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Émission du lundi 14 juin 1999

La responsabilité parentale

La fête des Pères s’en vient! Ce qui veut dire que cette semaine les mères font les courses, les enfants n’ayant pas le temps ou le cœur de courir les magasins...

Il faut dire également que les pères ne sont plus ce qu’ils étaient, depuis que l’une des fonctions principales du père leur a été retirée, d’après ce que je comprends : il s’agit du rôle d’interface entre la famille et la société, rôle qui était le leur autrefois. Cette fonction n’est plus là, et il y a bien des pères qui ne sont plus là non plus.

Je suis relativement fidèle à l’émission télévisée du dimanche soir Sixty Minutes : c’est une émission d’information, de reportage, etc., que je trouve admirablement faite, même s’il leur arrive parfois de commettre quelques impairs – en particulier, un impair très grave, lorsqu’ils ont abordé la question linguistique au Québec… Hier soir, par contre, ils ont soulevé un problème assez spécial et d’un point de vue sans précédent, pour autant que je le sache. Je vous résume un peu l’histoire : un jeune homme de 15 ans, au cours d’un pique-nique, assassine une de ses consœurs d’école. Il finit par reconnaître sa culpabilité et est condamné à la prison à vie. Mais l’histoire ne s’arrête pas là… La mère de la victime a décidé de poursuivre en justice les parents du jeune homme pour irresponsabilité parentale. Ce qui est un phénomène nouveau, et extrêmement intéressant à mon sens.

À quel moment les parents cessent-ils d’être responsables de leurs enfants? La question se pose, en général, mais dans le cas particulier qui nous intéresse maintenant, on apprend que le père du garçon lui avait offert le couteau de chasse dont il s’est servi pour assassiner la jeune fille. C’était un adolescent difficile : difficultés à l’école, abus de drogue et d’alcool de façon inconsidérée. Tout cela en aurait fait un délinquant, qui serait allé jusqu’à assassiner quelqu’un. Les parents, c’est certain, ont manqué de rigueur et de vigilance dans cette affaire. Jusqu’où va leur responsabilité en la matière, ou leur culpabilité, selon le point de vue qu’on aborde si on veut soulever la question? Un sujet bien troublant.

L’autorité parentale fait actuellement l’objet de moult colloques, d’ateliers, de publications, etc. Il semble que les parents ont l’impression d’être impuissants face au phénomène de la délinquance des jeunes. Il me revient que, en fin de semaine, dans La Presse du samedi (12 juin 1999), il était question d’enseignants qui avaient été victimes de la violence de certains voyous parmi leurs élèves : ils avaient été battus, insultés, etc. Il y a un problème là, c’est évident. Mais peut-on parler de la démission des parents comme certains le prétendent?

D’après :

SUBTIL, Marie-Pierre. " La démission parentale en question ", Le Monde de l’éducation, février 1999.


Un article paru dans Le Monde de l’éducation explique que des travailleurs sociaux, des enseignants, des magistrats, et des éducateurs spécialisés " se rendent compte de la vanité d’un travail réalisé sans la coopération des parents ". On parle de parents démissionnaires quand il s’agit de parents qui ont décidé d’ignorer ou de ne pas intervenir, mais on estime que les parents ont été " démissionnés ", en quelque sorte, parce que l’école joue un rôle, en théorie ou en pratique, tellement important que les parents n’ont plus l’autorité qu’ils avaient autrefois.

Puis, la culture évolue à une telle vitesse que les jeunes arrivent avec leur propre culture, leur propre système de valeurs et ce, depuis le début des années 60. Et ces valeurs que véhiculent les jeunes entre eux échappent complètement aux parents. De plus, à une époque où l’on met beaucoup l’accent sur les possessions matérielles, les adolescents se laissent facilement impressionner par ceux qui semblent forts et portent les emblèmes de la réussite matérielle : autoradio, voiture de luxe, etc. Et comme on le sait, quand les adultes sont fragiles, on peut les attaquer par la peur et la menace…

C’est une question qui me passionne car je suis père, et grand-père également, ce qui n’est pas sans responsabilités. Nous vivons dans une société qui est souvent difficile à saisir, au bout du compte. Je découvre dans les études qui sont faites que les pouvoirs publics ont compris qu’il est vain de lutter contre la délinquance sans en appeler à la responsabilité des parents. Mais, jusqu’où va cette responsabilité? En tous les cas, l’une des fonctions importantes que doit jouer le père, c’est de permettre à l’enfant de découvrir sa dimension sociale : car c’est le père qui, normalement, doit mener l’enfant dans le monde, dans la société; c’est lui qui doit l’aider, en quelque sorte, à s’intégrer à la société après s’être intégré à la famille. Le rôle de la mère, c’est autre chose : d’abord l’intimité du couple enfant-mère, ensuite la famille, le chez-soi, etc.

Bref, ce rôle du père n’existe presque plus d’où le fait, comme je le disais au début de l’émission, qu’il ne joue plus ou que rarement le rôle d’interface entre la famille et la société.

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Quels bénéfices tirez-vous
de votre maladie?

D’après :

HOBERMAN LEVINE, Barbara. Votre corps vous écoute. Ces mots qui vous rendent malade, Éd. Le Jour, 1999.

HOBERMAN LEVINE, Barbara. Votre corps vous écoute. Ces mots qui vous rendent malade, Éd. Le Jour, 1999.

Je lis ici la phrase suivante : " L’hypertension artérielle est une maladie qui semble reliée au sentiment d’impuissance. " Ce court extrait résume tout un exposé qui a été fait sur la question dans un ouvrage où l’auteure rappelle entre autres que, trois ou quatre chercheurs universitaires " ont passé en revue 48 études empiriques réalisées depuis une décennie, dans lesquelles l’hypertension artérielle est associée à divers facteurs psychologiques. Les chercheurs ont relevé trois traits psychologiques principaux chez les hypertendus :
  1. Colère/ hostilité.
  2. Difficulté à communiquer et à établir des contacts interpersonnels.
  3. Usage fréquent du déni et répression de soi. "

Ce discours n’est pas nouveau car il en a été question à plusieurs reprises, à propos du stress, du burn-out, etc. Mais, 10 ans plus tard, on s’aperçoit que des études plus poussées confirment tout cela. On parle donc d’une " approche psychologique qui devrait compléter et même remplacer certaines solutions médicales traditionnelles ".

sur les origines psychologiques et génétiques

Un des chercheurs, le Dr Greenberg de l’Université d’État de New-York, a participé à cette étude : " Nous avons l’impression que l’on a fort sous-estimé le rôle de la personnalité dans cette maladie, soutient-il. Il semble que l’on ait tendance à considérer bien des troubles comme ayant une origine exclusivement biologique. Nous pensons qu’une approche intégrée est nécessaire. " J’ajouterais que ce n’est pas seulement dû à la personnalité comme telle, mais qu’il faut également tenir compte des croyances que l’on véhicule, des opinions que l’on a, des valeurs, etc. Tout cela peut contribuer à provoquer la maladie ou du moins à l’entretenir.

Avec le recul – ce que l’on appelle finalement l’expérience –, je suis conscient évidemment de la dimension génétique et je pense à certaines difficultés que j’ai moi-même traversées et que je vis encore parfois – car elles sont latentes chez moi... Pour ce qui est de la dimension génétique, je crois qu’elle est certainement l’une des raisons du mal-être que j’éprouve à certains moments, mais je reconnais aussi avoir été, à certaines occasions, le créateur de conditions de vie ambivalentes; en somme, d’avoir entretenu des conflits entre les valeurs affichées et les valeurs vécues. Et ce climat psychologique que j’ai créé a pu favoriser l’éclosion de cette maladie qui est par ailleurs génétique. Il ne s’agit pas, lorsqu’on réalise une chose comme celle-là, de se culpabiliser ou de culpabiliser les autres, mais d’éveiller un certain sens de la responsabilité que l’on a face à son état de santé.

la responsabilité du malade

" Être responsable ce n’est pas se blâmer soi-même ", écrit Barbara Hoberman Levine dans un ouvrage qui s’intitule Votre corps vous écoute, paru aux Éditions du Jour, duquel je tire toutes ces informations.

L’auteure met particulièrement l’accent sur l’importance d’être conscient du vocabulaire qu’on emploie : " Cela me rend malade ", " J’en ai plein le dos du travail! ", " Je me creuse la cervelle, la tête va m’éclater ", " Je suis fou de chagrin ", " J’en fais une maladie ", " Le cœur va me manquer ", " J’ai la mort dans l’âme ", etc. Ce sont tous des messages qui finissent par véhiculer un discours et à créer une sorte de climat qui serait favorable à la progression de la maladie. " En reconnaissant la part que vous tenez dans la création de votre maladie, vous améliorez vos chances de recouvrer la santé ", écrit l’auteure, et je suis bien d’accord avec elle.

Elle suggère ensuite certaines questions à se poser qui " vous aideront, précise-t-elle, à clarifier votre volonté de vivre et le degré de pouvoir que vous croyez détenir sur votre vie " :

  1. Jusqu’à quel âge voulez-vous vivre? Vous aimez-vous assez pour prendre soin de votre esprit et de votre corps? Envisagez-vous l’avenir avec espoir ou appréhension?
  2. Que s’est-il passé l’année ou les deux années précédant votre maladie? – À supposer que vous ayez une maladie maintenant; et si vous n’en avez pas, demandez-vous si ce que vous êtes en train de vivre ne risque pas de vous rendre malade.  – Énumérez les expériences tant négatives que positives qui ont eu d’importantes répercussions sur vous. Exemple : mariage, divorce, décès d’un être cher, changement d’emploi ou congédiement, lancement ou perte d’une entreprise.
  3. Que signifie votre maladie pour vous?  – Très importante question. – La voyez-vous comme une condamnation à mort? Certaines personnes sont convaincues qu’elles survivront peu importe leurs chances de survie. D’autres s’attendent à mourir quelles que soient leurs chances de s’en tirer. Vous êtes un être unique et vous pouvez déjouer la chance dans un sens ou dans l’autre.
  4. En quoi cette maladie vous est-elle utile?  – On pourrait dire aussi : " Quels sont les bénéfices de cette maladie? Autre façon de formuler… – Comme la maladie donne souvent aux gens l’occasion d’éviter les choses qu’ils ne veulent vraiment pas faire, ou de faire des choses qu’ils ne se permettraient pas de faire dans d’autres circonstances, voilà une question cruciale à se poser quelle que soit sa maladie, grave ou bénigne. "
" pour être en santé et le demeurer, il est essentiel d’assumer la responsabilité de ses propres actions en reconnaissant quil incombe à chacun de nous d’attacher sa propre ceinture de sécurité ".


messages de la maladie et facteur de croissance

L’une des grandes découvertes que j’ai faites dans ma vie fut grâce à l’intervention d’une amie, excellente psychologue, pendant que nous promenions nos chiens dans la nature. Elle a commencé un jour à me parler de l’importance d’évaluer les bénéfices de la maladie, dans sa propre vie comme dans celle des autres. Elle me racontait que lorsqu’elle posait la question suivante aux patients qui venaient la consulter : " Est-ce que ça vous donne quelque chose d’être malade? ", généralement, ceux-ci réagissaient vivement en s’exclamant : " Si ça me donne quelque chose? Mais voyons, je suis malade! " Cela vaut pourtant la peine de prendre quelques secondes pour se demander si, justement, on ne tirerait pas quelque avantage de cette maladie.

Par exemple, vous êtes malade alors quelqu’un d’autre vous fait vivre ; ou encore, parce que vous êtes malade, cela vous permet d’embêter votre conjoint ou votre conjointe. Ou tout simplement pour prouver aux autres que vous aviez raison : " Je vous l’avais bien dit que j’étais malade! " Et même pour se prouver quelque chose à soi : " Je vous l’avais dit qu’on abusait de moi; je travaille trop dans cette maison! ", etc. Quand on sait quels sont les bénéfices de la maladie, on est beaucoup plus en train d’identifier chez soi le témoin de sa vie plutôt que l’être qui la vit. Bref, on devient plus responsable de soi.

Dans ce paragraphe, Barbara Levine cite un certain Milton Ward, auteur d’un livre intitulé The Brilliant Function of Pain : " ‘ Loin d’être terrifiante, la douleur est en fait une force brillante qui agit en notre nom et nous guide dans la vie, en autant que nous soyons disposés à l’écouter. ’ La douleur est un puissant message que le corps communique à l’esprit afin de lui indiquer le chemin de la santé ", ajoute l’auteure.

" Les maladies graves ou dégénératives peuvent être causés, entre autres, par des pensées et des sentiments négatifs. Loin d’être un événement à craindre, la maladie est souvent une force positive qui permet à la personne de discerner les changements à effectuer pour s’améliorer. – Dans la vie, quand on se retrouve pris dans la boue, c’est souvent parce qu’on n’a pas choisi la bonne route ou le bon char… [rires] – Pour opérer ces changements, elle [la personne] devra d’abord assumer la responsabilité de sa conduite. " J’ajouterais : prendre conscience de ses modèles de croyances et de ses valeurs. L’idée c’est que, au fur et à mesure que l’on se rend compte de ces modèles conscients, on fait de la place aux modèles inconscients, qui remontent tout à coup à la surface.

assumer sa responsabilité, mais savoir se pardonner

Un cancéreux affirme : " ‘ Le cancer nous apprend la reconnaissance et nous fait apprécier la vie. ’ " Un autre se dit convaincu que " pour être en santé et le demeurer, il est essentiel d’assumer la responsabilité de ses propres actions en reconnaissant quil incombe à chacun de nous d’attacher sa propre ceinture de sécurité ". C’est difficile d’assumer la responsabilité de sa maladie, j’en conviens.

" Il est normal que l’on soit sceptique, écrit l’auteure. Bien des gens ignorent qu’ils ont le pouvoir de se rendre malades ou de se guérir. L’idée que l’on cause soi-même sa maladie entraîne souvent une réaction initiale de peur, de colère ou de désarroi. Mais si vous réagissez [ainsi], il vaut peut-être la peine que vous examiniez l’origine de ces sentiments. Ils découlent peut-être du fait que vous mettez la responsabilité, la honte et la culpabilité dans le même sac. Vous n’avez peut-être pas coutume de vous pardonner vos erreurs, de rectifier votre conduite puis de ne plus y penser. "

Arriver à maîtriser tout cela, c’est être parfait. Mais si on est parfait, alors pourquoi vivre plus vieux? Personnellement, je veux tellement devenir parfait qu’il y a de bonnes chances que je meure centenaire! [rires] Si on me donne l’occasion de m’améliorer…

trouver le pourquoi

" Posez-vous les questions ci-dessous ou demandez à quelqu’un de vous les poser, propose l’auteure comme ‘ exercice autodidactique ’ :

  1. Quels facteurs pourraient avoir causé votre problème actuel?
  2. Quelle menace ou perte représente ce problème pour vous?
  3. Quel avantage en retirez-vous? – On semble insister beaucoup sur cette question, mais il s’agit d’un aspect que l’on se cache souvent à soi-même. C’est la raison pour laquelle je le souligne particulièrement.  –
  4. Comment faut-il traiter ce problème à votre avis? […]
  5. Avez-vous déjà été malade dans le passé à la même époque de l’année?  – Parce qu’il peut arriver que ce soit récurrent, d’une certaine façon. Par exemple, si pour vous l’été est associé à tel événement particulier, eh bien, quand la belle saison arrive, les problèmes de santé se réveillent… –
  6. Votre problème a-t-il commencé lors de l’anniversaire d’un événement traumatisant comme un décès, un divorce, un accident de voiture, un séjour à l’hôpital, etc.?[…]
  7. Voulez-vous vous en débarrasser? Pourquoi?
  8. Voulez-vous changer ou changer quelqu’un? Pourquoi? "

Bref, on nous dit : " Prenez position. – Agissez donc plutôt que de réagir.  – Détournez votre attention de la situation actuelle et concentrez-la sur votre objectif ", conseille Barbara Levine.

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Cicatrices écologiques

Pour finir l’émission, on va parler de la fin d’un certain monde…celui de l’ère des dinosaures. Ce pourrait être dû à une collision d’un météorite d’une dizaine de kilomètres de diamètre avec la Terre. Ce formidable choc serait vraisemblablement survenu au nord de ce qui est devenu le Yucatán. D’après les experts, cette catastrophe aurait été comparable à une explosion dix mille fois supérieure à la puissance de notre arsenal atomique actuel. Si on regarde simplement ce qui vient de se passer dans la guerre de la Yougoslavie...

Tout cela pour arriver à vous demander si vous êtes conscient du fait que la planète porte des cicatrices à la suite de collisions avec des météorites. Une d’entre elles se trouve au Québec. Saviez-vous que le beau décor de la Manicouagan a été creusé par la chute d’un météorite? En Australie, il y a le Woolf Creek Site et en Arizona, le gigantesque Meteor Crater qui a été causé, il y a 25 à 50 mille ans, par la chute d’un corps céleste dont l’impact équivalait à mille bombes d’Hiroshima.

Je tire ces informations d’un de ces nombreux articles qui nous disent : Attention! " Nous n’avons mis qu’une quinzaine d’années pour détériorer comme elle l’est aujourd’hui la couche d’ozone mais nous ne reviendrons au stade pré-industriel, si tout va bien, si le protocole – le protocole de Montréal signé en 1987, et dont personne ne s’est soucié – est suivi à la lettre, que dans un siècle. D’ici là, l’ozone continuera à subir les émissions de CFC des années 1960, 1970 et 1980. "

Il est bon de se remettre certains faits en mémoire et de les rappeler particulièrement à nos élus…

Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

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