Saison 1999-2000 |
Émission du lundi 30 août 1999 | ||||
Une 29e saison pour fêter 50 ans de radio! |
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De part et d'autre, on a évolué et,
en même temps, nous changeons ensemble. " À toi
SRC pour la vie! " Tiens, je pourrais me faire tatouer ça
sur le bras, d'autant plus que je vais célébrer mes 50 ans
de radio d'ici peu… Une chose est certaine : j'ai beaucoup aimé
passer ces cinquante années en votre compagnie et même que
j'espère devenir centenaire au milieu de vous [rires].
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| Le yoga de l'oral VS la stabilité de l'écrit | |||||
J'arrive aujourd'hui non pas avec un texte écrit mais avec des notes à partir desquelles je vais, comme d'habitude, improviser. Car j'ai opté à un moment dans ma vie pour l'oral par rapport à l'écrit. J'ai du coup accepté que le message soit incomplet, imparfait, comme ébauché. L'oral est, pour ainsi dire, toujours une ébauche éphémère, une communication dans l'instant qui n'offre pas de possibilité de retour. Mais ce choix que j'ai fait ne va pas sans une certaine frustration car il exige de l'écrivain que je suis aussi – un écrivain public, je dirais – d'accepter de passer aussi dans l'incomplet et l'éphémère. En même temps, j'ai le sentiment d'avancer sur un fil – comme je le fais maintenant – en pensant qu'il n'y a pas de filet en-dessous, ou presque. Si je trébuche sur trois phrases de suite, je perds la face, en me demandant : " Est-ce que je vais m'en tirer? " Et c'est finalement toujours à recommencer… Il y a des risques particuliers dans l'oral, qui est par ailleurs très gratifiant car il permet de rejoindre les êtres en profondeur. Marshall McLuhan faisait une distinction dans la perception entre le visuel et l'audio tactile. Pour toucher en profondeur, il faut passer par l'oreille; on rejoint alors les êtres au niveau des émotions. Ah, ce que j'aime vos émotions! L'écriture continue de m'intéresser, relativement en tous les cas, parce qu'écrire, c'est retenir un peu le temps, le moment présent, tandis que l'oral, consiste à vivre ce moment présent. Je serai toujours attiré, et pour le reste de ma vie, à la fois par la stabilité et la solidité de l'écrit, et par la magie particulière de l'oral – qui m'a d'ailleurs permis de faire une découverte au plan de la recherche intérieure. Car il m'est un jour apparu comme une forme de yoga : le yoga de l'oral. Ma démarche de communicateur est devenue pour moi une sorte d'ascèse. Cette conception de la communication rejoint, d'une certaine façon, un des principes que René Lévesque m'a communiqué, sans jamais l'exprimer, évidemment : car René Lévesque n'était pas homme à exprimer ce genre de principe, mais plutôt à en être lui-même l'incarnation. J'ai appris de lui l'importance de l'être par rapport au paraître. Il faut dire qu'à l'époque où j'étais associé à lui à la télévision, je venais du monde du spectacle et j'étais très soucieux de l'apparence. Alors que lui, il se préoccupait beaucoup plus de son authenticité que de son apparence. Tout se passe dans l'instant. Il faut donc se définir et s'investir totalement dans l'instant. C'est ainsi que l'oral m'apparaît parfois… une forme d'entraînement à être plus. Je découvre depuis Internet que l'oral a autant de chance de durer que l'écrit. Si vraiment durer est important… car je ne suis pas sûr de cela. En tout cas, je n'ai pas de prétention dans ce sens-là. D'ailleurs, sur ce site, vous avez peut-être lu cette citation de Confucius qui résume toute ma démarche : " Je n'invente rien, je transmets. " |
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| Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick | |||||
![]() Nicole Kidman et Tom Cruise dans Eyes Wide Shut, un film de Stanley Kubrick. |
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| è Pour les amateurs de la musique de Eyes Wide Shut |
Un film de Stanley Kubrick. Avec James Mason,
Shelley Winters, Peter Sellers et Sue Lyon. Kubrick joue souvent avec les tabous
et ça peut être troublant. Tout comme lorsque j'ai vu, pour
la première fois, le
film Lolita
qui est remarquable bien que très
daté, car il vient d'une époque où l'on ne pouvait
aborder certaines questions ouvertement. Dans cette histoire, il est question
de l'inceste. Encore là, on sait que la gamine couche avec un homme
d'âge mûr mais on l'apprend à travers le dialogue très
rapide de gens qui disent qu'il y a une rumeur que… Ce n'est pas très
clair. Il faut dire qu'on devait, à une certaine époque,
prendre beaucoup de précautions pour parler de sujets délicats.
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| Produits alimentaires :
les périls s’immiscent insidieusement |
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| Daprès : " Pour en finir avec les paniques alimentaires ", Courrier international, 25 août au 1er septembre 1999. |
Toujours est-il que, tout au
long de l'été, j'accumule et j'accumule. Puis tout à
coup, lorsque je veux mettre de l'ordre dans toute cette cueillette de papiers,
je me rends compte que c'est fou ce que j'ai trouvé d'articles américains
et européens – mais très peu du Québec, si ce
n'est un article excellent paru au mois d'août dans L'Actualité –
qui portent sur l'alimentation, sur les risques qu'il y a ou qu'il n'y a
pas à procéder à des transformations génétiques
des aliments, etc.
En Europe, c'est devenu une véritable folie. On se rappellera qu'il y a eu d'abord cette histoire de la vache folle, puis le poulet aux dioxines et le Coca-Cola retiré des étagères en Belgique. Mais ce n'est pas tout parce que, récemment, on a découvert que les farines alimentaires faites de résidus d'animaux – appelons-les comme ça pour être polis – continuaient d'être fabriquées avec bien peu d'attention et contenaient… Alors là, j'ose à peine vous le dire, je préfère vous citer quelques articles concernant la situation. Par exemple, un articulet du Courrier international relate que dans The Economist, un fonctionnaire d’une Commission européenne va jusqu'à poser cette question bien troublante : " Comment informer le public qu'il mange de la merde? " Nous sommes peut-être à l'abri de ce genre de situation ici, mais je n'en suis pas certain non plus. Pourquoi ne sommes-nous pas mieux informés de ce qui se passe chez nous? Peut-être simplement parce que nous n'avons pas, dans les budgets des médias, suffisamment d'argent – puisque nous sommes une petite population – pour nous payer du journalisme d'enquête. " Il [le fonctionnaire cité par The Economist] fait allusion aux boues d'épuration retrouvées en France dans des aliments destinés aux porcs et aux poulets, peut-on lire dans l’articulet en question. Cette affaire vient s'ajouter aux scandales récents de la dioxine en Belgique et de la vache folle au Royaume-Uni, le tout créant ‘ un malaise croissant qui frise l'hystérie ’. Jusqu'à ce qu'il y a peu, seuls les militants écologistes s'inquiétaient du contenu de leur assiette. Aujourd'hui, la panique a gagné l'ensemble de la population, constate l'hebdomadaire britannique. " À tort ou à raison, car la question n'est pas aussi facile à trancher qu'on le croit. |
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Daprès : LANDREVIE, Barbara. " Quand les farines empoisonnent l’atmosphère ", Le Nouvel Observateur, 10-16 juin 1999. |
Un autre articulet paru dans Le Nouvel Observateur commence par le paragraphe suivant : " Après les farines animales à base de résidus de fosses septiques, les farines à base de boues d'épuration, voici les farines qui brûlent toutes seules. " Car, entassées dans des silos de hauteur prodigieuse, ces farines avec tout le poids qu'elles représentent deviennent inflammables. " Les déchets animaux doivent être mis à l'abri des rongeurs et de la vermine si l’on veut éviter une contamination de la chaîne alimentaire, poursuit l’auteur de cet article, Barbara Landrevie. Or, on a constaté la présence de pigeons et de petits coléoptères à l'intérieur même du hangar. […] Ces farines ont été fabriquées à partir de farines classées à haut risque – c'est-à-dire issus d'animaux morts de maladie. " Et ça continue… Dans un article de L'Actualité, on révèle
que le sujet est un peu moins débattu aux États-Unis, bien
que les décès consécutifs à des intoxications
alimentaires y seraient 400 fois plus fréquents qu'en Europe.
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Daprès : GRUHIER, Fabien. " Comment manger sans crainte ", Le Nouvel Observateur, 10 au 16 juin 1999. |
Autre point de vue. Dans un article du Nouvel observateur, j'ai retenu l'information suivante : le coordinateur d’un ouvrage paru chez Odile Jacob sous le titre Risques et peurs alimentaires, affirme que " l'alimentation est aujourd'hui incomparablement plus saine qu'elle ne l'a jamais été. D'ailleurs notre espérance de vie augmente régulièrement […]. " Il faut tenir compte de ce fait aussi dans notre critique : si tout va aussi mal qu'on le prétend, il doit bien y avoir quelques facteurs bénéfiques dans cette civilisation qui est la nôtre, puisque l'espérance de vie augmente d'un trimestre chaque année. " Ce qui se concevrait difficilement si notre nourriture était à ce point dangereuse ", de conclure le professeur Marian Apfelbaum. Cette crise alimentaire paraît due à plusieurs causes. Et d’abord, la population qui augmente : comment faire pour nourrir tout le monde? Tout cela sert de prétexte pour entreprendre des pratiques qui sont très discutables sur l'agriculture, sur l'élevage également. |
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Daprès : LABBÉ, Christophe & RECASENS, Olivia. " Les poisons de la rentabilité ", Science & Vie, N° 983, août 1999. |
J'ai sous les yeux un petit tableau paru dans Science & Vie qui permet de considérer l'importance de l'aspect économique dans tout cela, et de voir jusqu'à quel point le productivisme de l'industrie agro-alimentaire a bouleversé les techniques agricoles. |
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On remarque que dans la filière traditionnelle, le gain quotidien de poids chez les porcs était de 600 g par jour et la durée de vie du porc était de 240 jours, alors que dans la filière industrielle, le gain de poids quotidien est de 850 g et la durée de vie de 180 jours. Donc, le porc grossit plus vite et meurt plus tôt, si bien que l’on peut alors en élever d'autres. Pour le bœuf, c'est la même chose : le gain de poids quotidien industriel est de 2 kg, alors que le gain de poids quotidien dans la filière traditionnelle est de 1 kg, soit la moitié moins. Durée de vie, dans la filière industrielle : 17 mois. Et dans la filière traditionnelle : 20 mois. Le lait industriel : un vache donne 8 000 litres de lait par an. Dans la filière traditionnelle : 4 000 litres. La poule industrielle pond maintenant 300 œufs par an, alors que dans la filière traditionnelle elle n’en pond que 230 par an. Même si on comprend la raison qui inspire toutes ces manœuvres, cela fait réfléchir. Je continue donc mon petit montage à partir d'un tas d'articles sur la question. |
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Daprès : BETTI-CUSSO, Martine. " La liste noire de produits à éviter ", Le Figaro Magazine, 3 juillet 1999. |
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À mon grand étonnement, j'apprends que, en 1923, Rudolph Steiner – qui est un personnage extrêmement curieux, le fondateur de l'anthroposophie, mais un homme exceptionnel – avait prédit les conséquences d'une telle dénaturation, lors d'une de ses conférences. " Que se produirait-il donc, disait-il, si au lieu des végétaux, le bœuf se mettrait à manger de la viande? Le bœuf se remplirait notamment d'acide urique et d'urate. Or l'urate a, quant à lui, des habitudes particulières. Cette substance a un faible pour le système nerveux du cerveau. Si le bœuf mangeait directement de la viande, il en résulterait une sécrétion d’urate en énorme quantité, l'urate irait au cerveau et le bœuf deviendrait fou... " C'est textuellement repris d'une conférence prononcée par Steiner en 1923 à Genève. C'est l'une de nos collaboratrices qui est aussi journaliste, Stéphanie Adam, qui a fait paraître cette citation dans un articulet du Guide Ressources. Où diable est le progrès, puisqu'on savait cela et qu'on a agi de la sorte? Il y a ensuite la question des antibiotiques " régulièrement employés pour augmenter le poids du bétail et pour éviter les épidémies fréquentes dans les élevages ", note l’auteure du Figaro Magazine. " Une étude publiée dans The New England Journal of Medicine montre par exemple une forte augmentation d'une souche de la bactérie de la salmonelle résistante à la plupart des antibiotiques. Et ces super-bactéries pourraient se transmettre à l'homme via son alimentation. " Et puis, vient la question des hormones et des stéroïdes. C'est tout de même extraordinaire de voir qu'il n'y a pas que les sportifs qu'on entretienne aux hormones. Les animaux d'élevage et les athlètes sont traités de la même façon. Je me dis que, dans un cas comme dans l'autre, c'est l'abattoir… Et je n'exagère pas de beaucoup! On précise ici : " l'usage des hormones stéroïdes et des stimulateurs de croissance […] permet de gonfler les muscles des animaux tout en réduisant leur graisse. " c'est exactement ce qu'ont fait aux athlètes, donc on les traite comme des animaux. Interdits en France et dans d'autres pays, ils sont autorisés ailleurs, notamment aux États-Unis. Et maintenant les pesticides, herbicides, fongicides qui arrosent les cultures " pour plus de rendement et pour protéger les céréales, mais aussi pour un ‘ look ’ irréprochable des fruits et des légumes ", remarque la journaliste. C'est vrai, ils ne goûtent plus rien, mais ils ont un tellement un beau " look "… Justement, l'autre jour, j'ai acheté des mûres, de belles grosses mûres, énormes. Une fortune que ça coûtait, mais comme j'avais l'habitude d'en cueillir à la campagne, j'ai cédé. Eh bien, elles goûtaient à peu près ce que goûtent les grosses fraises, c'est-à-dire presque rien. Un goût légèrement sucré avec une petite note fruitée. C'est aussi le cas de plusieurs tomates. On parle aussi des erreurs de manipulation, des incidents techniques, bien sûr. " Il a suffi d'un élément contaminant introduit dans les farines animales de la société Verkest, en Belgique, pour atteindre plusieurs exploitations avicoles. " D'où la dioxine du poulet et " la listeria [qui] sévit dans la viande et les fromages à pâte molle. " Il y a beaucoup d'autres produits chimiques organiques. Par exemple, j'apprends ici qu'il existe 17 sortes de dioxines. " Une fois introduit dans l'environnement ou dans l'organisme, il [ce poluant persistant] y reste. La dioxine provient notamment des industries métallurgiques et chimiques, des usines d’incinération, ou résulte d’événements naturels comme les éruptions volcaniques ou les feux de forêts. " Puis, il y a les métaux lourds : " Ils émanent plus particulièrement des industries et de la circulation automobile. Le plomb, le mercure, le cadmium se retrouvent dans de nombreux produits alimentaires ", note encore Martine Betti-Cusso. Et c’est sans compter la fraude, les scandales… (Finalement, qu'est-ce qu'on peut manger, Monsieur Languirand?[rires]) Il y a dans l'alimentation des accidents de parcours, mais il s'y trouve aussi des gens qui sont malhonnêtes. Vous souvenez-vous du scandale du vin à base d'antigel? Des doses importantes de glycol-diéthylène (un composant de l'antigel) qu'on avait à l'époque décelées dans du vin italien : des dizaines de vignerons avaient versé dans leur vin de ce produit inodore difficile à déceler pour rehausser le degré d'alcool de leur production. Apparemment, ça va mieux maintenant. On a même retrouvé des pesticides dans les pots pour bébés… c'est du joli! On dit que cela aussi s'est amélioré. Au fond, ça va très bien malgré tout… [rires] |
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Je trouve dans Le Nouvel Observateur une information qui me semble importante : " L'homme est génétiquement programmé pour avoir peur de sa nourriture ", affirme le professeur Apfelbaum. Et d’expliquer le journaliste Fabien Gruhier : " [C'est] une caractéristique commune aux trois seules espèces omnivores – le porc, le rat et... l'homme. " On est en bonne compagnie, comme vous le voyez. N'essayez pas de faire manger de la viande à un éléphant. Se méfier serait " une caractéristique nécessaire à leur survie ". Citant le professeur Apfelbaum, le journaliste poursuit : " Ainsi, ‘ les herbivores savent de toute éternité que l'herbe est bonne à manger, et qu'elle est seule à l'être ’. Tandis que les malheureux omnivores capables de manger n'importe quoi sont condamnés à se méfier de tout. D'où nos craintes, nos phobies, nos paniques, parfois irrationnelles : elles sont inscrites dans nos gènes. Et même les spécialistes, qui se veulent rassurants à chaque pépin agro-alimentaire, nous incitent néanmoins à persévérer dans cette ‘ néophobie ’ naturelle et salutaire, une extrême suspicion face à toute innovation. " Il y a parfois de quoi s'inquiéter. Je pense à l'eau de Javel qu'on a décelée dans certaines bouteilles d'eau de source. Et à ceux qui ont mangé du cheval et ont attrapé une maladie causée par un parasite, la trichine, qui provoque de fortes fièvres – des fièvres de cheval, évidemment, cela va de soi… –, mais qui peut également entraîner des complications cardiaques. Là, vous allez peut-être sourire malgré vous : on dit que tous les malades avaient consommé de la viande de cheval venant de Serbie…
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J'ai retenu également ce que raconte Emmanuel Le Roy Ladurie d'un institut en France qui rappelle (dans un articulet du Figaro Magazine) qu'on n'a pas à regretter le bon vieux temps car il n'existait pas comme on se l'imagine. " D'abord, écrit-il, ‘ la farine de viande ’ pour la nourriture du bétail était largement utilisée dès le début du 19e siècle […]. En second lieu, en l'absence de réfrigération adéquate, le ‘ trop faisandé ’, source d'empoisonnements graves, était présent sur de nombreuses tables de nos aïeux, plus souvent qu'à son tour. Certes, une route chevaline ou muletière en ligne directe, toute droite, permettait d'amener en un temps record au Château de Versailles le poisson pêché à Dieppe. Cela n'empêcha point le cuisinier Vattel, maître-queue des plus grands seigneurs, de se suicider parce que la marée (poissonnière) n'était pas à l'heure. – Il y a aussi un fait qu'il ne mentionne pas mais qui est l'évidence même, c'est que dans les pays où la viande se conserve plutôt mal et qu'elle prend vite un goût, vous remarquerez qu'on y met beaucoup d'épices. Les condiments, les arômes servent à dissimuler les mauvais goûts, finalement. " On mourait l'hiver de maladies broncho-pulmonaires, poursuit-il plus avant; et l'été, d'affections gastro-intestinales graves, dues à l'ingestion d'aliments infiniment moins conservés qu'ils ne le sont en 1999. […] [Alors], un peu de lucidité; un peu de courage. En dépit de tout ce qu'on vous raconte sur les petits écrans, vous n'êtes pas les plus à plaindre. Le soi-disant bon vieux temps alimentaire de jadis participe trop souvent d'une mythologie rétrospective et complaisante…" estime ce scientifique trois-étoiles. |
D’après : STANTON, Daniel. " Les aliments mutants ", L'Actualité, août 1999. |
Au
sujet des organismes génétiquement modifiés, je trouve
dans un dossier de L'Actualité (" Une bombe dans
votre assiette? ") cet article de Daniel Stanton intitulé :
" Les aliments mutants ", l'entrée en
matière suivante : " Alors qu'en Europe les consommateurs
livrent une bataille
féroce contre les aliments transgéniques,
au Québec, on sait à peine de quoi il s'agit. Pourtant, ils
ont déjà envahi les champs… et les assiettes. "
Ça ne peut pas être plus clair. |
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