' maudites questions ',
comme disait Dostoïevski en parlant de la vie, de la mort, de lamour,
de la solitude ou de Dieu " [rires]
' Les maudites questions! ' Je ne connaissais pas cette
formule, mais vous pouvez être certain que je vais en abuser
-,
toutes ces grandes questions, auxquelles les idéologies matérialistes
issues du 19e siècle avaient cru pouvoir clouer le bec se reposent
à nouveau crûment. Comment en irait-il autrement? Alors, on nose
plus trop y répondre de manière péremptoire. On chercherait plutôt un
espace où lon pourrait en parler. Tout le monde évoque la ' quête
de sens ', et voilà que les mots de spiritualité et de laïcité redeviennent
compatibles, parce que débarrassés de leur fardeau danathèmes et
donc maniables par chacun. "
On parle plus loin de ce que cela rend possible le dialogue interreligieux.
Guetny commente : " Cela provoque de fortes résistances
de la part des religions qui, contraintes de reconnaître que ' lautre '
détient une part de vérité, se trouvent sérieusement secouées. [
]
Vous voyez se dessiner de grandes tendances. Selon les époques, telle
religion répond mieux que dautres à certains types de demandes.
Dans le Nord de lItalie, on peut montrer que lessor de la
spiritualité est corrélé très tôt au mouvement de libération des femmes.
Intéressant. Aujourdhui, le christianisme,
qui a le plus le vent en poupe, est extrêmement émotionnel et fusionnel :
on pleure, on rit, on chante, on se touche ce sont tous les
mouvements pentecôtistes chez les protestants, et charismatiques chez
les catholiques. De son côté, le bouddhisme correspond bien à lépoque
où nous entrons, notamment grâce à sa réflexion sur la souffrance et sur
la thérapie. "
" Sans compter que la ' Sublime Vacuité ' répond
mieux à notre besoin de transcendance que ' Dieu le Père barbu '!,
lui fait-on alors remarquer. [
] Également dans la science dailleurs,
où lidée dincomplétude revient de plus en plus souvent. "
" Et les scientifiques, tout comme les gens de médias, ajoute
M. Guetny, obligent du coup les religieux à complètement revoir leur langage.
Le même discours na pas du tout le même effet selon quil est
tenu par un journaliste ou par un prêtre le ton de ce dernier,
révérencieux, compassé, allusif, ne passe généralement pas. Doù
la nécessité que des non-clercs, des laïcs donc, se penchent sur limmense
patrimoine des religions et les mettent à la disposition de lhumanité.
Nest-ce pas assez étonnant comme ouverture? Que
cherche chacun de nous? Un minimum de sagesse pour réussir à ' assumer
ses échecs ', à ne pas se laisser ' submerger par ses angoisses ',
pour ' lâcher prise ' et ' vivre linstant dans sa
plénitude ' autant dexpressions en vogue aujourdhui.
Or, que remarque-t-on? Ces mêmes personnes se ruent sur tous les livres
de spiritualité qui, de Lao Tseu aux pères du désert, leur disent comment
les sages répondaient à ces questions. Partout, on réclame des recueils
de citations de sagesse. "
|
| |

|
| |
- |
| |
Rûmî et le soufisme
|
| |
Il faut que je vous dise : depuis un certain temps, je traîne une
petite note que je perds et que je retrouve. Ou plutôt, cest elle
qui me retrouve... Une note que jai écrite après mêtre rendu
compte que Djalâl-od-Dîn Rûmî était devenu extrêmement populaire. Jai
ouï-dire quen Europe le personnage de Rûmî avait donné lieu à
des rencontres, des discussions.
|
 |
Daprès : |
DE VITRAY, Eva.
Rûmî et le
soufisme,
Éd. Du Seuil,
coll.
" Maîtres
spirituels ",
1977.
|
Aux États-Unis, également, et on laurait même mis en chanson quelque
part. Rûmî est un personnage extrêmement important : cest lun
des plus grands mystiques qui ait vécu sur cette planète. Il est associé
au soufisme qui est la branche mystique de lIslam. Il y a tellement
de choses qui sont de lui quon ne sait pas que ça vient de lui :
comme lidée de dire que nous sommes à la fois unique, chacun dentre
nous, mais que nous faisons partie du même tout, que nous procédons tous
de la même conscience. Limage quil a employée pour illustrer
cela, cest que chacun de nous est une goutte de locéan mais
aussi locéan. Il a dit aussi nous sommes le reflet de la lumière,
mais nous sommes aussi la lumière. Rûmî avait une vision hautement tripative,
je dirais, que lon retrouve en particulier dans son ouvrage Odes
mystiques. Je vous en communique quelques extraits. |
| |
Jétais neige, à tes rayons je fondis;
La terre me but; brouillard desprit,
Je remonte vers le soleil.
Beaucoup de ses images sinspirent de la nature.
Notre mort, cest nos noces avec léternité "
Rûmî
Sur la mort, il dit quelque chose détonnant. La mort, de
la façon dont elle est perçue chez Rûmî et les soufis, cest comme
la nuit des noces : " Cest du 17 décembre quil
sagit, en Turquie chacun le sait; le jour où lon commémore
le départ pour la vie éternelle de celui qui, durant toute son existence
terrestre, avait aspiré à la suprême rencontre. " Cest
ainsi quon le présente dans un petit ouvrage de Eva de Vitray-Meyerovitch
intitulé Rûmî et le soufisme.
Lorsquil était malade, sa dernière maladie dailleurs, un
ami était venu le visiter pour lui souhaiter une prompte guérison et Rûmî
lui avait répondu : " Quand entre lAmant et lAimé
il ny a plus quune chemise de crin, ne voulez-vous pas que
la lumière sunisse à la lumière? " Il faut savoir
que dans la pensée soufie le Moi est lun et le Soi est lautre.
Il aurait pu dire aussi : que la goutte deau retourne à
locéan. Il aurait récité, à cette occasion :
Pourquoi serais-je affligé, puisque chaque parcelle de mon être est
épanouie? Pourquoi ne sortirais-je pas de ce puits? Nai-je pas
une corde solide?
Jai construit un pigeonnier pour les pigeons des âmes.
Ô oiseau de mon âme! Envole-toi, car je possède cent tours fortifiées.
Il avait aussi mis en garde " ceux qui auraient été tentés
de se livrer aux regrets ", suite à son départ :
Quand au jour de ma mort on portera ma bière
Ne pense pas que mon cur soit resté en ce monde.
Ne pleure pas sur moi, ne dis pas : ' Malheur, malheur! '
Tu tomberais dans le piège du démon : cela, cest le malheur.
En voyant mon cadavre, ne técris pas : ' Parti, parti! '
Lunion et la rencontre seront miennes à présent.
Si tu me confies à la tombe, ne dis pas : ' Adieu, adieu! '
Car la tombe nous voile lunion du paradis.
Tu as vu le déclin; découvre lélévation.
À la lune, au soleil, le coucher causera-t-il du tort?
À toi, cela paraît un coucher : en réalité, cest une aurore.
La tombe te semble prison? Cest la libération de lâme.
Quelle graine semée en terre qui nait un jour germée?
Pourquoi douter? Lhomme, lui aussi, cest une graine enterrée.
Wow! Quand je pense que pour écouter des émissions comme celle-là, ça
vous coûte à peine douze sous par année, en impôt. Rûmî vous est offert
sur un plateau dargent, pour un seul sou par mois!
Je vais vous dire quelque chose de très personnel : quand je partirai,
jaimerais bien quon lise ce petit texte.
Dans certains milieux, Rûmî est devenu une véritable coqueluche. Mais
il faut dire que je lai déjà attrapée aussi : cest un
personnage tellement étonnant! Voilà un autre exemple de ce quil
écrit, lorsquil parle par exemple du pèlerin sur la voie,
dans ses Odes mystiques :
Dès linstant où tu vins dans le monde de lexistence,
Une échelle fut placée devant toi pour te permettre de tenfuir.
Dabord, tu fus minéral, puis tu devins plante;
Puis tu devins animal : comment lignorerais-tu?
Puis tu fus fait homme, doué de connaissance, de raison, de foi;
Considère ce corps tiré de la poussière : quelle perfection il
a acquise!
Quand tu auras transcendé la condition de lhomme, tu deviendras
sans nul doute un ange.
Alors tu en auras fini avec la terre; ta demeure sera le ciel.
Dépasse même la condition angélique, pénètre dans cet océan,
Afin que ta goutte deau puisse devenir une mer.
On peut penser ici à lévolution et à lidée de la réincarnation
à la fois. La raison pour laquelle Rûmî est si populaire, cest que
sa vision correspond beaucoup à celle que certains scientifiques, de la
physique en particulier, ont de lunivers et de sa réalité. En science,
les gens diront quil ny a pas plus de particules dans le monde
quil y en avait au moment du Big-Bang, ou de ce que vous pouvez
appeler la création.
" Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. "
Cest la même loi, au fond. Finalement, les particules dont moi
je suis fait étaient déjà là au moment de la création du monde. Ce nest
donc pas bête de dire : " Dabord tu fus minéral,
puis plante, puis animal.... " Même si je nai pas
lexpérience consciente ou inconsciente davoir vécu ces expériences
.
Vous pouvez linterpréter au sens de lévolution ou encore au
sens de la réincarnation, cest le même prix. Rûmî, cest un
grand classique.
Dans le cur passe une image : ' Retourne vers ta Source. '
Le cur senfuit de tous côtés loin du monde des couleurs
et des parfums,
En criant : ' Où donc est la Source? ' et en déchirant
ses vêtements, par amour.
|
|
|
 |