Saison 1999-2000 |
Émission du mercredi 15 septembre 1999 | ||
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De la sexualité masculine |
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Vous ferez ce que voudrez ou ce que vous pourrez des confidences de Bruno qui me dit : " Les femmes sont devenues obsédées par leur épanouissement sexuel et aujourd'hui, les hommes se sentent jugés sur leur capacité de procurer des orgasmes. " J'aime bien, comme ça, semer la pagaille…[rires] " Et à cause de cette obligation, ajoute-t-il, les hommes souffrent d'éjaculation précoce et n'arrivent pas à bander parce qu'ils ont l'angoisse de la performance. " Un autre gars intervient : " Chaque fois que je fais l'amour, je me demande si j'étais mieux ou moins bien que X ou Y. Je comprends pourquoi les hommes épousaient des femmes vierges… ça évitait les comparaisons. " Laissons Bruno à son obsession de l'orgasme féminin. Qu'il se débrouille, comme il pourra. è Voir : Les mecs de l’an 2000 ont la queue basse
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Les écoles envahies par la publicité |
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D’après : |
Parlons maintenant d'économie. Le tout économique envahit nos vies. La publicité pour les produits de consommation a réussi à s'immiscer dans les écoles. Est-ce possible? Ça fait longtemps que je veux vous en parler et justement, je suis tombé sur un article de Martine Turenne, paru dans L'Actualité du 15 septembre, qui traite de cette question. " Les nouveaux partenaires de l'école s'appellent Pepsi, Loto-Québec, McDonald's… Jamais rentrée n'aura été autant commanditée par la pub ", dit la journaliste en introduction de ce dossier très bien documenté. C'est un phénomène qui est extrêmement important et il faut prendre le temps de réfléchir à tout ça. Sommes-nous en train de former des citoyens ou des consommateurs? Et quand je pose cette question-là, je me dis : suis-je rétrograde? Peut-être que l'avenir est là…Pourquoi l'avenir serait-il là? Parce qu'on dit, dans certaines théories futuristes ou futurologistes, qu'un jour ou l'autre, et un jour assez prochain, on sera dirigé sur cette planète par un conglomérat de méga-entreprises qui vont contrôler l'ensemble de l'économie. Tout se passe comme si on s'acheminait vers cela, en tous les cas. Mais peut-être qu'un élément imprévisible va, tout à coup, intervenir et changer les choses? Je me souviens que, à une époque, c'était extraordinaire toute la propagande communiste qu'on pouvait trouver dans les écoles. Qu'est-ce que ça a donné au bout du compte? Pas grand-chose. À notre époque, les magazines deviennent de plus en plus des catalogues publicitaires, et même les journaux. Faites l'analyse de leur contenu et vous vous rendrez compte qu'il n'y a pas beaucoup de texte. Si vous voulez lire cet article très bien fait dans L'Actualité de ce mois-ci, vous le trouverez facilement dans le présentoir car, sur la couverture, apparaît une photo de Jean Chrétien, qu'on a un peu de difficulté à reconnaître car il a la gueule droite. Au point de se demander si la photo n'a pas été imprimée à l'envers. La politique serait-elle aussi envahie par la publicité? Au fond, je pense qu'elle l'est déjà, quand M. Chrétien se sent l'obligation de porter un blouson Nike, lors d'un événement particulier, par exemple. Certaines personnes prétendent que cette invasion publicitaire entraîne les jeunes à vivre dans le monde qui est le nôtre. Mais faut-il vraiment vivre dans ce monde ou le transformer? La question est là. Cette démarche de s'adresser aux jeunes comme à des consommateurs est associée à l'idée de consommation, bien sûr, et de surconsommation, car c'est bien ce qu'on vise. Démarche associée également à l'obsession de l'augmentation de la consommation à tout prix. À une époque, où, au contraire, on devrait essayer de stabiliser la consommation pour ne pas dire la diminuer, si on veut assurer la survie de la planète. Parfois, je me dis qu'en vertu du principe de balancier, il est peut-être permis d'espérer que ces jeunes qui ont grandi dans cet univers de marketing deviendront des leaders d'un mouvement anti-marketing, anti-néolibéralisme, anti-néocapitalisme, etc. L'avenir le dira. |
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illustration de Pierre Durand paru en marge de l’article de L’Actualité. |
" D'une part, ‘ commanditer ’ l'école permet d'être au cœur de ce formidable et lucratif marché que forment les écoliers. Les spécialistes du marketing, et avec eux leurs clients, ont compris l'influence grandissante de ces jeunes sur les achats de la maisonnée. Des sociétés comme Xerox ou Alcan justifient leur présence par des motifs altruistes : ‘ Il faut rendre à la société ce qu'elle nous a donné ’ […]. " Il semblerait que l'influence des parents est pour quelque chose dans tout ça. " Depuis septembre 1998, 4 000 parents siègent dans de nombreux conseils d'établissements scolaires, de nouvelles entités créées par Québec (dans le cas du Québec). Ces parents ont un pouvoir décisionnel sur les collectes de fonds, les codes de vie scolaire et les orientations budgétaires ", explique Martine Turenne. Et puis, apparemment, il y a cet article 94 de la Loi sur l'Instruction publique grâce auquel les parents peuvent aller chercher du financement privé si cela est compatible avec la " vocation éducative de l'école ". " ’L'influence des parents favorisera l'entreprise privée ’ ", affirme un directeur d’école secondaire. Face à cela, je suis dubitatif et pour le moins inquiet… Note : Une conférence à ce sujet aura lieu le 6 octobre prochain. |
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Le nouvel âge de l’humanité et les défis éthiques du multimédia |
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" Nous entrons dans une nouvelle civilisation, voire un nouvel âge de l'humanité. " Hervé Fischer FISCHER, Hervé. " La nouvelle civilisation qui naît… ", Le Devoir, 11-12 septembre 1999. |
Puisque nous donnons dans les tendances, l'informatique en est une, avec le numérique et le multimédia. Aujourd'hui, s'ouvre à Montréal le MIM (Marché international des inforoutes et du multimédia) auquel va participer, entre autres, la Fédération internationale des associations de multimédia (le FIAM). Un cahier spécial sur le multimédia a paru dans Le Devoir de la fin de semaine dernière. J'y ai trouvé un article de Hervé Fisher, qui a été un des intervenants lors du lancement du site Par 4 Chemins. " La révolution technologique impose des défis éthiques redoutables, qui exige aussi notre attention critique ", affirme Hervé Fischer en introduction. Il rappelle également un point intéressant : " La révolution Internet est aussi importante que l'invention de l'imprimerie à la Renaissance. " Et cela marque une rupture dans notre univers comme cela en marquait une autrefois. " Mais il s'agit, précise-t-il, d'une révolution plus importante que la généralisation de l'électricité, de la machine à vapeur ou de l’automobile. Nous entrons dans une nouvelle civilisation, voire un nouvel âge de l'humanité. " Plus loin, il est question du troisième millénaire, bien sûr. " À l'aube du troisième millénaire, la science et la technologie bouleversent nos cultures modernes. Les nouvelles technologies de communication, sous le signe de la convergence numérique multimédia, rétablissent une multisensorialité interactive, que depuis cinq siècles l'invention de l'imprimerie avait soumise aux paramètres réducteurs de la linéarité. " Il y a tout un vocabulaire dont on hérite pour parler de ce phénomène. C'est qu'il faut trouver des mots justes. On devrait faire circuler cet article dans les établissements d'enseignement pour véhiculer d'autres valeurs que celles de Coke, de Pepsi ou de Nike… Cela me fait penser à la théorie de McLuhan qui fait état de l'influence qu'a eue l'invention de Gutenberg sur notre façon de fonctionner, de vivre. Parce qu'il y a une certaine linéarité, une continuité dans la lecture telle qu'on la pratique constamment, mais qui est réductrice, d'une certaine façon. Cette linéarité favorise l'exploitation de l'hémisphère gauche du cerveau. Or, la véritable révolution qu'annonçait McLuhan et dont parle ici Fischer, c'est qu'on fait maintenant appel à l'hémisphère droit, donc à une perception plus globale que linéaire, plus mosaïque que linéaire. Vous me suivez dans mon délire? |
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" Nous redécouvrons les vertus esthétiques du primitivisme. Les icônes sur nos écrans d'ordinateur sont les masques africains du nouveau millénaire, et le langage binaire de l'informatique a le rythme et la simplicité du tam-tam tribal ", souligne Hervé Fisher. Il rappelle également que ce monde au développement extrêmement rapide fait appel à toutes nos facultés d'adaptation à la vie, à l'évolution de l'espèce humaine. " Le cybermonde qui naît sous nos yeux, les mythes qui le portent, les espoirs et les peurs qu'il suscite, rapprochent les arts, les sciences et les technologies pour élaborer de nouveaux langages, de nouvelles icônes, de nouveaux rapports aux publics. " " Le zapping symbole de la nouvelle culture dans tous les domaines de l'art, de la musique et de la littérature redistribue les cartes et favorise de nouveaux modes de pensée et de sensibilité, par des juxtapositions inédites et l'hybridité de sa nouvelle syntaxe sensorielle. Le regard obsessionnellement tourné vers le futur, poursuit Fischer, il nous faut aussi invoquer la mémoire du passé, plus nécessaire que jamais pour nous orienter. Il faut évoquer les grands créateurs de la Renaissance que symbolise Leonardo Da Vinci, car ils avaient déjà rencontré de tels défis. " L'avenir est une affaire trop importante pour nous en remettre à la science-fiction. " Un autre passage tout aussi intéressant : " La pensée magique, l'irrationnel, la puissance technologique et scientifique laissés à eux-mêmes, qui dominent notre époque, constituent un mélange explosif et appellent donc de nouvelles réponses culturelles et politiques qui permettront sans doute une fois de plus de maîtriser ces dangers inhérent à l'aventure de l'humanité et de poursuivre notre chemin vers l'inconnu. " |
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Réponse au courrier | ||
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Une autre lettre nous vient de Larry T. qui nous parle d'une question assez particulière et qui l’intéresse vivement puisqu’il écrit sur le traitement du syndrome du côlon irritable. Voici un extrait de sa missive : " Bien que les gaz peuvent nous faire rêver, bien malgré soi, et, bien sûr, nous ouvrir à d'autres dimensions, ils sont généralement incommodants et dans certains cas, paralysants. Mon approche inclut des exercices pour libérer les gaz dans le système digestif, une technique de relaxation que j'ai baptisée Neuro-relaxation. " Tout ce qu'on peut faire pour retrouver l'enfant en soi… Ce que je puis vous dire à propos de la santé du côlon, c'est que pour être heureux et avoir l'esprit clair, il faut avoir l'intestin libre. Je suis convaincu de cela. Je crois toutefois qu'une bonne alimentation peut suffire, basée, en particulier, sur une consommation suffisante de fibres. Et pour ce qui est de diminuer les gaz, il s'agit d'éviter d'absorber certains aliments (brocoli, chou-fleur, légumineuses) en trop grandes quantités. Encore que… péter, c'est humain! Ce qui retient mon attention plus particulièrement à propos de cet investissement d'énergie dans l'entretien du côlon, l'irrigation, etc. (je ne prends pas position sur ces approches-là, je vous le dis tout de suite), c'est le fait de découvrir que, dans une certaine mesure, cet intérêt n'est probablement pas étranger à une démarche au plan psychologique, voire psychothérapeutique, comme le serait une processus de purification. Un peu comme si on se tournait vers cette partie de notre anatomie – qu'il faut prendre très au sérieux – pour tenter, justement, de la purifier le plus possible de manière à se percevoir soi-même comme purifié. C'est un peu freudien ce que je suis en train de vous raconter là, mais cela fait partie des réponses possibles qu'on peut apporter à cette préoccupation. |
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Je n'ai pas encore eu le temps de regrouper les réponses que nous avons reçues à la suite de cette question que nous avons lancée : " Qu'est-ce que vous voulez apporter dans le troisième millénaire? ", mais en voici une. Ce n'est pas un courrier qui appelle une réponse. |
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Peut-être y a-t-il aussi – c'est mon opinion mais ce n'est qu'une opinion – un projet anthropique (anthropos, homme) derrière cela qui suppose que la vie avait le projet et continue d'avoir le projet d'aboutir à former un être conscient, de lui-même et conscient de l'existence de l'Univers. Donc, que la tendance vers la plus grande complexité serait programmée, autrement dit. Ce qui me gêne dans cette théorie, c'est que je ne voudrais pas que l'on croit que l'homme est l'aboutissement de la création dans l'ensemble de l'Univers. Il ne peut pas être le but ultime étant donné les sottises qu'il fait, qu'il pense et qu'il encourage. Il doit y avoir un moyen d'arriver à un être plus élevé que ce que nous sommes maintenant. Voilà l'idée. Vous vous intéressez, bien sûr, aux conséquences de certaines manipulations génétiques, des interventions dont on parle beaucoup ces temps-ci, en particulier au sujet d'organismes génétiquement modifiés, dont on ne fait pas grand état chez nous, dans les journaux, il me semble. J'en ai trouvé un seul, dans L'Actualité, dernièrement. Aussi, au cours d’une émission, j'ai cité un petit article de Jacques Lacarrière dans lequel il estimait que c'était une grande illusion que de croire qu'on avance dans la science en reproduisant des êtres identiques, ce qui est un procédé très élémentaire qui remonte aux premiers temps de l'évolution. On peut changer l'homme mais on peut aussi changer sa vision. Ce que je trouve intéressant dans ce que Jean B. rapporte au sujet de la tomate, du singe, etc., c'est que nous cheminons vers la certitude qu'il y a une unité dans l'Univers. Les Anciens, d'ailleurs, voyait l'unité comme le Un où tout se tient dans l'Univers. Jusqu'où tout cela va-t-il nous entraîner? Je n'en sais rien. Je pense que nous sommes à un moment où la science et la technologie nous interrogent très sérieusement, si vous me permettez cette formule, et qu’on s'achemine tranquillement avec nos connaissances génétiques vers, par exemple, une notion surprenante qui est celle de la médecine prédictive (et non pas préventive). C'est à la fois merveilleux et très inquiétant car il y a un risque : peut-être saura-t-on lire éventuellement les gènes au point qu'on pourra dire à propos d'un être qui n'est pas encore né qu'il aura tendance à telle maladie ou autre chose. La surprise serait donc considérablement compromise par cette médecine prédictive. On tend déjà vers cela quand on nous dit : " Selon toute vraisemblance, étant donné que votre père a ceci ou votre mère cela… ", mais pas autant qu'on le fera dans les prochaines années. Je crois que ce n'est pas sans risques de jouer ainsi aux sorciers avec la vie. On peut se trouver pris à son propre jeu, comme cela s'est produit pour un certain docteur Frankenstein… |
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